référence : http://listes.cru.fr/arc/mascarene/1996-02/msg00034.html
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Redondance et limites des mots du corps Serge Ouaknine



REPONSE DE SERGE OUAKNINE A DAVID TROTT A LA QUESTION DE LA  REDONDANCE
CHEZ MOLIERE.

Cher David Trott, j'aime vos questions. CAR VOUS CHERCHEZ, ET AVEC QUELLE
PASSION, LES SECRETS  DE LA THEATRALITE. PERMETTEZ MOI DE VOUS DIRE EN TANT
QUE METTEUR EN SCENE ( ET NON EN TANT QU'HISTORIEN DU THEATRE QUE JE NE
SUIS PAS DU TOUT...) ce que la pratique des textes et leur mise en signes
m'a fait comprendre.
/J'ai volontairement coupe' les accents de mon texte puisque pour nombreux
d'entre nous ils generent du chaos.../

Les 3 hypotheses que vous soulevez, dans  votre derniere missive, a propos
de Moliere me paraissent justes, a savoir:
1) la redondance comme simple proced=E9 pour la construction du sens;
2) la redondance comme m=E9canisme declencheur du rire;
3) la redondance comme designateur de la theatralite.

Vos questions me font apparaitre un effet "d'insistance", chez Moliere, sur
l'usage du langage parle'. J'ai toujours ete etonne de constater combien
chez lui, une espece de gestuelle inscrite "dans" la phrase ( autre que la
danse nomminativement designee comme telle) -  pose une double equivoque:
celle de l'espace de la parole et celle du lieu meme d'ou parle les etres -
comme si les mots etaient depossedes de la legitimite de leur contexte et
de la temporalite et des lieux qu'ils designent ( le ou? le quand?, le qui,
le quoi des =E9locuteurs). Et de fait une rythmique interrogative s'installe=
,
certes, mais aussi un de'sir d'appropriation de l'espace par la parole,
(chez Shakespeare par difference cet espace est inclus dans la langue et
semble legitime et constituant de son imaginaire, mais c'est le temps
surtout qui y fait urgence). Donc dans la langue de Moliere , dans la
rythmique du texte, et les tensions physiques que le texte designe entre
les etres, par les procedes d'enonciation meme par lesquels is donnent  et
creent de la theatralite, Moliere fait du CORPS avec de la parole... par un
exces  de pre'cisions et de re'pe'titions - ce qui a priori apparait comme
"redondant".
En fait, par les procedes que vous avez tres justement releve's,  Moli=E8re
de'signe la parole elle meme comme outil, comme agent de la theatralite. Il
y a, de fait, une espece de doublage invisible des mots par du corps
invisible mais audible, du corps requis, interpelle' et donc manquant... a
l'appel ( nous retournons au d=E9bat d'il y a 15 jours sur rideau et mise en
abyme).

Moliere use d'insistance comme si la parole pouvait faire d=E9faut de sens,
il la surcharge  -   comme si sans cette insistance ( que vous d=E9signez
comme redondance) elle risquait de nous manquer, de faire d=E9faut. Mais de
quoi? De l=E9gitimite'. L'outil meme que le personnage utilise est de'signe'
comme transitoire, perissable, equivoque. Moliere se designe et se dessine
lui-meme comme equivoque dans l'espace de la Cour. Il le fait dire a ses
personnages. Il se dit et se depossede de son propre statut d'intrus. Il
gagne son approbation par le rire. Lui meme comme une parole musele'e dans
un corps se defandant de ne pas pouvoir faire usage du corps. Comme s'il
doutait du sens constitue et de la possibilite meme de faire du sens avec
des mots.  ( Il y aurait du "Ionesco" avant la lettre chez Moliere...).

La redondance est ainsi, comme un effet de vertige ( c'est la parole qui
s'agite et fait vertige), a deux pas de la mise en abyme, parce qu'elle
montre le procede' d'=E9nonciation, et de theatralite' en marche. Elle decri=
t
(des cris...) la designation meme de la theatralite comme objet de la
langue, comme mise en doute du statut de la parole, comme equivoque rendue
manifeste de la relation de distortion et de "fourberie" dont semblent
possede's les etres..

