référence : http://listes.cru.fr/arc/mascarene/1997-10/msg00064.html
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Appel de Communications Jean-Claude Vuillemin



Fifteen Annual International Colloquium in Twentieth-Century French and
Francophone Studies
 University of Massachusetts (March 26-28, 1998) Deadline: December 1, 1997

> Théâtre et signification: textes, espaces, jeu
    Consacrée à la problématisation théorique du désir d'autonomie
sémiotique qui sous-tend la rivalité de ces trois composantes essentielles
de la dramaturgie contemporaine: le texte, l'espace et le jeu, cette
session ne saurait se limiter au texte dramatique mais, au contraire,
accordera une large place au texte spectaculaire, "il testo spettacolare"
(Ruffini), "lo spettacolo come testo" (De Marinis).
         Plus ou moins contemporaine de l'avènement du metteur en scène,
cet "artiste du théâtre" (Craig), la réflexion théorique --notamment
sémiotique-- a pris en compte la représentation comme lieu même de la
signification et, ce faisant, a rendu obsolète le postulat qui vouait
celle-ci à n'être qu'une simple inscription du texte dans une réalité
scénique relevant la tradition et/ou de la mimesis. Cependant, même s'il
est avéré que toute mise en scène relève d'une mise en signes (Veltrusky,
Kowzan), le texte spectaculaire ne saurait, pour autant, être appréhendé
comme un assemblage statique dont les composantes collaboreraient dans un
projet sémique ¦cuménique. En effet, si à travers le règne des metteurs en
scène (Meyerhold, Piscator, le Cartel et Copeau...) le texte spectaculaire
a gagné une large autonomie, celle-ci se trouve aujourd'hui problématisée
par une revendication émancipatrice de chacune des composantes du texte
spectaculaire: texte, espace, jeu. Désir d'émancipation qui,
indubitablement, implique une "activation du spectateur" (Dort), et suggère
que l'une des tâches --et non la moindre-- du texte spectaculaire n'est pas
de "concrétiser" (Ingarden) par transcodage un système linguistique ou,
encore, d'organiser un spectacle mais, dans une dérive permanente des
signes qui le composent, d'être une critique en acte de la signification
et, n'en déplaise à Rousseau et à Debord, de la nécessité impérative de la
distance et de la coupure. Plutôt que de s'abandonner à l'illusion de ce
qui lui est présenté sur scène, le spectateur/spectatrice est ainsi
convié(e) à considérer le processus sémiologique et à réfléchir sur les
modalités génératrices de signification. Le jeu retrouve de la sorte tout
son pouvoir; l'instance spectatrice, récusant tout pacte de fascination au
profit de la (re)connaissance de l'acte de production, regagne toute son
activité créatrice dans l'élaboration d'un sens qui est "un effet d'écho"
(Debray) et, pourrions nous dire, l'écho un effet d'abyme.

> For further information contact:
Jean-Claude Vuillemin
Department of French
S-325 Burrowes Building
The Pennsylvania State University
University Park, PA  16803
 e.mail: jcv1@psu.edu