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CENTRE CULTUREL INTERNATIONAL DE CERISY

Programme 2013 : un des colloques







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Mise Ă  jour : 25 mars 2013

ÉCRITURE DE SOI, ÉCRITURE DES LIMITES

DU MERCREDI 17 JUILLET (19 H) AU MERCREDI 24 JUILLET (14 H) 2013

(Colloque de 7 jours)


DIRECTION : Jean-François CHIANTARETTO

Avec le concours du groupe de recherches "Littérature personnelle et psychanalyse"


ARGUMENT :

L’écriture de soi (notamment l'autobiographie, les journaux intimes et l'autofiction) met toujours en scène une tension entre deux positions psychiques: attester d’une identité (voilà qui je suis), témoigner d’une altération (voilà qui je suis empêché d’être). L’enjeu semble la délimitation de soi, au sens d’un espace intérieur, d’un lieu singulier d’interlocution interne. Entre la sculpture et la marche, la fouille et la déambulation, le récit et son impossibilité.

Une telle délimitation de soi prend une valeur spécifique lorsque l’auteur témoigne dans l’écriture d’une expérience psychique d’effraction, d’implosion ou de falsification de l’être. Il s’agit notamment des expériences traumatiques extrêmes ou des troubles ayant rendu précaire ou incertaine la construction même de l’espace psychique. Dans ces différents registres de la survivance, l’écriture de soi prend alors littéralement fonction d’une écriture des limites: l’effort de (re)construire un lieu pour soi, suffisamment vivable et vivant. Le croisement de l’écriture et de la
clinique est ici nécessaire: spécialistes de la littérature, écrivains et psychanalystes seront conviés à se rencontrer.

CALENDRIER PROVISOIRE :

Mercredi 17 juillet

Après-midi:
ACCUEIL DES PARTICIPANTS

Soirée:
Présentation du Centre, des colloques et des participants


Jeudi 18 juillet
Matin:
Jean-François CHIANTARETTO: La délimitation de soi: de la clinique à l’écriture
Ellen CORIN: Les détours du sens, entre traces et tracés

Après-midi:
Régine WAINTRATER: Jean Amery: l’échec de l’écriture de soi
Marie JEJCIC: Peut-on Ă©crire son autoportrait?


Vendredi 19 juillet
Matin:
Isabelle LASVERGNAS: L'ossuaire des mots
Ana COSTA: Ecriture de soi, témoignage d’analyse

Après-midi:
Simone KORFF SAUSSE: Ecriture de l'effacement et traumatismes fantomatiques dans l'Ĺ“uvre de Robert Walser
Silke SCHAUDER: Papa Hemingway ou l'altérité tragique de l'œuvre
Arnaud TELLIER: Nature en soi et paysage en tĂŞte

Soirée:
Projection d'Amarcord (Fellini) et discussion animée par
Didier GOLDSCHMIDT


Samedi 20 juillet

Matin:
Georges-Arthur GOLDSCHMIDT: Exil, sidération et établissement du "soi"
Ghyslain LÉVY: Exilé dans l’exil de l’autre

Après-midi:
DÉTENTE


Dimanche 21 juillet
Matin:
Jacqueline ROUSSEAU-DUJARDIN: A propos de la solitude
Louise GRENIER: Changer de personnage? Des passions nécessaires à l’être

Après-midi:
Sylvain MISSONNIER: La fiction détective chez Conan Doyle. L’écriture de soi entre cocaïne et prophétie rétrospective
Isabelle SOMÉ: Quand le chaos règne au dehors comme au dedans, reste la force du témoignage autofictionnel


Lundi 22 juillet
Matin:
Mireille FOGNINI: Identité et plagiat
Claude BURGELIN: Creuser l'Ă©miettement, construire le morcellement (Ă  partir de Vies Potentielles, Seuil, 2011)

Après-midi:
Françoise NEAU: "A fragmentary girl". Sentiments de perte, forces et limites du travail d'écriture dans l'œuvre de Sylvia Plath (1932-1963)
Catherine MATHA: Histoires de peau à l’adolescence: inscrire pour conjurer la perte

