référence : http://listes.cru.fr/arc/mascarene/1996-02/msg00059.html
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Re : Spielmann/Allographie DR ROGER D BENSKY



L'avantage des chemins caillouteux, pour reprendre le terme image de
mon collegue, c'est de ne pas faciliter le sillon unique, puisque le
pied de l'un ne rencontre pas les memes cailloux que le pied de
l'autre. D'ailleurs, c'est une analogie tres appropriee pour le debat
multi-thematique que nous sommes plusieurs a mener en ce moment sur
Queatre.  Cependant, en ce qui  concerne la derniere intervention de
Guy Spielmann sur allographie et autographie, j'ai envie de citer
Jean-Francois LYOTARD, qui, dans Le Postmoderne Explique Aux Enfants
( Galilee,1988, p.104 ), nous dit que : " Toute la force de la
critique s'exerce sur la ligne de partage entre les genres ".  Le
rapport ? Eh bien, j'ai le sentiment, a tort ou a raison, que nous
parlons de deux genres differents, que designent clairement les deux
termes en jeu, et qu'aucune " verite " valable pour le premier genre
( mettons, les textes de theatre qui ne sont pas fixes sous forme
allographique ) ne serait valable pour le second ( les textes qui
jouissent d'une stabilite textuelle preexistant a la mise en
spectacle ).  Ou bien, pour etre plus rigoureux encore, qu'aucune
verite  globale ne pourrait elaborer une loi unique en ce qui
concerne la marge de liberte et de divergence entre stabilite
preexistante  et virtualite d'inconnu semantique lors de  l'execution
devant un public vivant.
Par ailleurs, ce prefixe " allo ", signifiant " autre ", fait rever
: graphie autre; graphie de l'AUTRE. Vous y etes ?  Notre ami
Mesguich ne dit pas autre chose lorsqu'il fait comprendre a ses
comediens------et aussi a  des publics qui, tout en subissant le
charme, sont desorientes----- que le texte classique, mettons Racine
ou Marivaux, est une langue d'alterite absolue, qui decentre
l'affectivite de l'acteur et le contraint a la decentrer, a
l'exploser elle, a son tour.
A d'autres pistes de cailloux.....

Tres cordialement

Roger-Daniel Bensky


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