référence : http://listes.cru.fr/arc/liste-gepi/2007-03/msg00013.html
     Chronologie       
     Conversation       

8e colloque de l'A.l.e.p.h. 31 mars et 1er avril 2007, ESC de Lille. Sexe, amour et crime Louise Grenier



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Jeune femme affaissĂ©e au coin d’une table avec un personnage dans son dos  - Johann Heinrich FĂŒssli (1741-1825)

© Photo RMN © MichÚle Bellot

 31 mars et 1er avril 2007

 

 8e colloque de l’A.l.e.p.h.   

 

OrganisĂ© par l’Association Lilloise pour L’Étude
de la Psychanalyse et de son Histoire et
le CollĂšge de Psychanalystes-A.l.e.p.h.

Sexe, amour et crime

Psychanalyse et criminologie

        Esc de Lille, avenue Willy Brandt Ă  Lille


Ouvert Ă  tous, participation aux frais 40 euros, tarif rĂ©duit 20  euros

 

Sylvie Boudailliez

sboudailliez@cp.aleph.asso.fr


 

 

                         Renseignements et contacts                 

http://www.aleph.asso.fr

 

Franz Kaltenbeck

fkaltenbeck@cp.aleph.asso.fr

Argument du colloque

Sexe, amour et crime, psychanalyse et criminologie

Tout crime n’est pas sexuel. Et pourtant, mĂȘme de simples dĂ©lits s’avĂšrent souvent relever d’une Ă©tiologie sexuelle. Un psychanalyste qui travaille en prison peut tĂ©moigner des effets dĂ©vastateurs des violences parentales sur les enfants devenus braqueurs ou assassins. L’amour, ses prĂ©tentions et ses malentendus ne doivent pas non plus ĂȘtre oubliĂ©s quand on cherche les causes des actes transgressifs.

Les Ă©lĂšves de Freud, dĂšs la premiĂšre gĂ©nĂ©ration, ont contribuĂ© Ă  la criminologie. La raison en est limpide. Freud n’a-t-il pas fondĂ© la loi elle-mĂȘme sur la repentance d’un crime mythique, celui du meurtre du pĂšre ? Lacan, qui n’a pourtant jamais cachĂ© son scepticisme face Ă  cette construction, s’inscrivit dans la tradition criminologique du freudisme aprĂšs avoir publiĂ© sa thĂšse sur le crime passionnel d’AimĂ©e, une de ses premiĂšres malades paranoĂŻaques.

Sa relecture, en 1963, du cas d’une patiente de Margaret Little, entrĂ©e en analyse parce qu’elle avait commis des actes de kleptomanie, tĂ©moigne de son ancrage freudien et de son intĂ©rĂȘt pour les pathologies qui s’accompagnent d’actes dĂ©lictueux. Ayant mis en valeur les interventions courageuses de M. Little et leur fonction de coupure, il cerne ce qui a dĂ©terminĂ© les vols de la patiente : celle-ci n’était pour sa mĂšre qu’un instrument de chantage, quant Ă  son pĂšre, elle ne pouvait d’aucune façon reprĂ©senter quelque chose qui ait pu lui manquer.

Les psychanalystes d’enfant qui travaillent avec leurs jeunes patients sur leurs petits larcins ou sur les agressions qu’ils ont commis envers d’autres enfants ont plus d’une fois sauvĂ© leur patient d’une dĂ©linquance plus grave.

Or c’est Lacan, le grand clinicien de la psychose, qui s’est montrĂ© visionnaire quant Ă  l’impact des psychoses dans les passages Ă  l’acte criminel. Personne ne peut plus nier aujourd’hui que nos maisons d’arrĂȘt sont peuplĂ©es de dĂ©tenus fous, ayant commis des actes gravissimes. Les services mĂ©dico-psychologiques dans les centres de dĂ©tention manquent cruellement de personnels compĂ©tents – psychiatres, infirmiers, psychanalystes et psychologues, nommĂ©ment. Situation explosive, Ă  laquelle les autoritĂ©s de l’État ne songent pas Ă  remĂ©dier assez vite. Elles se contentent plutĂŽt de pallier l’insĂ©curitĂ© gĂ©nĂ©ralisĂ©e qui taraude notre sociĂ©tĂ© par une justice toute rĂ©pressive. Celle-ci ne se limite plus aujourd’hui Ă  l’application de la loi, elle cherche aussi Ă  venger la victime. Plus encore, elle veut rassurer la sociĂ©tĂ©, en prononçant des peines incommensurables avec toute fonction rationnelle de la sanction. Aussi l’agresseur sexuel est-il souvent condamnĂ© Ă  la rĂ©clusion maximale et tacitement considĂ©rĂ© comme irrĂ©cupĂ©rable. Il est rejetĂ© et donc isolĂ© comme « pointeur Â» Ă  l’intĂ©rieur mĂȘme de la sociĂ©tĂ© carcĂ©rale.