La redondance est donc une objectivation des procedes narratifs. Moliere,
de cette facon force la langue a quitter la ligne lineaire du temps, celle
de l'avant et de l'apres. D'ou les questions de lieux et de sujet
enonciateur en tant que moteur de la theatralit=E9, en tout debut de scene
des Fourberies de Scapin ( dans Scapin il  y a "escapade",  fuite,
echappe'e, celui qui nous fuit et ne ne se possede pas lui-meme, il y a
aussi "escarpin" d=E9riv=E9e de l'italien "scarpa", chaussure legere e encor=
e,
). Je suis convaincu intimement que tous les personnages de Moliere sont
des de-possedes (sauf les amoureux..), des etre lunaires en fuite du sens
et de sujet dans un  monde solaire ( le Roi Soleil ). Les personnages de
Moliere contournent tous ou presque la clarte' du sens que le siecle
voudrait bien leurs imposer, ils sont redondant car en se repetant ils
constatent aussi les limites de leur cage dore'e. Aussi, toute parole est
empese'e de l'omnipresence, occulte du pouvoir des mots, dont la
legitimite' est de droit divin - comme celle de la royaute.

=46uire par une gestualisation de la langue, c'est aussi avouer que Versaill=
e
est un Huis-clos. Le theatre est ainsi un double redondant, carceral, a
l'etat de la parole et de l'impossibilite d'en sortir. Mais a cette coupe
"sociologique" il faut lire aussi une defecton ( une fecalite) de la
langue. La langue fait des gestes obscene...comme les Italiens que Moliere
observait en meme temps que ses contemporains. Ce qui es fourbe ce n'est
pas Scapin seulement c'est la sexualite de la ...farce. Le parler de la
Cour face au parler du peuple, la fourberie gestuelle de Scapin fait
vaga-bondage...
Et tout cela fait rire , car il y surplus de sens, surcharge de corps et
donc mise en abyme du mot. Effet de vertige par redondance. Effet de
trop-plein par constat du VIDE. Le geste a une tangibilit=E9 sc=E9nique, une
irreductibilit=E9 que la parole est en train de perdre... Il y a ( deja )
crise du sens et malaise dans la civilisation. Ce qui atteindra au
tragi-comique dans le Malade imaginaire, dans le Misanthrope pour finir
tragiquement en fin de solde avec Don Juan ou la c'est le Commandeur, la
statue de pierre qui fait corps, collusion du corps a la langue et premiere
fenetre ouverte vers l'idee d'une celeste transcendance... .

Mais pour revenir a Scapin. Ces effets de langage me semblent =EAtre des
GESTES. Je m'explique. Si le mot se suffisait a lui-meme il serait phatique
/ plat  et non, emphatique /de'mesure'/ extra quotiden. Ors nous savons
que les Italiens ( encore eux...) exercaient dans Paris une forte
concurrence. Ils etaient les "bougeurs" et les Francais les "parleurs, avec
toutes les conventions et interdits, stupides pour nous vues d'aujourd'hui,
mais politiquement signifiantes pour l'epoque.