Soirée:
Autour de Jacqueline ROUSSEAU-DUJARDIN


Mardi 23 juillet
Matin:
Chantal CLOUARD: Décentrement de soi et désir de reconstruction: la traversée de la maladie grave chez les adolescents
Michael CHOCRON: Témoin interne du sujet, témoin interne du groupe: hypothèses issues de l’observation de l’atelier Le Papotin

Après-midi:
Anne ROCHE: "Affronter l’opacité": Le paradis entre les jambes de Nicole Caligaris
Christine DELORY-MOMBERGER: L’écriture de l’inceste et Christine Angot

Soirée:
Autour de Georges-Arthur GOLDSCHMIDT


Mercredi 24 juillet
Matin:
Bilan et clĂ´ture

Après-midi:
DÉPARTS


RÉSUMÉS :

Claude BURGELIN: Creuser l'Ă©miettement, construire le morcellement (Ă  partir de Vies Potentielles, Seuil, 2011)
Les effondrements de notre siècle, le XXIe, Camille de Toledo (né en 1975) les évoque magistralement au fil de 47 histoires brèves (fables ou évocations fantastiques) autour de vies fissurées, morcelées, explosées. Elles sont suivies de 47 exégèses où le malaise dans la civilisation que circonscrivent ces histoires est configuré aussi par les propres fissures et traversées du deuil du narrateur. Entre ces morceaux de vies cassées, vient s’intercaler une profération poétique d’une grande puissance donnant comme un souffle prophétique à ces orchestrations de l’inquiétude d’être au monde. Au long de ces parcours entre univers onirique, vertige psychotique et coups de projecteur sur un monde (et un narrateur?) en pièces, c’est à la question de la transmission que revient obstinément Camille de Toledo.

Claude Burgelin, professeur émérite de littérature contemporaine (Université Lyon 2).
Publications
Georges Perec, Seuil, 1988.
Les Parties de dominos chez Monsieur Lefèvre, Circé, 1996.
Les Mal Nommés, Duras, Leiris, Calet, Bove, Perec, Gary et quelques autres, Seuil, 2012, "La librairie du XXIe siècle".
Il a co-dirigé le colloque de Cerisy sur "L’autofiction" (2008, publié aux PU de Lyon en 2010).


Jean-François CHIANTARETTO: La délimitation de soi: de la clinique à l’écriture
De Kertesz à Appelfeld: écrire à partir de la Shoah suppose d’investir l’écriture comme lieu dépositaire de l’intériorité, c’est-à-dire d’une place bien à soi dans le monde des humains. Ces deux auteurs présentent deux versions, certes bien différentes, d’une même lutte pour donner aux mots la force d’œuvrer à la délimitation de soi: une lutte pour survivre à la catastrophe d’une délégitimation de cette place unique donnée à chacun par l’ensemble humain. Leur œuvre propose ainsi aux psychanalystes un éclairage à la fois indirect et décisif sur les modalités de la survivance psychique qu’ils ont à rencontrer dans leur clinique.

Jean-François Chiantaretto est psychologue, psychanalyste et professeur de psychopathologie à l’Université Paris 13. Il a fondé et anime le groupe "Littérature personnelle et psychanalyse". Il a écrit et dirigé de nombreux ouvrages sur l’écriture de soi, le témoignage et l’écriture de la clinique.
Son dernier livre: Trouver en soi la force d’exister. Clinique et écriture (Éditions Campagne Première, 2011).


Michael CHOCRON: Témoin interne du sujet, témoin interne du groupe: hypothèses issues de l’observation de l’atelier Le Papotin
Le Papotin est un atelier artistique et culturel visant à produire un journal atypique écrit par des adolescents et adultes présentant des troubles autistiques ou apparentés. Cette médiation présente comme particularité d’offrir aux participants un cadre où il est possible "d’écrire par la parole". Pour ce faire, le dispositif mis en place s’appuie sur ce qui pourrait se comprendre comme la mise en jeu d’un témoin interne pour le groupe des rédacteurs. Partant de ce qui est observé dans le cadre de cet atelier, je proposerai une analyse de ce dispositif indiquant comment celui-ci soutient les rédacteurs dans leur travail d’écriture.