Il faut regarder ce rĂ©el en face si l’on ne veut pas que les problĂšmes que pose le crime soient dĂ©tournĂ©s par des dĂ©magogues sans foi ni loi. Notre colloque s’attellera Ă  cette tĂąche en rĂ©unissant des psychanalystes d’adultes et d’enfants, des psychiatres et des psychologues qui travaillent en milieu pĂ©nitentiaire ainsi que des  criminologues et des  philosophes.

Franz Kaltenbeck, psychanalyste

 


 

Intervenants

 

Adens Anne, psychologue, maison d’arrĂȘt de Lille

Archer Evry, psychologue clinicien, psychiatre, chef de service au Centre Hospitalier RĂ©gional Universitaire de Lille

Balier Claude, psychanalyste, psychiatre  (participation sous toute rĂ©serve)

Bihan François, professeur de lettres  

Boudailliez Sylvie, psychanalyste

Caballero Alberto, psychanalyste

Emmanuel Fleury, psychanalyste, psychiatre

Kaltenbeck Franz, psychanalyste Ă  la maison d’arrĂȘt de Lille  

Kornobis Jean-Paul, docteur en mĂ©decine  

Le Bodic CĂ©dric, doctorant en psychologie (Rennes 2)

Lemonnier Brigitte, psychanalyste, psychiatre  

Maier Corinne, psychanalyste

Morel François, psychanalyste, psychiatre  

Morel GeneviĂšve, psychanalyste 

Salecl Renata, criminologue, professeur de philosophie Ă  l’universitĂ© de Ljubljana (SlovĂ©nie)

Sastre Garau Philippe, psychiatre mgen  

Antoine Verstraet, psychologue

Yvan Frédéric, psychanalyste, philosophe

 

 

Samedi 31 mars 2007 – ESC de Lille — Amphi A, avenue Willy Brandt, 59000, Lille

 10h  â€” Accueil des participants, Franz Kaltenbeck

10h15 – 11h15

— PrĂ©sidence, Dr Catherine Adins, psychiatre Ă  la maison d’arrĂȘt de Lille

 

— Dr Evry Archer

Les rĂ©percussions, sur la clinique, des impĂ©ratifs sĂ©curitaires de prĂ©vention de la rĂ©cidive : quelques rĂ©flexions Ă  propos des auteurs d’agression sexuelle.

 

— Franz Kaltenbeck,

De la malveillance


 
                                                                                                                
— Pause —
 

11h30 -13h

— PrĂ©sidence, Lucile Charliac, psychanalyste

—  GeneviĂšve Morel

Rencontres fatidiques 

— Sylvie Boudailliez

Inceste pĂšre-fille


— Pause de midi —


14h 30 -16h

—      PrĂ©sidence, Dr  JoĂ«l Chazerault, docteur en mĂ©decine

—        Dr Balier Claude (Sous rĂ©serve)

Psychanalyse des comportements sexuels violents

— Dr  Philippe Sastre Garau

Les autoaccusations de criminalitĂ© dans la mĂ©lancolie. À propos de deux cas.

— Antoine Verstraet

Le dilemme d'Adam


                                                                                                                    â€” Pause —

16h15-18h

— PrĂ©sidence, BĂ©nĂ©dicte Vidaillet, maĂźtre de confĂ©rences, psychosociologue  

— Dr Emmanuel Fleury

L’ardeur meurtriùre du suicide

                 — Dr Jean-Paul Kornobis

W. Reich : La vĂ©ritĂ© contre Modju

 

 

Dimanche 1er avril 2007 – ESC de Lille — Amphi A, avenue Willy Brandt, 59000, Lille

 

10h-11h

— PrĂ©sidence, Sylvain Masschelier, professeur de lettres 

— Alberto Caballero

La réalité ordinaire, l'adolescent et la détonation.