Pourquoi? C'est que parler nous oblige a nous nommer, a nous devoiler face
a un pouvoir qui distribue les titres, les rentes et ...les lettres de
cachets. Qui paye  et assure le pouvoir de la parole pratique aussi la
censure. Il n'y que deux pouvoirs reels: l'Eglise et le Roi. La Fronde
cherche le sien ( la Noblese...nous y reviendrons...). Bourgeoisie et
paysannerie ne font que de pales redondances face a la noblesse ( ils font
des gestes et ils parlent autrement cette Leur parole , celle qui tient le
OU, le QUI, le COMMENT et le QUAND).  Tout pour que fourberie soit la
revanche des non-ayant droit... Sur scene, faire geste, c'est se rendre
risible de sa condition de NEANT (Scapin est un valet..). Et donc il y a
redondance entre corps et parole.
Desir symbolique de reparation et impuissance face de toute tentative de
revolte. Rire c'est rire avec ceux et DE ceux qui ne peuvent pas triompher,
mais c'est aussi rire de ses semblables. Donc bouger est subversif. Bouger
fait SENS !!! Parce que l'etiquette des bons mots et beaux gestes est sous
le controle du pouvoir. La redondance est donc une tentation symbolique de
faire font NON-SENS. De renverser la situation. Et Dieu sait si le theatre
de Moliere en fourmille...  Donc Moliere utilise le "non-sens" des mots
pour leur faire avouer des "gestes" qui prennent corps... et nous prennent
AU corps. Le corps de la lettre est sous-controle   ( faut-il reouvrir le
debat non innocent sur le corps de Mitterrand ( hum!).. soyons serieux, la
=46rance est encore feodale..de la meme feodalite que celle dont souffrait
Moliere.

Pour Moliere, les Italiens sont des bougeurs, des farceurs, des
bonimenteurs, des etres libres. Le geste fait espace. Prendre de l'espace
c'est deja une FRONDE... C'est du David gestuel et agile contre un Goliath
monocorde, monolithique et monarchiste... La forte fascination sur le
public parisien des Italiens ne laisse pas notre Moliere frondeur
insensible. A cause  de quoi? La forte redondance justement du geste et de
la parole dans le parler populaire italien. Faute de pouvoir etre EUX, il
donne a la langue francaise, son espace, ses tournures phonetiques, une
force de geste analogue, une fragmentation de la continuite pour un
denouement "heureux. Car eux, les solaires populaires du sud, ont droit
"naturellement" au mouvement du sens. Au renversement de situation, au
double codage des signes, a l'inversion des sens et des signes  parle's et
defaits, font face les mots  mis en bouche, en truculance, ( le cache' et
le visible, la bastonnade aussi); tout reconstruit la trivialit=E9 farceuse
du geste.


Le verbe de Moliere est une constante carnavalisation des conventions. Cet
aspect festif, agite', n'est pas fortuit et le Roi s'y amusait bien. Il le
pouvait. La redondance n'est pas seulement theatralite elle est victoire
reve'e du dormeur ne pouvant pas acceder a la liberte non fuyante du
reveur.
La cadence du vewrbe de Moliere nous laisse le parfum d'une profonde
nostalgie de la fronde solaire du geste italien. Meme et surtout si nous
sourions. Si nous riions

Nous vivons au XXiem siecle,  une re'volution tout aussi analogue. Depuis
Eisenstein, Meyerhold, Brecht, Le Living, Grotowski, Mnouchkine, Peter
Brook, etc etc sans parler des Claudel et des Artaud...de beaucoup de nos
contemporains... La codification du discours scenique passe par une
tentation d'un discours du corps. Le corpsl est le voile de notre
imaginaire. La calligraphie physique d'un mouvement de pense'e. En faire
"usage", le codifier, c'est echapper a la mise en abyme du sens ponetique
pour constituer une tangibilite' signifiante et palpable qui fasse front au
pouvoir de lecriture, au pouvoir qui  passe  par les mots. Un corps au-dela
du realisme, et non accule a la mimesis  du re'el par le langage parle'.