Bibliographie
Brun, A. (2010), Médiations thérapeutiques et psychose infantile, Paris, Dunod, 2008.
Chiantaretto, J-F. (2011), Trouver en soi la force d’exister. Clinique et écriture, Paris, Campagne Première.
Kaës, R. (1976), L'Appareil psychique groupal, Paris, Dunod, 2000.
Lavoine, M. et El Kesri, D. (2011), Toi et moi, on s’appelle par nos prénoms, Paris, Fayard [Recueil de textes des Papotins].


Ellen CORIN: Les détours du sens, entre traces et tracés
La présentation se déroulera en deux mouvements. Ils ont en commun une expérience des limites, "vers le bas" ou "vers le haut"; l’évanescence de la position de sujet et un désir d’échapper à l’histoire, que ce soit en raison de son caractère traumatique, de la violence délétère qui la marque ou de son essentielle illusion; le passage nécessaire par la recherche d’un espace ou d’outils qui rendent possible l’amorce d’un récit différent, fragmentaire, où la spirale des contraintes dans lesquelles se sent prise la personne semble s’inverser et amorcer une ouverture vers d’autres possibles. Le premier mouvement se déploiera autour des enseignements de trois cas cliniques qui illustrent chacun une manière particulière d’amorcer ce mouvement de manière oblique, allusive, toujours fragile, lorsque la personne se trouve lourde d’un trauma extrême. Le second, qui nous servira d’horizon permettant de changer d’angle et de remettre la pensée au travail, évoquera les voies empruntées par des ascètes rencontrés dans l’Himalaya indien, à travers leurs déambulations et une stratégie explicite de dégagement.

Ellen Corin est psychanalyste, membre de la Société psychanalytique de Montréal. Elle est également professeur retraitée aux départements de psychiatrie et d'anthropologie de l'Université McGill. Des recherches en Afrique, en Inde et au Québec ont notamment porté sur l'expérience subjective de la psychose et son articulation par la culture, ainsi que sur les trajectoires d'ascètes indiens abordées comme des expériences limites. Elle a dirigé récemment un numéro de Anthropologie et Société, "Psychanalyse et anthropologie. L’ébranlement d’une rencontre".

Christine DELORY-MOMBERGER: L’écriture de l’inceste et Christine Angot
Le dernier livre de Christine Angot, Une semaine de vacances, place dans un huis-clos un homme et une jeune fille que de minces indices permettent au lecteur d’identifier comme le père et la fille. Le thème de l’inceste qui traverse les ouvrages de l’auteur est ici repris à nouveaux frais mais diverge dans sa forme narrative. Le récit porte essentiellement sur l’acte de l’inceste, dans ce texte très cru et dur dont l’auteur dit qu’il est "une clarification" et que tout au long de son écriture, elle s’est sentie "dans une froideur coupante". Mais, contrairement aux récits antérieurs, l’écriture n’emprunte pas cette fois la voix (la voie) du "je". Un narrateur en voix off, surplombant, donne au lecteur des descriptions détaillées de scènes sexuelles, l’amène à se glisser, comme en effraction, dans la tête de l’homme et dans celle de la jeune fille, choisissant clairement le point de vue de la jeune fille mais prenant soin d’exposer la complexité du rapport de domination exercé par le père. Notre intention sera de faire apparaître comment une écriture de soi, dérogeant au "pacte autobiographique", touche aux limites de la narration pour arriver à dire l’indicible.

Christine Delory-Momberger est professeur en sciences de l’éducation à l’Université Paris 13/Nord. Ses recherches visent à comprendre la place de la biographie dans la construction du sujet à travers les processus d’éducation, de formation et de socialisation et à explorer les formes et les significations des constructions biographiques selon les époques et les sociétés. Elle dirige la collection "L’écriture de la vie" aux éditions Téraèdre. Elle est directrice scientifique de la revue Le sujet dans la Cité. Revue internationale de recherche biographique.
Publications
2000 (1ère éd.), 2004 (2ème éd.). Les Histoires de vie, De l’invention de soi au projet de formation. Paris: Anthropos.
2005. Histoires de vie et recherche biographique en Ă©ducation. Paris: Anthropos.
2009. La Condition biographique. Essais sur le récit de soi dans la modernité avancée. Paris: Téraèdre.
2009. Vivre-Survivre. Récits de résistance (en coll. avec Christophe Niewiadomski). Paris: Téraèdre.
2010. "Le récit (de soi) au risque de la confiance". In Eliane Allouch, Jean-François Chiantaretto, Simon Harel & Jean-Pierre Pinel (dir.) (2010), Confiance et langage. Paris: In Press Editions, pp. 181-191.