 Dans le cycle de la congĂ©lation Ă©motionnelle de Michael Haneke

— Renata Salecl

The choice of crime


                                                                                                                                                     — Pause —

11h15-12h30

— PrĂ©sidence,  Isabelle Baldet, psychanalyste

— Corinne Maier

Faut-il aimer la République ou la détruire ?

               — Dr François Morel

Sur la clinique du déni des actes criminels

 


— Pause de midi —


14h30-16h

— PrĂ©sidence, Dr Diana Kamienny-Boczkowski, psychanalyste, psychiatre  

—  FrĂ©dĂ©ric Yvan

L'amour et la mort ou l'effraction du cadre chez Poe.

—  CĂ©dric Le Bodic

Approche criminologique de la différence des sexes et rapport sexuel.

—  Anne Adens

Un meurtre immotivĂ© ?


— Pause —


16h15-18h

—      PrĂ©sidence, Monique Vanneufville, maĂźtre de confĂ©rences, germaniste

— François Bihan

Vidocq ou les voi(e)x du bagne

— Dr Brigitte Lemonnier

Criminologie, psychanalyse et cinĂ©ma Ă  propos du film de Steven Soderbergh  « Bubble Â»

 

18h — Conclusion Franz Kaltenbeck


 

Ce programme pouvant ĂȘtre modifiĂ©,  consultez notre  site Internet

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Arguments

 

Anne Adens

Un meurtre immotivĂ© ?

Du meurtre immotivĂ© au crime passionnel, j’explorerai ces concepts Ă©tudiĂ©s par les psychiatres et psychanalystes tels que Guiraud et Cailleux, Maleval, De Greeff etc. et les illustrerai Ă  partir de cas cliniques.

 

Evry Archer

Les rĂ©percussions, sur la clinique, des impĂ©ratifs sĂ©curitaires de prĂ©vention de la rĂ©cidive : quelques rĂ©flexions Ă  propos des auteurs d’agression sexuelle.

Les impĂ©ratifs sĂ©curitaires de prĂ©vention s’imposent Ă  chacun et Ă  tous, Ă  cause  de l’esprit de l’époque, dans nos sociĂ©tĂ©s contemporaines,  mais surtout  de  l’horreur des actes de violence sexuelle et des caractĂ©ristiques des victimes, notamment leur jeunesse habituelle et leur innocence. L’évidence de la nĂ©cessitĂ© de punir sĂ©vĂšrement l’auteur de tels mĂ©faits contraste avec la certitude que seule la pathologie peut les expliquer, alors mĂȘme que l’idĂ©e de sanctionner un sujet pour son symptĂŽme s’avĂšre encore plus insupportable que d’inscrire dans un cadre thĂ©rapeutique toute transgression sociale. Mais peut-ĂȘtre n’avons-nous pas suffisamment considĂ©rĂ© en quoi le primat absolu de la prĂ©vention de la rĂ©cidive et le « malaise dans la civilisation Â» qui rĂ©sulte de cette contradiction actuellement indĂ©passable, source  de distorsions cognitives, d’aberrations thĂ©oriques plus ou moins gĂ©nĂ©rales et de pratiques dĂ©rogatoires incohĂ©rentes du droit et du soin,  modifient notre façon de voir ces agresseurs et de nous intĂ©resser Ă  eux en tant que cliniciens

 

Balier Claude (sous réserve)

Psychanalyse des comportements sexuels violents






..................................
Claude Balier est toujours considĂ©rĂ© comme le grand spĂ©cialiste des comportements violents en milieu carcĂ©ral, sa pratique quotidienne ainsi que son savoir psychanalytique ont fait l’objet de plusieurs livres et ouvrages collectifs : Psychanalyse des comportements sexuels violents : Une pathologie de l'inachĂšvement,  PUF (1 novembre 1999), Agressions sexuelles : Pathologies, suivis thĂ©rapeutiques et cadre judiciaire, Éditions Masson (septembre 2000),  La violence en Abyme : Essai de psycho criminologie - PUF (24 fĂ©vrier 2005) prĂ©face de Voir - Être vu : Figures de l'exhibitionnisme aujourd'hui- PUF (1 mars 2005), Champ Psychosomatique, N° 38, 2005 : Les transgressions L' Esprit du temps (2 septembre 2005).

