référence : http://listes.cru.fr/arc/mascarene/1997-04/msg00001.html
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cyberspace Jan Clarke Christiane P. Makward



Amicaux collegues

Quelqu'un/e connait-il (elle) Jan Clarke?  En ce cas veuillez lui convoyer
mes remarques.

Je viens de recevoir un compte rendu (ni dithyrambique ni severe, disons
"de bon aloi") de _Plays by French and Francophone Women, A Critical
Anthology_, ouvrage que j'ai concu en 1975 et realise avec Judith G.
Miller, (Univ. de Wisconsin, Madison), ouvrage qui FUT  publie en 1994 par
les  presses de l'Universite de Michigan au bout de 5 annees de prudence.

Quelque 3 ans apres sa publication donc mais 20 ans apres sa conception,
circonstances que ne peut pas envisager Jan Clarke, le compte rendu signale
que nous aurions pu/du inclure Fatima Gallaire (dramaturge
franco-algerienne en vue aujourd'hui mais dont le premier texte date de
1987).  D'accord ... mais ca coince un peu, chronologiquement, par rapport
a NOTRE projet. Fatima Gallaire n'etait pas remarquee dans les annees '80,
meme si elle l'est quelque peu aujourd'hui (voir le Dictionnaire litteraire
des femmes de langue francaise, De Marie de France a Marie NDiaye
(Khartala, dec. 1996, ISBN 2-86537-676-1)

Ensuite, et c'est le plus important, Jan Clarke regrette que nous n'ayons
pas inclus ou represente Marguerite Duras, Marguerite Yourcenar et Nathalie
Sarraute.  Je cite le compte rendu:  ""women who do not share the editors'
preoccupations have no place here)..."

Et bien, pour l'instruction generale des amis de Queatre et des
universitaires qui essayent de faire des livres, et pour celle de ceux qui
en rendent compte ... Judith Miller et moi, nous avions lu tout le theatre
et choisi des pieces des trois dames en question. Mais ces dames etaient
... d'une certaine generation, goncourable, academicable, et
gallimardienne... Bref, nos pourparlers avec ces dames et leurs
representants ont echoue.  Dans le cas de Yourcenar, et de son vivant
pre-academique,  ce fut un refus simple et net par editeur interpose.  Dans
le cas de Sarraute, ce fut un refus de vive voix par telephone:  "Je
m'oppose absolument a etre representee dans un ouvrage qui traite de
femmes". 

Quant a "la Duras", paix a son ame!, ce fut une tergiversation de cinq
annees par agents litteraires interposes qui nous a menees (fourvoyees,
devrais-je dire), Judith Miller et moi 1/ a revoir et corriger une
traduction anglaise de L'Eden-Cinema, 2/ a traduire _Agatha_, et 3/ a
traduire _La Musica 2eme_ ... pour, EN FIN DE COMPTE, nous voir refuser les
droits pour ces trois pieces.  Autrement dit, Madame Duras, paix a son ame,
etant passee d'un certain feminisme qui l'a enormement servie dans les
annees 70 (Les Parleuses) et 80 (le Goncourt) etait devenue, par agents
interposes, plus ou moins allergique aux perspectives gynocentriques. 
Notre editeur ... tenant enormement a avoir une piece de la Duras... a
"patiente" pendant cinq ans ... et nous lui rendons hommage d'avoir honore
le contrat, en fin de compte... Tout cela, inutile de dire, n'a pas
accelere nos carrieres! A tous ceux et toutes celles qui comptent sur un
livre imprime pour une promotion.... je souhaite donc bonne chance.  

Personnellement, j'aurais souhaite que l'introduction explique ces lacunes
evidentes... mais c'etait trop "negatif". 

Il m'a semble que cette petite histoire -- en reponse aux reserves
legitimes (apparemment) de l'auteur du compte rendu de _New Theatre
Quarterly_, 12:48), Jan Clarke, cette petite histoire dis-je, serait d'un
interet certain pour les jeunes auteurs, les erudits universitaires et les
pauvres amoureux du theatre de langue francaise qui esssayent de le faire
passer Outre-Atlantique. 

Vivent les Franco-Femmes!

Christiane P. Makward
Professor of French & Women's Studies
Pennsylvania  State University

cjm9@psu.edu