Mireille FOGNINI: Identité et plagiat
Il s’agit d’engager une réflexion sur les processus psychiques inconscients mis en œuvre au cours de la construction de l’intimité identitaire avec les voies par lesquelles le sujet parvient à en percevoir et penser les limites et ceux surgissant de sa confrontation à l’expérience de plagiat (côté plagié et côté plagiaire). Après avoir redéfini les champs complexes des notions d’identité et de plagiat, et convoqué quelques exemples historiques, cette recherche va s’étayer sur les avancées psychanalytiques de Bion pour approcher la naissance, l’évolution et les troubles émotionnels qui viennent entraver la pensée au sein de ses développements et limites en cette situation paradoxale de plagiat. La réalité et/ou la réalisation du plagiat, l’angoisse du plagiat, son fantasme, et l’intensité de leurs effets profondément perturbateurs sur la délimitation du soi dans l’écriture comme dans tout acte de créativité démarquant l’ipséité, ne dévoilent-ils pas - ainsi que l’évoque Michel Schneider - un trouble latent inexploré dans le développement émotionnel de la pensée au sein de l’appareil psychique? Réflexion nécessaire en notre ère ouvrant sur tous les possibles sous l’égide démiurgique du "virtuel".

Bibliographie
Bion, "Théorie de la pensée", in Réflexion faite, PUF.
Bion, Aux sources de l’expérience, PUF, 1979.
Michel Schneider, Voleurs de mots, Coll "Tel", Gallimard, 2011.
Eric Porge, Vol d’idées, Denoël, 1994.
Hélène Maurel-Indart, Du plagiat, Folio, Essai, 2011.
Camille Laurens, Syndrome du coucou, Revue Littéraire, n° 32, 2007.
Marie Darrieusecq, Rapport de police, POL, 2010.
Autofiction, Colloque de Cerisy 2008, PU Lyon, 2010.
Publications (dans livres et articles de Revues (Coq HĂ©ron, Topique, Tribune Psychanalytique, Filigrane, RFP, etc.))
"De l’acte d’écrire et de sa publicaction",  in Les lettres de SPF, n°27: Ce que la littĂ©rature fait des psychanalystes, Ă©d Campagne Première, Paris, 2012.
"Naviguer vers l’inconnu après Wilfred Bion et Henry Bauchau", in Topique, n°118: Le psychanalyste lecteur de l'écrivain, éd L’esprit du temps, 2012.
"De quelques prisons d’infortune des "corps psychiques"", in Journal de la Psychanalyse de l'enfant, n°1: Expressions corporelles et souffrance psychique, éd PUF, 2012.
"L’impossible partage" in  Tribune Psychanalytique de Lausanne, n°7: Liaisons fraternelles, Ă©d de l’Aire, Lausanne, 2007.
"Quelques notes en débat à propos de "l’après-victime" et "l’après bourreau"", in Revue du Coq Héron, n°195: Victime et après, éd Erès, Toulouse, 2008.
"Exploration de l’autre en soi dans le récit mythique de Gilgamesh", in Revue du Coq Héron, n°192: Les figures de l'autre en soi, éd Erès, Toulouse, 2008.
"Perspectives et apports de Bion au travail clinique", in Revue du Coq Héron, n°177: Correspondance E. Jones - M. Balint, éd Erès, Toulouse, 2004.
Notes de lecture
"Les alliances inconscientes (René Kaës)", in Revue du Coq Héron, n°200: Quelle transmission en psychanalyse, éd Erès, Toulouse, 2010.
"L’ image et la pensée (Castarède et coll)", Revue du Coq Héron, n°211: Psychanalyse et cinéma, éd Erès , Toulouse, 2012.