François Bihan

Vidocq ou les voi(e)x   du bagne

« Mes travestissements continuels, la mobilitĂ© de mes traits, une aptitude singuliĂšre Ă  me grimer, ayant laissĂ© une certaine incertitude sur mon Ăąge, [ je prĂ©cise que je suis 
] nĂ© dans une maison voisine de celle oĂč seize ans auparavant Ă©tait nĂ© Robespierre. Â»

 

Auteur de MĂ©moires,  d’un Dictionnaire d’argot,  inspirateur de Hugo et  Balzac,  metteur en scĂšne de sa propre vie au thĂ©Ăątre,  un enfant fugueur gagne sa libertĂ©  et sa notoriĂ©tĂ© en dĂ©nonçant ses complices et ses camarades  de bagne. Poursuivant avant tout les « faiseurs Â», les escrocs, il se met en scĂšne comme le protecteur de la sociĂ©tĂ© contre le « Mal cachĂ© Â» qui la hante. Masque et vĂ©ritĂ© : figures de l‘ hystĂ©rie masculine au XIXe siĂšcle ?

 

Sylvie Boudailliez

Inceste pĂšre-fille

 La clinique du cas cernera l'impact de la psychose au point de bascule dans les passages Ă  l'acte incestueux du pĂšre envers sa fille. Nous situerons comment l'histoire infantile de ce sujet le prĂ©destine « au bagne Â» et retracerons quelques Ă©lĂ©ments de son procĂšs oĂč le jury, sourd Ă  la pathologie sous -jacente Ă  sa folie, le condamne Ă  une rĂ©clusion maximale.

 

 

CĂ©dric Le Bodic

 Sexe crime et amour : approche criminologique de la diffĂ©rence des sexes et rapport sexuel.

Thomas Laqueur, dans son ouvrage La fabrique du sexe, essai sur le corps et le genre en Occident, montre que deux lectures, que nous pouvons qualifier de paradigmes, de la diffĂ©rence des sexes, ont toujours co-existĂ©. L’un de ces principes explicatif se trouve fondĂ© sur les thĂšses galĂ©niques et avance, dans une rĂ©fĂ©rence aux Ă©lĂ©ments de la cosmologie, une diffĂ©rence relative entre les sexes, faite de degrĂ©s, de plus ou de moins. L’homme s’y trouve ĂȘtre l’étalon de mesure et la femme un homme inversĂ©. L’autre principe propose en se supportant des savoirs, mĂ©dicaux notamment, sur le corps, en particulier, de radicaliser la diffĂ©rence, posant une incommensurabilitĂ© entre le mĂąle et la femelle. A partir de textes de criminologie aussi bien anciens (Lombroso) que rĂ©cents, nous proposons d’argumenter comment ces paradigmes ne cessent d’imprĂ©gner les dĂ©bats sur la nĂ©cessitĂ© d’établir un corpus thĂ©orique propre Ă  la femme criminelle ou non (la femme est moins criminelle que l’homme, la femme est non criminelle, la femme intĂ©riorise plus
). Nous verrons alors que ces dĂ©bats se voient alors fortement pris tant dans des enjeux politiques qu’épistĂ©mologiques. Dans un second temps, nous montrerons qu’en arriĂšre fond de ces approches de la diffĂ©rence, l’enjeu fondamental se rĂ©vĂšle ĂȘtre la question de la rencontre amoureuse. En effet, qu’il s’agisse de diffĂ©rence de degrĂ©s ou de diffĂ©rence radicale, il est toujours possible de lire chez les auteurs un souci de complĂ©mentaritĂ© entre les sexes, susceptible d’envisager que du Un se (re-)forme. Appuyant notre argumentation aussi bien sur des considĂ©rations freudiennes sur l’inconscient (telles que l’inconscient ne connaĂźt pas la diffĂ©rence des sexes) que sur les formules de la sexuation de Lacan, nous essaierons  de voir en quoi il est Ă  la fois non pertinent et impossible d’un point de vue structural, d’envisager une criminologie spĂ©cifique aux femmes, tendance aujourd’hui trĂšs forte.