C'est qu'en Orient, le corps ne fait collusion au parler du personnage. Il
lui est independant. Il y a un discours autonome du corps dan sle theatre
oriental, comme dans la Commedia dellArte meme s'il y a parole... Le corps
en Orient a une grammaire que l'Occident n'a pas ( sauf chez les Italiens
que vous savez) ( bis). Qu'est-ce que tout cela vient faire avec la
redondance? Mais elle est au coeur du sujet de la theatralite. Car les mots
se sont separes des choses  en Occident (je laisse ce debat pour une autre
fois...). Cela  signifie que si Moliere avait connu l'Opera  de Pekin, le
No, le Kathakali etc , il se serait converti a ces calligraphies du corps
qui autorisent une voix chant=E9e dans le mouvement, un rythme, un dire non
connote a la linearite et phonetisee de l'ecrit. LA calligraphie
orienta;llest un geste et son theatre lui resemble. Il porte une
ponctuation separe'e du signifie' realiste des mots. Une cosmogonie toute
entiere se dit par le corps en Orient. comme une satyre entiers'exerce chex
ls Italiens, en Occidewnt. Mais Moliere est dans une societe ou le mot est
conditionne' a une mise aux arrets du corps. Litteralement. En Orient comme
en Italie, la parole est l'un seulement des paradigmes du discours
scenique... Vous me suivez? Mais a Paris, l'Orient des theatres n'est pas
encore commence' pour Moliere, il n'a acces qu'aux Italiens qui parlent
avec les mains ( comme dans toute la m=E9diterrann=E9e). Mais si la gestuell=
e
semble cod=E9e ( et elle l'est, malgre la grande marge de liberte' que
donnent les lazzis ) comme de la parole elle  procede de la globalite' de
l'espace et non de la simple linearite d'un sens et d'une temporalite'
phone'tise'e dans de l'ecrit'.. Moli=E8re constate chez les Italiens, avec
juste raison, qu'il y a une "grammaire" autre du corps et donc une autre
grammaire possible des agencements de l'espace et du temps par la langue
qui ...passe du plat de la page au volume  de la scene... Le geste est une
page en soi. Un espace libre et autonome non fige' dans la parole

Sans doute efficace, sans doute s=E9duisante, la marque des Italiens sur
Moliere l'accule ( il en tombe surle cul comme ses personnages de farce)
car dans sa societe', il ne peut deconstruire les mots ( il faudra attendre
quelques siecles) ni faire des gestes ( saul derriere le voile) ainsi
dansses mots il vient renforcer l'llusion qu'il fait des des gestes, pour
faire tomber les mots. D'ou le comique de repetition des GESTES d'UNE PART
ET DES MOTS D'MAUTRE PART.
Cette insistance =E0 dire et redire, chez Moliere, n'est pas seulement un
simple procede'  de comique (verbal ou gestuel) cela exprime, selon moi,
son sentiment de d=E9nuement devant la force de conviction de ses g=E9niaux
concurents.  Si bien que Moliere finira par les "imiter". Cette amplitude
italienne, cette d=E9mesure certes est essentielement th=E9=E2trale, elle ne=
fait
pas redondance aux proc=E9d=E9s du Francais, chez qui ( on le constate dans =
la
danse de cours) les racines populaires - c'est =E0 dire paysannes - sont
refoul=E9es (au mieux ridiculisees) chez les nobles. La bourr=E9e,l'allemand=
e,
la courante perdent =E0 la Cours leurs vertues "grossieres". Elles   perdent
leur impulsive gestualit=E9 pour devenir des menuets et des orientalismes
desuets (le fameux mamamouchi de Monsieur Jourdin suivi d'une turquerie
dans=E9e...).
Donc Moli=E8re, et c'est l=E0 l'un des traits de son g=E9nie, utilise les mo=
ts,
les r=E9p=E9titions, les redondances  pour creer un effet de danse (la
"redondanse"..?) par la langue, un effet d'espace, une gestualit=E9, bref, d=
u
mouvement liberateur. Un souffle salvateur. Que cela soit informatif,
comique et th=E9=E2tral, quoi de plus juste ?

Un des principes fondamentaux du th=E9atre est celui  de la demesure.
Pourquoi, c'est qu'elle destabilise les formes et sens aux arrets.
Redondance et demesure sont les cousines de la mise en abyme, les petites
soeurs fofolles d'un Moliere endimanche' ( Souvenez-vous de cette scene
formidable du film d'Ariane Mnouchkine,  du tout jeune Jean-Baptiste devant
son pere et de l'impossible discours direct.)

