référence : http://listes.cru.fr/arc/liste-gepi/2012-09/msg00002.html
     Chronologie       
     Conversation       

=?Windows-1252?Q?_Lancement_du_s=E9minaire_=ABL'=E9preuve_du_miro?==?Windows-1252?Q?ir=BB=2C_vendredi_7_septembre=2C_13h_30?= GEPI



Bonsoir à tous,
 
Pour la cinquième année consécutive le ciné séminaire va reprendre avec pour thème:«l'épreuve du miroir»
Je joins, ci-dessous, le programme, particulièrement alléchant, que nous a concocté Christian Roy.
Pour commencer, je vous propose une réunion, vendredi prochain 7 septembre à 13h 30, pour se retrouver, faire connaissance et mettre au point les derniers détails de nos rencontres.
La réunion aura lieu à mon bureau, au 960 Jean-Talon Est, #1.
À très bientôt j'espère,
Amitiés
 
Karim Jbeili
Psychanalyste



Cinéséminaire 2012-2013 : « L’épreuve du miroir »

 

Pour faire suite aux cycles thématiques « Psychanalyse et histoire de l’Occident contemporain » autour du moment 1918 : la chute des empereurs (2007-2008), autour du moment 1968 : la mort du père (2008-2009), sur l’« Anthropologie du présent » (2009-2010) et l’« Anthropologie de l’avenir » post-humain (2010-2011), puis en confrontation plus directe avec le monde musulman autour des Printemps arabes (2011-2012), nous pensons centrer le cycle 2012-2013 sur des films nous permettant de nous attarder davantage sur la méthode même de notre séminaire et sur ses références et développements théoriques, afin d’être mieux en mesure de synthétiser la nature, l’originalité et la portée de la réflexion qui y a été menée et des avancées réalisées. Au rythme d’environ un par mois, voici les films que nous envisageons de visionner à partir de septembre 2012 afin de stimuler et d’orienter nos discussions, en un retour plus conscient sur certains des thèmes abordés depuis cinq ans.

 

Question d’articuler l’expérience critique du cinéma à une lecture psychanalytique, le plus célèbre exemple, celui de Slavoj Zizek :
The Pervert's Guide To Cinema (2006) « Cinema is the ultimate pervert art. It doesn't give you what you desire - it tells you how to desire. » - Slavoj Zizek.
À travers ce documentaire en trois parties de Sophie Fiennes, le philosophe et psychanalyste Slavoj Zizek aborde les thèmes de la sexualité, de la mort, de l'éthique, et du fantasme à travers des films classiques.

 

Expérience classique de transposition de la logique du rêve au cinéma, dans la spirale délirante d’une blessure narcissique comme trauma :
Mulholland Drive de David Lynch (2001), élu meilleur film de la décennie 2000 par les Cahiers du cinéma (n° 652, janvier 2010). « Il s'agit du rêve de Hollywood, d'une relation entre deux filles différentes et d'un polar, avec des virages intéressants », a expliqué Lynch.


Confrontation à l’obstacle épistémologique de la représentation nécessairement caricaturale de l’économie psychosociale précédant la consécration du paradigme narcissique contemporain vers 1960 :
Pleasantville (1998) de Gary Ross. Pour s'extraire des angoisses d'une famille stressée et divisée des années 1990, David aime s'évader en regardant la télévision et plus particulièrement "Pleasantville", série en noir et blanc datant des années cinquante. Jennifer, sa sœur jumelle, est tout l'opposé de David : elle vit au jour le jour en parfaite harmonie avec le monde moderne. Jusqu'à ce que, par un étrange phénomène, Jennifer et David se retrouvent parachutés à "Pleasantville". Désormais intégrés au casting, ils vont parasiter la série au point de changer la vie bien réglée des protagonistes.

 

Régression jusqu’à la scène historique de la mise en place des thèmes de la psychanalyse il y a un siècle, d’abord avec l’hystérie et la pulsion de mort :
A Dangerous Method (2011) de David Cronenberg. Se déroulant à l'aube de la Première Guerre mondiale, en Suisse et en Autriche, le film revient sur les relations parfois tumultueuses qui ont lié Carl Jung (Michael Fassbender), fondateur de la psychologie analytique, Sabina Spielrein (Keira Knightley), patiente de Carl Jung et future psychanalyste, et Sigmund Freud (Viggo Mortensen), père de la psychanalyse.