 

Alberto Caballero

 La rĂ©alitĂ© ordinaire, l'adolescent et la dĂ©tonation

 Dans le cycle de la congĂ©lation Ă©motionnelle de Michael Haneke

 

1. La rĂ©alitĂ© en tant qu’ordinaire est d’un ordre successif des choses et  des Ă©vĂ©nements, et il y a une fin irrĂ©mĂ©diable, la dĂ©tonation.  La rĂ©alitĂ© sera alors vue selon le point de vue de l'adolescent; l'adolescent opĂšre avec cette rĂ©alitĂ©, la rĂ©alitĂ© manipulĂ©e par les moyens technologiques, le cinĂ©ma de Michael Haneke.

 

2. L’adolescent ne peut pas rentrer dans la rĂ©alitĂ© des adultes, en tant que fantasmatique, inconsciente...opĂ©rĂ© par le rĂ©el, de l’objet, et si ça a lieu la dĂ©tonation se produit. (Ceci arrive dans le cinĂ©ma de Gus van Sant et plus rĂ©cemment dans le cinĂ©ma de Sofia Coppola).

 

3. Il ne cherche plus l'approbation ni le rejet des parents... mais la complicitĂ© du spectateur (la rĂ©alitĂ© en tant que virtuelle) ; il ne se prĂ©sente pas comme protagoniste mais comme un spectateur... Ă  travers les moyens, et ne consulte pas sa famille ou personne proches, mais seulement le spectateur... de l'autre cĂŽtĂ© de l'Ă©cran.

 

4. C’est le cinĂ©ma de Haneke, qui opĂšre avec l'appareil qui produit l'image et non avec l'image comme produit,  il est fait Ă  la rĂ©alitĂ© ordinaire, et il place le spectateur  entre ‘les Ă©crans’, et ce dernier est opĂ©rĂ© par l'opĂ©rateur (comme avec la vidĂ©o, la photographie numĂ©rique, ou la vidĂ©o-performance).

 

Emmanuel Fleury

L’ardeur meurtriùre du suicide

NathanaĂ«l rencontre l’homme au sable Ă  trois reprises. A chaque fois, il en est effrayĂ©. A la troisiĂšme, il se jette du haut d’une tour et se fracasse le crĂąne.

Le suicide de NathanaĂ«l est racontĂ© par Hoffman dans l’un de ses contes fantastiques, « L’homme au sable Â». Ce texte est ensuite longuement commentĂ© par Freud dans « L’inquiĂ©tante Ă©trangetĂ© Â» publiĂ© en 1918. Le commentaire de Freud est aussi cĂ©lĂšbre que son « Deuil et mĂ©lancolie Â». Pourtant, il n’est pas souvent citĂ© en exemple par les psychanalystes au sujet du suicide.

Il se trouve que NathanaĂ«l Ă©tait pris d’une « ardeur meurtriĂšre Â» envers le frĂšre de Clara, son amante. Les garçons ont mĂȘme commencĂ© un duel. Interrompu au dernier moment par Clara. Une scĂšne Ă  mettre en perspective avec celle d’Hamlet contre LaĂ«rte dans la fosse  d’OphĂ©lie.

OĂč l’on voit que le suicide peut facilement alterner avec le meurtre. Mais pas pour les mĂȘmes raisons.

L’assimilation du suicide au « meurtre de soi-mĂȘme Â», une donnĂ©e historique en matiĂšre de suicide, n’est pas une explication satisfaisante. La piste du suicide dit « altruiste Â» l’est peut-ĂȘtre plus.

