référence : http://listes.cru.fr/arc/mascarene/1998-01/msg00040.html
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Re: Oralite et ecriture TANGUY TEXIER



>         Voila, si il y en a parmi vous que ces questions interessent et/ou
> qui travaillent sur ces sujets, je vous serais reconnaissants de
> m'eclairer, autant par vos commentaires que par des renvois a des ouvrages
> traitant de ces questions portant sur l'ecriture de l'oralite et son statut
> litteraire.
> 
>         Au plaisir!
> 
> Claude Champagne

L'oralité dans le théâtre français s'exprime de différentes manières. 
Certains comme Céline continue à jouer sur le côté langue populaire, 
quitte à caricaturer la langue (Xavier Durringer), d'autres ont choisi 
une oralité qui leur est propre (Novarina, D-G Gabily...) pour justement 
rendre compte d'une oralité aujourd'hui sans caricature, sans 
folklorisme parce qu'on sait où mène le folklorisme et l'écriture de 
Céline par rapport à son parcours et à ses choix en sont un bel exemple.
Un écriture comme celle de Novarina, est exemplaire quant à une 
recherche de langue. Il est très difficile de lire Novarina, il faut 
parler ce qu'il écrit. Le sens, si on peut parler de sens comme la 
littérature l'entend, ne se dégage que du son et de la complexité de la 
construction.
Chez Didier-Georges Gabily, l'écriture paraît plus abordable que chez 
Novarina. Plus ouverte à une compréhension. Son oralité est un peu la 
revalorisation de certain principe du théâtre grec (pythie, Cassandre, 
choeur...) ce qui permet par l'écoute d'entendre autre chose que le sens 
des mots - ce en quoi il rejoint à mon avis Novarina.

Tanguy Texier
(karine.texier@hol.fr)