référence : http://listes.cru.fr/arc/mascarene/1995-09/msg00002.html
     Chronologie       
     Conversation       

treteaux et passions BOURASSA ANDRE G



Cepeau a deja ecrit qu'il tenait sa formule de Cervantes. Effectivement,
dans le prologue du _Theatre de 1615_ de Cervantes on lit:
"[...] je dis que je me souvenais d'avoir vu jouer le grand Lope de
Rueda, homme remarquable pour son metier d'acteur et son intelligence
[...]. Au temps de ce celebre Espagnol, tout le materiel d'un directeur
de troupe tenait dans un sac, et se composait a peu pres de quatre vestes
de peau blanches garnies de cuir dore, de quatre barbes, quatre perruques
et quatre batons de berger [...]. A cette epoque il n'y avait ni
machinerie, ni defis entre maures et chretiens a pied ou a cheval; pas de
personnage sortant ou paraissant sortir du centre de la terre par la
trappe du theatre. Celui-ci etait fait de quatre bancs mis en carre, avec
quatre ou sic plances posees dessus [...]. Encore moins voyait-on des
anges ou des ames descendre du ciel sur des nuages. Toute la decoration
du theatre consistait en une vieille couverture, formant ce que l'on
appelle les loges, derriere lesquelles etaient les musiciens, qui
chantaient sans guitare quelque _romance_ ancien" (cite par Robert
Marrast, _Cervantes_, Paris, L'Arche, "Les Grands Dramaturges", no 17,
1957, p. 16.
On aura reconnu la citation de Copeau deja donnee ("Quatre bancs...") et la
source probable de la formule "Un treteau, deux batons et deux passions"
attribuee a Copeau par Henri Gheon dans une conference prononcee au Vieux
Colombier en 1923. Gheon, qui a edite son texte au Quebec durant la guerre,
sans documents, se demandait alors si Copeau ne la tenait pas de Calderon.
Andre G. Bourassa

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End of QUEATRE Digest 87
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