Pour NathanaĂ«l, Clara avait deux faces. Elle Ă©tait soit un « stupide automate Â» incarnant « la mort dĂ©charnĂ©e Â», celle de NathanaĂ«l. Soit, un amour que Freud qualifie de « narcissique Â» et que partageait Lothaire, en miroir. Au vu de ces donnĂ©es, ce qui parait altruiste, c’est le meurtre. Le suicide de NathanaĂ«l, quant Ă  lui, se comprend mieux par la «rĂ©pĂ©tition du mĂȘme Â» Ă©voquĂ©e par Freud.

C’est ce que je souhaite examiner.

 

Franz Kaltenbeck

De la malveillance

On opposera Ă  la surveillance, chĂšre Ă  Michel Foucault, le fait que l’on dĂ©tourne trop souvent, dans nos sociĂ©tĂ©s occidentales, le regard de ceux sur lesquels il faudrait veiller – des enfants, des jeunes en difficultĂ©, des faibles et, au niveau planĂ©taire, des hommes et des femmes persĂ©cutĂ©s pour des raisons ethniques ou religieuses. Vu nos moyens techniques, nous sommes parfaitement informĂ©s sur ce qui se passe dans le moindre recoin de la terre. On peut donc appeler le dĂ©tournement du regard face au rĂ©el une malveillance. Une malveillance est une attitude toujours active. À l’Ɠuvre dans toutes les sĂ©grĂ©gations, elle peut se renverser d’un jour Ă  l’autre en une surveillance totalitaire.

 

Jean-Paul Kornobis

La vérité contre Modju 1

De 1951-1955, les investigations de la FDA2 ne se sont jamais interrompues. HarcelĂ© par de nombreux  curieux qui voulaient voir ce qui se passait chez lui — on avait parlĂ© d’orgies !  —, Reich rĂ©agit vigoureusement en allant mĂȘme jusqu’à menacer d’une arme Ă  feu les habitants de la petite ville de Rangeley oĂč se trouvait son laboratoire. Plus intĂ©ressante que ce fait-divers fut la crĂ©ation par Reich durant cette pĂ©riode, du nĂ©ologisme Modju — Mo de Mocenigo, l’homme qui a trahi Giordano Bruno et Dju de Djougachvili le vrai nom de Staline —. Paradoxalement, Reich se sentait menacĂ© non pas par la FDA qui l’accusait pourtant de fraude, mais par les pestifĂ©rĂ©s dont le modĂšle Ă©tait pour lui les stalinistes — les fascistes rouges —.

Le caractĂšre pestifĂ©rĂ©3 Ă©tait en effet celui des hommes du souterrain qui profitent de la triste condition humaine pour la contaminer d’avantage. Parce qu’insatisfait sexuellement, l’homme de la rue pouvait, avec un peu de gĂ©nie, devenir un grand criminel. Pour Reich, chacun a quelque chose Ă  cacher et c’est Ă  ce talon d’Achille que s’attaque le caractĂšre pestifĂ©rĂ© pour accomplir ses mĂ©faits. Parce qu’elle donne une illusion protectrice en faisant semblant de respecter les rĂšgles morales, la peste Ă©motionnelle a couvert « d’innombrables meurtres Â» et nombreux sont celles et ceux qui, Ă  cause d’elle, ont Ă©tĂ© envoyĂ©s dans les asiles ou les pĂ©nitenciers. « Des millions d’humains sont morts sur les champs de bataille pour rien, pour le seul profit de MODJU. Â»

En suivant le destin tragique de W. Reich, je tenterai de montrer comment Reich, Ă  partir de son propre symptĂŽme, tenta de lutter contre le crime dont il pensait dĂ©tenir la source en proposant jusqu’ Ă  la fin de sa vie4 un pharmakon5 face au malaise dans la civilisation.

_______________________________

1]Extrait de l’Orgone Energy Bulletin, vol. IV, n°3 (juillet 1952), p.166-170. Traduction française par Pierre  Kamnitzer dans « Wilhem Reich. Reich parle de Freud Â», Petite BibliothĂšque Payot, 1998, p. 280-286.

2] Food and Drug Administration.

3] Le caractĂšre pestifĂ©rĂ© (Modju) est dĂ©fini par Reich comme  un ĂȘtre sexuellement infirme, ayant le sentiment d’ĂȘtre un gĂ©ni avortĂ© qui utilise son Ă©nergie sexuelle pour une sorte de sublimation Ă  rebours. Il est habile Ă  manier la ruse, la finasserie, Ă  faire marcher les gens sans les effaroucher pour arriver Ă  ses fins. PrĂ©cĂ©dant de peu la foule, il se met facilement au service de la dictature et du fascisme.