Georges-Arthur GOLDSCHMIDT: Exil, sidération et établissement du "soi"
L’exil engendre une coupure dĂ©finitive dans la constitution interne d’une personne et divise Ă  jamais la cĂ©nesthĂ©sie personnelle en horizons diffĂ©rents qui interfèrent l’un sur l’autre et situent la mĂ©moire de façon particulière, il reste au fond de toutes choses une antĂ©rioritĂ© qui donne la mesure de ce qui est vĂ©cu. L’exil redistribue complètement la gĂ©ographie intĂ©rieure et en change les points cardinaux, il modifie, dĂ©double la peception. De plus, l’exil a un contenu moral, l’exilĂ© c’est celui qu’on punit de ne pas penser en rond, il est dangereux par essence puisqu’il montre, par sa personne mĂŞme  que toute pensĂ©e est inconfortable, que la pensĂ©e menace le pouvoir.

Français d’origine allemande, Georges-Arthur Goldschmidt, né en 1928, fuit le nazisme, en France ; il a traduit en français, Franz Kafka, Friedrich Nietzsche, Adalbert Stifter, Georg Büchner, Walter Benjamin et Peter Handke, lequel a traduit en allemand, Le miroir quotidien et La forêt interrompue (Le Seuil) de Georges-Arthur Goldschmidt. En 2000 paraît La Traversée des fleuves. En 2004, Prix France-Culture pour Le poing dans la bouche. Il écrit sur la langue de la psychanalyse (Quand Freud voit la mer, et Quand Freud attend le verbe) (Buchet-Chastel), sur le langage A l’insu de Babel (CNRS) et sur Kafka Celui qu’on attend habite juste à côté (Verdier) et L’Esprit de retour (Seuil).

Louise GRENIER: Changer de personnage? Des passions nécessaires à l’être
Dans la passion ou la transgression, dans les affres d’une perte ou du transfert, le Moi défaille, et parfois s’anéantit. C’est dans l’espace ouvert par cette rupture qu’adviennent des "fragments d’existence" jusque-là dérobés au sujet. Stefan Zweig, Virginia Woolf et Marcel Proust ont raconté les métamorphoses vécues par leurs personnages suite à des heurts violents avec le monde. Romain Gary et Réjean Ducharme ont construit leur œuvre sur fond d’absence et/ou d’inexistence. Certains de mes analysants, indifférents à leur survie, rêvent de devenir "quelqu’un d’autre" mais, quand ce désir se réalise, les voilà pris d’effroi ou d’extase en face de cet étranger que ne reflète aucun miroir. Comment l’analyste pourra-t-il témoigner de cette rencontre inédite, et quelle sera la fonction de sa parole et de son récit?

Louise Grenier est psychologue psychanalyste en bureau privé à Montréal, coordonnatrice du Groupe d’Études psychanalytiques interdisciplinaires (GEPI) à l’Université du Québec à Montréal (UQAM).
Publications
L’absence de la mère. Retrouver le lien perdu avec soi, Quebecor, Outremont, 2011.
Les violences de l'Autre. Faire parler les silences de son histoire, 2008, Montréal, Quebecor ; 2 e éd. en 2012.
"De l’écoute et de l’écriture: quel lieu pour l’analyste?", dans Clinique et écritures, sous la dir. de J.-F. Chiantaretto et H. Megherbi, L’Harmattan, les Cahiers de l’infantile, 2012, pp. 151-166.
"Les mots des autres. En quoi l'analyste a-t-il confiance?", dans Confiance et langage, sous la dir. de É. Allouch, J.-F. Chiantaretto, S. Harel et J.-P. Pinel, Paris, Éd. In Press, 2010, pp. 115-130.


