référence : http://listes.cru.fr/arc/mascarene/1996-07/msg00005.html
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Antigone (Anouilh) BOURASSA ANDRE G



Question d'une nouvelle membre de Queatre sur la vision du tragique chez
Anouilh.
Andre G. Bourassa

---------- Forwarded message ----------
From: Candace D. Lang <langcdl@emory.edu>

J'ai une etudiante qui travaille en ce moment sur l'Antigone d'Anouilh,
et on parlait l'autre jour du passage ou le Choeur dit:

"Et voila.  Maintenant le ressort est bande.  Cela n'a plus qu'a se
derouler tout seul.  C'est cela qui est commode dans la tragedie, on
donne un petit coup de pouce pour que cela demarre....
C'est propre, la tragedie.  C'est reposant, c'est sur...Dans le
drame, avec ces traitres, avec ces mechants acharnes, cette innocence
persecutee, ces vengeurs, ces terre-neuve, ces lueurs d'espoir, cela
devient epouvantable de mourir, comme un accident.  On aurait peut-etre
pu se sauver, le bon jeune homme aurait peut-etre pu arriver a temps avec
les gendarmes.  Dans la tragedie on est tranquille.  D'abord, on est
entre soi.  On est tous innocents en somme!  Ce n'est pas parce qu'il y
en a un qui tue et l'autre qui est tue.  C'est une question de
distribution.  Et puis, surtout, c'est reposant, la tragedie, parce
qu'on sait qu'il n'y a plus d'espoir, le sale espoir; qu'on est pris,
qu'on est enfin pris comme un rat, avec tout le ciel sur son dos, et
qu'on n'a plus qu'a crier,--pas a gemir, non, pas a se plaindre...."

Alors que moi, je vois de l'ironie dans ce passage (la tragedie
'propre' vs. le 'sale' espoir), il parait que les critiques qu'a lus mon
etudiante le prennent litteralement comme une louange de la tragedie et
une critique du drame.  Je ne connais pas la critique de cette piece,
mais j'ai du mal a croire que je suis la seule a y voir de l'ironie.
J'aimerais savoir vos reactions et/ou suggestions pour d'autres critiques.

Merci a l'avance,
Candace Lang


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