4] Reich est mort le 3 novembre 1957 dans un pénitencier américain.

5] Je reprends ici le terme pharmakon Ă  partir du texte de Franz Kaltenbeck l’Autre du symptĂŽme, publiĂ© dans le n° 7  d’octobre 2006 de la revue Savoirs et clinique, p. 16.

 

Brigitte Lemonnier

Criminologie, psychanalyse et cinĂ©ma Ă  propos du film de Steven Soderbergh « Bubble Â»

Dans une petite ville perdue du Midwest, Martha et Kyle travaillent pour l'une des rares usines encore en activitĂ©. MalgrĂ© leur diffĂ©rence d'Ăąge, leur solitude les a rapprochĂ©s et le jeune homme et celle qui pourrait ĂȘtre sa mĂšre sont devenus amis.

L'arrivĂ©e de Rose, une jeune mĂšre cĂ©libataire, va tout remettre en cause. Entre les deux jeunes gens, des liens se nouent naturellement, ce qui n'est pas du goĂ»t de Martha. Lorsqu'un matin, on dĂ©couvre la jeune femme Ă©tranglĂ©e chez elle, c'est le dĂ©but d'une enquĂȘte qui va emmener chacun bien au-delĂ  des apparences...

 

Corinne Maier

Faut-il aimer la République ou la détruire ?

La RĂ©publique en France est nĂ©e d'un crime : la mise Ă  mort du roi. Dans ces conditions, faut-il aimer la RĂ©publique ? On se penchera sur cette question armĂ©s des concepts de Freud et Lacan, tout particuliĂšrement ceux portant sur la loi, le pĂšre et l'origine.

 

François Morel

Sur la clinique du déni des actes criminels

La clinique du dĂ©ni est inquiĂ©tante : c'est pour Ă©viter une utilisation judiciaire de celle-ci, notamment une clinique de la dĂ©tection du mensonge, que Freud a sagement prĂ©fĂ©rĂ© ne pas s'aventurer dans ce domaine, et mettre la psychanalyse Ă  distance de la justice. Pourtant, la rencontre avec le dĂ©ni de l'acte criminel est un phĂ©nomĂšne constant et bien souvent central dans la pratique clinique avec les sujets en milieu carcĂ©ral. Et la judiciarisation de la maladie mentale est devenue  telle que nous dĂ©sirons pourtant  en dire quelques mots.

 

GeneviĂšve Morel

Rencontres fatidiques

La vie d'un criminel paraßt souvent incroyable : l'accumulation de mauvaises rencontres et de hasards invraisemblables donne l'impression d'une détermination opaque qui nous échappe. On parle alors du destin. Mais n'est-ce pas là une notion transcendante, eschatologique et donc religieuse ? La psychanalyse nous permet-elle une approche rationnelle du destin ?

 

Renata Salecl

Le choix du crime (trad. Isabelle Baldet)

La psychanalyse s’est toujours intĂ©ressĂ©e Ă  la relation qu’entretient le sujet avec l’ordre symbolique et particuliĂšrement avec l’ensemble des prohibitions (Ă©crites ou non) qui opĂšrent dans la sociĂ©tĂ©. Le droit peut tirer profit de la psychanalyse lorsqu’il tente de comprendre comment et pourquoi les gens comprennent diffĂ©remment la loi : pourquoi, par exemple, certains peuvent complĂštement oublier les prohibitions sociales, d’autres se sentir constamment coupables, d’autres feindre d’avoir commis un crime, d’autres encore s’infliger eux-mĂȘmes des punitions. Cependant, la psychanalyse et la loi peuvent avoir une comprĂ©hension diffĂ©rente de ce qu’il en est de la responsabilitĂ© du sujet Ă  l’égard du crime. Cette communication abordera tout d’abord la façon dont la psychanalyse freudienne et lacanienne entendent la responsabilitĂ©, puis, dans un second temps, elle analysera si nous pouvons dire que le sujet fait un type particulier de choix lorsqu’il s’engage dans une activitĂ© criminelle. Dans une Ă©poque dominĂ©e par l’idĂ©ologie du « choix rationnel Â», nous nous interrogerons pour savoir si un sujet choisit inconsciemment le type de crime auquel il se livre.