Marie JEJCIC: Peut-on Ă©crire son autoportrait?
Peut-on écrire son autoportrait? Cette question saisit la problématique de l’écriture de soi de façon oblique en suggérant que le trait ne suffit pas pour faire de l’autoportrait, une écriture. En conséquence, la question se pose de cerner les conditions pour que de l’écriture advienne. Nous l'approfondirons à partir d’un cas de psychose maniacodépressive. Une jeune femme peintre a cessé de peindre en même temps qu’elle a interrompu son analyse. Or, dans une phase aiguë de dépression, travaillée par une question que l’analyste lui avait renvoyée, elle voulut écrire. Cela prit la forme d’une lettre. La lettre est restée inachevée. La jeune femme s’est pendue. Elle s’appelait Blandine Solange, sa lettre est publiée avec une postface de l’analyste. Nous interrogerons l’écart entre ce qu’elle voyait dans sa peinture et ce questionnement qui, sans doute parce qu’il la regardait, est resté vivace. Est-ce la condition de l’écriture?

Isabelle LASVERGNAS: L'ossuaire des mots
Partant de l’expérience de certaines cures marquées, non pas tant par le silence de l’analysant, que par une contrainte extrême du dire et une teneur très particulière du maniement des mots dues au fait que pour le patient le mot prononcé serait un surgissement de "la chose", sa réactivation terrifiante, on abordera la question de l’apparition du langage en tant que relié dans la psyché à une empreinte traumatique. Mais aussi en tant que part intrinsèque du refoulement dont les mots prononcés pendant la séance seraient les vestiges pétrifiés. On traitera dans cette communication de la qualité propre de l’instance langagière qui tient à sa fonction de résistance à un effacement définitif dont on peut trouver un équivalent sensitif dans certaines œuvres sculpturales. On pense ici à titre exemplaire à la dernière phase de l’œuvre du sculpteur Henry Moore. Et plus particulièrement à certains plâtres originaux qui, mieux que l’œuvre fondue en bronze, expriment à la fois l’effacement d’une forme matérielle antérieure et les résidus d’une sédimentation primaire. En quelque sorte, sur fond de disparition, les monuments mémoriels d’une écriture ossifiée.

Isabelle Lasvergnas est Professeur titulaire au Département de sociologie, à l’UQAM, Professeur externe au Département de psychologie de cette même université, et Professeur-chercheur associé à l’Unité de Recherche Psychogenèse et Psychopathologie à l’Université de Paris XIII. Elle est membre de la Société canadienne de psychanalyse et directrice de la Clinique psychanalytique de Montréal / Centre de consultation de la Société psychanalytique de Montréal. Ses recherches se situent dans une perspective interdisciplinaire, au carrefour d’une pratique clinique et d’une interrogation sur les mécanismes inconscients à l’œuvre dans les dynamiques sociales.
Publications
"L’interprétation selon Glenn Gould", Topique (2010).
La psychanalyse, à l’épreuve du malentendu. Questions de méthode, (avec J. André), Presses Universitaires de France, 2006.
Penser Freud avec Patrick Mahony, (avec L. Grenier), Liber, 2004.
Le vivant et la rationalité instrumentale, Liber, 2003.
Auteur de nombreux articles sociologiques et psychanalytiques, elle a publié notamment dans Les Cahiers de l’Herne, la Revue française de psychanalyse, Topique, Le Coq Héron, Filigrane.


Ghyslain LÉVY: Exilé dans l’exil de l’autre
A la question posĂ©e par l’entrecroisement de la clinique et de l’écriture autour des expĂ©riences des limites  et de leur transmission aux gĂ©nĂ©rations suivantes, je voudrais apporter mon tĂ©moignage de psychanalyste parisien, nĂ© en AlgĂ©rie. Il s’agira de tĂ©moigner Ă  partir de mon Ă©coute "orientĂ©e" pour ces sujets dont les paroles restent enfermĂ©es dans des exils qui ne leur appartiennent pas. Sujets nĂ©s en France et qui, depuis toujours, se trouvent incarcĂ©rĂ©s dans des exils et des nostalgies familiales dans le plus total insu. Pseudo-mĂ©moires imposĂ©es par la langue d’un exil empruntĂ©. IdentitĂ©s fabriquĂ©es sur les hantises de leur entourage, sur les fantĂ´mes de leurs ascendants, sur les ombres d’un passĂ© mĂ©lancoliquement installĂ© depuis leur naissance au cĹ“ur d’une langue qui les a nourri du lait de la nostalgie. Le livre de Boualem Sansal: Le village de l’allemand servira de contre-point littĂ©raire Ă  cette interrogation.