A cette reflexion deja trop longue je ne peux m'empecher de vous confier ce
qui me travaille depuis des annees, chaque fois que  j'experimente un
Moliere dans mes classes dejeu : les textes de Moli=E8re devraient =EAtre
begayes ( par morceaux...). Essayez donc. Vous en mourrez de rire et de
clart=E9! Et vous en danserez sur place en voyant le texte agir sur votre
corps!

Le begayement est un defaut d'adaptation de la langue a la conformite'
publique, c'est le caractere articul=E9 et lin=E9aire qui trebuche. Les gest=
es,
les farces, des redondances de Moliere sont des b=E9gayements de l'etre
rendus audibles, =E9lev=E9s =E0 l'=E9tat d'universalit=E9, car nous sommes=
tous, avec
la modernit=E9 en etat de faille et de blessure ouverte avec le reel. Nous
begayons avec le sens, avec l'essence, avec la desacralite' de l'existence.
La matiere ne cesse de nous =E9chapper. Elle  est fourbe, chaotique,
hasardeuse, indeterminee... une escapade de certitude...

Moli=E8re donne =E0 sa langue des tr=E9buchements, des reprises des r=E9it=
=E9rations
du geste et du mot, car c'est pr=E9cis=E9ment le sujet qui se d=E9robe et=
dont le
statut begaye avec son environnement.  Il n'a pas =E9crit des com=E9dies de
caract=E8re comme nous l'avons sagement appris =E0 l'ecole, il a fait begaye=
r
le re'el, pour concurrencer ( le pain oblige) la faconde italienne - qui ne
fera sa revolution nationale qu' avec Garibaldi, seulement au XIX i=E8me.
Pour la France enversaille'e, il n'est point de bon fran=E7ais hors de Paris=
..
Le reste n'est pas et ne peut que begayer devant son manque a etre et a
avoir.

Qui n'est pas Parisien n'est que b=E9otien, plebe parcourue de "patois ",
provincial,  m=E9prisable... Le paysan tr=E9buche et sa langue fourche devan=
t
son maitre ( meme Sganarelle complice de Don Juan...trrrremmmble et
...beeeegggayyye), alors que toute l'Italie semblait tenir une gestuelle et
un parler local, une collusion du geste et de la parole plante'e dans le
terroir et l'ironie. Grincante est meta-theatrale est lItalie, dans une
theatralite' qui melange la demesure et le reel, et pour qui, le theatre
semble non pas remplacer mais prolonger la vie.

Goldoni vous le savez essaiera de recuperer cette faconde de la Comedia
dans le parler deja embourgeoise' de Venise ( et cela fit scandale pour les
tenants du geste). Moliere, et vous avez  bien raison de l'interroger
essaie de demeurer dans la convention de la centralite' de la parole en
essayant de lui faire avouer autre chose dont il brule d'envie: la force
anarchisante du geste, l'universalit=E9 politique de l'expressivit=E9 du cor=
ps,
un hors scene du dire, un hors cadre du corps ( il  y aurait une these ou
un montage dramatique a faire de tous les a parte' chez Moliere) .

Moliere a amplement reussi son pari puisqu'il nous visite encore. Et nous,
les contemporains d'Hiroshima, d'Auschwitz, de la Bosnie et du Rwanda  nous
cherchons une place nette sur l'Internet, des  appels au reel qui ne
balbutient pas. Nous demandons a l'Orient ce que Moliere entendit de
l'Italie; mais ce qui fait d=E9faut c'est une parole tangible qui ne trahiss=
e
pas le corps . Une parole qui enfin ferait pas redondance du sens par du
non-sens, qui ne ferait pas occlusion de l'invisible.

Bien =E0 vous.


Il se peut que nombreuses fautes traversent mon texte.., mais deja mes
mains se crispent sur mon clavier.

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End of QUEATRE Digest 178
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