référence : http://listes.cru.fr/arc/mascarene/1997-11/msg00058.html
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Re: Theatre radical, annees 30, France et Espagne BOURASSA ANDRE G



Bonjour!
La question originale portait sur le theatre "radical" des annees trente,
France/Espagne, avec specification du Front Populaire. Il ne faudrait donc
pas ratisser trop large et integrer toute forme de politisation ou 
d'action "populaire", tous azimuts: cela finirait par ne plus avoir de
signification. Reste a savoir quel est le meilleur terme francais pour le
"radical" employe en anglais dans ce contexte. Qui dit mieux?
Amities, Andre G. Bourassa.

On Wed, 26 Nov 1997, Sophie Rostain wrote:

> Bonjour,
> 
> Ah, voilà l'éternel débat qui ressurgit : le Cartel à droite! Forte
> dépolitisation... Je ne suis pas certaine de partager avec vous, cher
> Serge, la notion de "politisation". Je vous proposerais volontiers d'en
> débattre, plus tard, pourquoi pas ? Ce qui est néanmoins certain c'est
> le rôle politique au sens de "place dans la Cité", quoi qu'on en
> veuille, des membres du Cartel. [Cf les différents appels et manifeste
> de Copeau, de son Ecole, de Dullin et son Atelier-Ecole.] 
> Tiens... J'y pense, pourquoi ne pas entamer ce débat dans queatre ? Que
> veut dire le mot politique dans le théatre ? Pour ma part, je défendrai
> fermement le rôle "politique" d'un Jean-Louis Barrault, d'un Gémier
> etc... Pour "après"-68 etc...- je me garderais d'en parler, 1/ je
> n'étais pas née ; 2/ je suis un peu énervée...
> Quelque chose me gêne en fait : de cette définition de "théâtre radical"
> à partir de laquelle nous étions partis,  nous avons glissé à "théâtre à
> gauche" [via le groupe OCTOBRE cité par moi, je vous l'accorde]... Comme
> si Copeau -trop janséniste ? trop suspect de religiosité?- n'était pas
> de la partie ? J'aimerais qu'on m'explique en quoi Copeau était de
> droite, est-ce parce qu'il a accepté d'entre dans la Grande Maison en
> 1940 ???? 
> amitiés et à bientot
> 
> sophie rostain
> 
> 
> serge proust wrote:
> >> Je ne suis pas vraiment sûr qu'on puisse parler de conscience politique
> > dans le cas des membres du cartel et de Copeau. En tout cas, alors que
> > le groupe Octbre s'inscrit dans un courant communisant et libertaire
> > (anticlérical notamment) qui disparaît aussi parce qu'il est en
> > désaccord avec la ligne du front populaire du parti commmuniste, les
> > metteurs en scène du Cartel se situent plutôt dans une forte
> > dépolitisation, voire dans des positions de droite.
> > --
> > serge_proust@lyc-42.ac-lyon.fr
>  
> > Sophie Rostain wrote:
> > >
> > > Bonjour,
> > > Fragment de réponse pour le côté français.
> > > Le dictionnaire du théatre de Michel CORVIN indique le groupe OCTOBRE actif
> > > particulièrement de 1933 à 1936.
> > > Pierre et Jacques PRÉVERT y furent bien sur particulièrement actifs. J.-L.
> > > BARRAULT prit un temps part à leur fièvreuses discussions. Pour l'essentiel,
> > > le groupe produisit des sketches, dans l'esprit grinçant, mordant,
> > > humoristique propre au fut scénariste, dont le plus fameux est LA BATAILLE DE
> > > FONTENOY (1933) = la Première Guerre mondiale y est présentée comme un jeu
> > > offert à des spectateurs ; les jeunes y sont sacrifiés au nom d'idéeaux
> > > hypocrites ; les spectateurs y exigeant du sang. "Le groupe eut le soutien de
> > > la Fédération du théâtre ouvrier de France, organisation qui sélectionna le
> > > groupe Octobre pour les Olympiades du théâtre ouvrier de Moscou en 1933, où
> > > il remporta le premier prix." Les activités de plus en plus nombreuses de
> > > Jacques Prévert comme scénariste de cinéma, ajouté à des querelles internes
> > > firent que le groupe éclata au moment même où le Front Populaire accèdait au
> > > pouvoir en France. Le travail du groupe Octobre se retrouve plus sur la
> > > pellicule : "Sous les yeux d'Occident", "Le Crime de Mr Lange", "La Belle
> > > Equipe", etc...
> > > Il faut donc aller chercher ailleurs, et avant, les traces de ce théâtre que
> > > l'étudiant américain nomme "radical". En désordre : Les Copiaus emmenés en
> > > 1924 par Jacques Copeau (voir Le Journal de bord des Copiaus - éd. Seghers
> > > 1974 -épuisé) ; le Théâtre de Maurice Pottecher à Bussang ; le Théatre
> > > national populaire, premier manifeste de Firmin Gémier en 1911 etc... En
> > > fait, la conscience politique des régisseurs que l'on n'appelait pas encore
> > > metteurs en scène est né bien avant 1936. 1897, André Antoine, puis Copeau,
> > > puis 1924 Le Cartel. Pour m'être un peu penchée sur cette période, j'ignore
> > > s'il y eut jamais de vrai théâtre professionnel politique, com:me en
> > > Allemagne. Bien sûr, la conscience politique d'un Barrault, d'un Baty dans la
> > > première partie de sa carrière ne peut être mise en doute, mais de mouvement,
> > > semble-t-il point. Trait spécifiquement français qui répugne aux
> > > regroupements ???
> > > Mais je peux me tromper et serais alors heureuse de voir mes connaissances
> > > élargies.
> > > amitiés
>