Ghyslain Lévy est psychanalyste à Paris, membre du Quatrième Groupe, et psychiatre.
Publications
L'esprit d'insoumission (dir. De l'ouvrage collectif), Campagne Première 2011.
L'ivresse du pire, Campagne Première, 2010.
Au-delà du Malaise, Erès, 2000.
L'invention psychanalytique du temps, L'Harmattan, 1996.
Eugène O'Neil ou l'inconvenance de vivre, Anthropos, 1994.
Kafka. Le corps dans la tête, Scarabée, 1983.
En rapport avec le propos
Boualem Sansal, Le village de l'allemand, Folio, 2008.
Edward SaĂŻd, RĂ©flexions sur l'exil, Actes Sud, 2008.
Jacques Derrida, Schibboleth, Galilée, 1986.


Catherine MATHA: Histoires de peau à l’adolescence: inscrire pour conjurer la perte
Une des tâches majeures de l’adolescence est de pouvoir entrer en possession de son histoire, "se construire un passé" comme l’énonce Piera Aulagnier. Cette mise en mémoire, grâce à laquelle un temps passé, et comme tel perdu, peut continuer à exister psychiquement, permet l’éprouvé d’un sentiment de continuité. Toutefois, ce travail s’inscrit au sein de remaniements narcissiques et objectaux essentiels, qui s’effectuent sur les traces mnésiques liées aux expériences douloureuses très anciennes, potentialisant ainsi les risques inhérents à la réactualisation d’angoisses majeures. Les conduites de marquage corporel, plus ou moins traumatiques (scarifications, tatouages), révèlent les empêchements à effectuer ce travail qui contraignent à recourir au corps comme surface d’inscription, de témoignage. Œuvre de mémoire, travail des limites aux limites, elles constituent une figuration pérenne et objectivable d’un changement, en même temps qu’elles conjurent les drames fantasmés de la perte. Quelque chose se passe, doit pouvoir s’inscrire et ne pas se perdre.

Catherine Matha est psychologue, psychanalyste et maître de conférences à l’université de Paris 13. Ses recherches s’orientent essentiellement vers la période de l’adolescence et des problématiques limites que celle-ci engage, notamment autour du langage du corps et de la fonction du masochisme dans l’économie psychique.
Publication
Blessures de l’adolescence,
en collaboration avec Fanny Dargent, PUF, 2011.

Anne ROCHE: "Affronter l’opacité": Le paradis entre les jambes de Nicole Caligaris (Editions Verticales, 2013)
En 1981, Nicole Caligaris fait partie d’un groupe d’étudiants qui compte également un Japonais, Issei Sagawa, et une Hollandaise, Renée Harteveldt. En juin, Sagawa tue Renée Harteveldt, dépèce son corps et le mange. Trente ans après, Nicole Caligaris retourne sur les lieux mémoriels du crime. Mais il ne s’agit ni de compréhension ni de compassion, encore moins de psychologie: "il s’agit de descendre", c’est-à-dire d’interroger, au plus près d’une vérité inacceptable, sa propre histoire de fille, de femme. Et, de cette interrogation, est sortie son écriture: "J’ai écrit pour contrarier la programmation de mon entrejambe. Possible que cette raison produise une littérature inintégrable. Elle est ma seule issue".