 

Philippe Sastre Garau

Les autoaccusations de criminalité dans la mélancolie. A propos de deux cas.

 Si diffĂ©rentes configurations cliniques peuvent parfois aboutir Ă  un authentique acte criminel, il existe aussi des situations comme dans la mĂ©lancolie  dans lesquelles le sujet, par croyance dĂ©lirante, s'accuse d'ĂȘtre un criminel.

Au travers deux cas cliniques dans lesquels la question de l'amour est Ă  l'origine de la dĂ©compensation dĂ©lirante, je propose de repĂ©rer et dĂ©ployer le moment du surgissement de ces autoaccusations lors du dĂ©chaĂźnement de la pulsion de mort.

 

Antoine Verstraet

Le dilemme d'Adam

Adam est un adolescent ĂągĂ© de 15 ans. PlacĂ© en famille d'accueil dĂšs l'Ăąge de 6 mois, il regagnera le foyer parental Ă  9 ans. Mais Adam ne comprend pas bien pourquoi on a dĂ©cidĂ© ce retour : mĂȘme s'il ne s'y oppose pas, il ne comprend pas pourquoi il lui faut quitter cette famille qui a su lui offrir une enfance heureuse. Il se retourne donc vers la rĂ©fĂ©rente sociale qui lui  explique qu'il est trop gĂątĂ© par sa famille d'accueil.

Le retour au sein de sa « famille naturelle Â» est donc dĂ©cidĂ©. TrĂšs vite, la relation avec sa mĂšre s'envenime: elle le frappe et l'oblige Ă  accomplir de nombreuses taches mĂ©nagĂšres. Une annĂ©e se passe avant que les services sociaux n'interviennent de nouveau et placent le jeune garçon au sein d'un foyer Ă©ducatif. C'est lĂ  qu'il rencontre AngĂ©lique dont il tombe amoureux. Ils ne se quittent plus jusqu'au jour oĂč Adam est envoyĂ© dans un autre Ă©tablissement. C'est alors que, le soir mĂȘme de leur sĂ©paration, la jeune fille dĂ©cide de fuguer pour le rejoindre.

DĂšs le lendemain, ils s'enfuient et, durant deux mois, ils occuperont un squat avec deux amis. Mais, dans sa fuite, AngĂ©lique a oubliĂ© d'emporter ses habits et effets personnels. Pour y remĂ©dier, elle demande Ă  Adam de cambrioler le foyer Ă©ducatif qui l'accueillait jusqu'Ă  prĂ©sent. C'est alors que le dilemme se dessine : cambrioler l'Ă©tablissement alors mĂȘme qu'il sait que c'est un acte rĂ©prĂ©hensible. Mais c'est aussi une maniĂšre pour lui de tĂ©moigner de son amour, de lui montrer combien il tient Ă  elle. Ou alors refuser le dĂ©lit et risquer dans ce cas de perdre l'amour de sa petite amie.

Adam fera le premier choix et c'est cet acte qui marque le début d'une vie de délinquance, faite de violence et de vols
.

 

Frédéric Yvan

L'amour et la mort ou l'effraction du cadre chez Poe.

L'amour, dans l'Ɠuvre d'Edgar Allan Poe, est associĂ©, liĂ© mĂȘme, Ă  la mort et au meurtre. Plus prĂ©cisĂ©ment, ces rĂ©cits d’amour et de mort sont histoires de vampires et de spectres : l'objet aimĂ© et vampirisĂ© – la femme – faisant retour dans la rĂ©alitĂ© pour hanter celui par qui elle est morte. C'est cette relation d'amour singuliĂšre que nous souhaitons explorer Ă  travers quelques nouvelles d'Edgar Allan Poe – Ligeia, Morella, Le portrait ovale, ou encore La chute de la maison Usher – en nous attachant notamment Ă  ce que l'on peut nommer l'effraction du cadre par l'objet aimĂ© mort.

 

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