 

Ensuite avec le fétichisme en ses liens avec le narcissisme :
Le cri de la soie (1996) d’Yvon Marciano. Paris 1914. Marie, une jeune couturière analphabète est arrêtée après avoir dérobé un coupon de soie rouge dans un grand magasin. Incarcérée, elle est examinée par Gabriel, psychiatre renommé, qui éprouve aussi un plaisir sensuel et intense pour les étoffes. Tout les sépare : le milieu, la culture, et bientôt la guerre... Pourtant, se tisse entre eux une étrange histoire d'amour. Le film s'inspire de la vie et de l'œuvre de Gaëtan Gatian de Clérambault, psychiatre, ethnographe et photographe du début du XXe siècle, et aborde le sujet du fétichisme considéré comme une perversion dans la société française de la fin de la Belle Époque. Il a notamment observé de nombreux cas d'érotomanie (psychose, caractérisée par un délire passionnel également appelé syndrome de Clérambault), pathologie qu'il a décrite en détail. Entre 1928 et 1929, il est le supérieur de Jacques Lacan qui effectue alors son internat en psychiatrie. Clérambault porta un jugement sévère sur son élève, mais Lacan lui gardera un profond respect. Paradoxalement, ce dernier se trompera systématiquement sur le prénom de Clérambault, l'appelant Georges. Il mit en scène sa propre mort de façon dramatique : atteint de cataracte, il se suicida par arme à feu, assis dans un fauteuil face à un grand miroir, et entouré de mannequins de cire qui lui servaient pour ses études de drapé.  Visionnable en ligne à www.myskreen.com/film/105076-le-cri-de-la-soie

 

Allant jusqu’au bout de la logique totalisante du narcissisme, un bond spéculatif dans l’accomplissement dystopique de la société parfaite de l’avenir telle qu’elle ne pouvait apparaître que dans l’imaginaire issu des années 1960, pour y retrouver à la fin de l’histoire une scène primitive où les nomades ensauvagés rôdent autour des murailles de la cité technicisée :
Zardoz (1974) de John Boorman. Dans un futur post-apocalyptique (2293), la population humaine est divisée entre les Éternels, des humains ayant atteint l'immortalité grâce à la technologie, et les Brutes, barbares primitifs dont l’un des chefs, Zed (Sean Connery), découvre que cette société en apparence lissée et idéale est en fait violente et désespérée. Du fait de leur immortalité, les Éternels ont arrêté de procréer et les hommes sont devenus impuissants. Certains sont victimes d'une maladie, l'apathie, qui les plonge en catatonie. Zed a en fait été choisi pour libérer les Éternels de leur condition dans le bain de sang final.

 

La violence fondatrice que les désirs convergents canalisent sur un bouc émissaire est au cœur de la théorie mimétique de René Girard, fructueuse hypothèse anthropologique qui vient de plus en plus explicitement compléter nos réflexions d’inspiration psychanalytique. Ce petit classique du film d’épouvante est parfois cité comme la parfaite illustration de ses mécanismes :
The Wicker Man (1973) de Robin Hardy. Le sergent Howie, fervent catholique, enquête sur la disparition d'une enfant sur une petite île de la côte ouest de l'Écosse. Très vite, le policier se retrouve confronté au silence des habitants... Visionnable en ligne à www.my-stream.org/The-Wicker-Man-%281973%29/streaming/40558

 

L’anthropologie girardienne et la psychologie des profondeurs se rejoignent dans les zones d’ombre en-deçà de l’humain où la guerre des sexes manifeste la terreur de l’histoire et la cruauté de la nature.
Antichrist (2009) de Lars von Trier. Suite à la mort de leur enfant, un couple s'installe dans une maison retirée et le mari procède à la thérapie de sa femme. Lars von Trier dit avoir beaucoup pensé au dramaturge suédois Strindberg et au réalisateur russe Tarkovski, auquel le film est dédié, pendant le tournage du film. « The work on the script did not follow my usual modus operandi. Scenes were added for no reason. Images were composed free of logic or dramatic thinking. They often came from dreams I was having at the time, or dreams I’d had earlier in my life. »(Lars von Trier)

 

Le début et la fin de la vie comme objets de dégoût et tentation de désespoir, ou comment renouer le fil rompu de son sens et de sa transmission?
Maelstrom (2000) de Denis Villeneuve. Après avoir tué un homme avec sa voiture sans s'arrêter, Bibiane Champagne est rongée par la culpabilité. Peu après, elle rencontre Evian, le fils de la victime, qui tombe amoureux d'elle sans connaître son terrible secret.

Pour vous désabonner de cette liste : gepi-psa@internet.uqam.ca