Silke SCHAUDER: Papa Hemingway ou l'Altérité tragique de l'œuvre
Cette communication propose de porter un éclairage sur les aléas de l’écriture de soi qui est à l’origine de la démarche artistique d’Ernest Hemingway (1899-1961). A l’instar de la "fuite dans la maladie", épinglée non sans malice par Freud, son écriture constitue-t-elle une fuite dans la sublimation qui offre une porte de secours, fût-elle provisoire, à des conflits psychiques irrésolus? L’écriture de soi constitue-t-elle la moins mauvaise solution à une problématique subjective qui plonge ses racines dans un infantile particulièrement traumatique? Afin de générer quelques éléments de réponse à ces questions, je proposerai une lecture de la nouvelle d’Ernest Hemingway, Le vieil homme et la mer (1952), qui nous offre une métaphore grandiose de l’acte créateur et de son urgence vitale face à la destructivité, tant interne qu’externe. Puis, je m’intéresserai à l’échec de la sublimation dans l’œuvre tardive de Hemingway. Qu’advient-il de l’écriture de soi si elle est mise à mal par de nouveaux traumatismes que l’artiste n’est plus en mesure d’élaborer à travers son œuvre? A quel insupportable son dernier projet, Le Jardin d’Eden, l’a-t-il confronté? A quel miroir brisé, quel raptus de l’altérité? Je formulerai quelques hypothèses permettant d’approcher la logique infernale des accès dépressifs lors desquels Hemingway, s’auto-plagiant, ne parvient plus à terminer ce projet de livre commencé en 1946. Véritable monstre textuel que l’écrivain a alimenté pendant quinze ans, écriture sans cesse recommencée d’un fantasme inavouable, mise en abîme autobiographique, ces quelque 2.000 pages, impubliables, ont abouti à une version tronquée, posthume, d’un Jardin d’Eden (1986) dont l’auteur s’est chassé, impitoyablement, le 2 juillet 1961.

Silke Schauder est professeur de Psychologie Clinique Ă  l’UniversitĂ© de Picardie Jules Verne. Après des Ă©tudes de Psychologie, d’Arts Plastiques, d’Art-thĂ©rapie et de Psychanalyse, elle a Ă©tĂ©, en 1998, MaĂ®tre de confĂ©rences Ă  l’Institut d’Enseignement Ă  Distance-UniversitĂ© Paris 8. Membre de la SFPE-AT depuis 1986, elle est co-responsable du DESU Art-thĂ©rapie Ă  l’IED-UniversitĂ© Paris 8. Ayant soutenu son HDR sur le thème "Traumatisme et crĂ©ation artistique", elle consacre ses recherches Ă  la dynamique de la crĂ©ation notamment chez Shakespeare, LĂ©onard de Vinci, Michel-Ange et Camille Claudel. Elle a publiĂ© une cinquantaine d’articles spĂ©cialisĂ©s en allemand et français, coordonnĂ© huit ouvrages collectifs et organisĂ© une douzaine de colloques, notamment deux Ă  Cerisy:  sur Camille Claudel en 2006 et, en collaboration avec Michel Itty, sur Rainer Maria Rilke en 2009.
Bibliographie
CHARYN, Jérôme (1999), Hemingway. Portrait de l’artiste en guerrier blessé, Découvertes Gallimard, Paris, 2011.
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Publications
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SCHAUDER, S. (2008d), "Figures cryptées du deuil. Singularités de la signature de Michel-Ange dans sa Pietà (1499)", Confrontations psychiatriques, 48, pp. 265-278.
SCHAUDER, S. (2008e), "Figures de l’inachèvement - Notes sur quelques sculptures de Michel-Ange et de Camille Claudel", Topique, n°102, pp. 173-190.
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Sitographie
http://www.timelesshemingway.com/


Isabelle SOMÉ: Quand le chaos règne au dehors comme au dedans, reste la force du témoignage autofictionnel
L’écrivain de langue allemande Ernst Weiss, contemporain de Freud, a mis au point un genre littéraire, l’autofiction autoanalytique, qui lui a permis de trouver un certain équilibre au sein d’un fonctionnement limite qu’il explore inlassablement. Mais Hitler arrive au pouvoir, Weiss doit s’exiler à nouveau, les frontières entre les chaos interne et externe s’estompent. Weiss réagit en écrivant une ultime autofiction, der Augenzeuge, dans laquelle pour la première fois le témoignage historique se mêle à l’autoanalyse fantasmatique. Que nous apprend cet étonnant texte hybride sur l’écriture autofictionnelle, son lien viscéral aux souffrances limites et son pouvoir, malgré tout, de survivance?

Bibliographie
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Avec le soutien
de l'Unité Transversale de Recherche Psychogenèse et Psychopathologie (UTRPP)
et de l'Université Paris 13


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