référence : http://listes.cru.fr/arc/mascarene/1998-01/msg00049.html
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Re: Re : Renee Legris et oralite Shawn Huffman



On Wed, 28 Jan 1998, Claude Champagne wrote:

> 
>         Pardonnez mon insuffisance à lire entre les lignes, mais je
> n'arrive pas à déterminer avec certitude le sens de votre message...  Votre
> «merci» me réconforte, mais votre commentaire sur la façon qu'ont beaucoup
> de membres du queatre d'écrire sans accents (manière de se rendre lisible
> pour le plus grand nombre) me laisse perplexe.  Un simple commentaire en
> forme de sourire complice?
> 
>         Mais surtout lorsque vous terminez avec «Ça donne à penser... à
> notre langue française de l'Avenir...» : pourquoi cette insistance
> «majuscule» sur l'avenir de la langue française?  Avez-vous peur que les
> communications écrites sur Internet, via les groupes de discussions, un
> jour découvertes par de savants... savants, n'en arrivent-ils pas à une
> triste conclusion sur l'état de la langue française de notre fin de
> millénaire?  Je délire un peu, bien sûr... :)
> 
>         J'aurais simplement aimé que vous vous explicitiez un peu plus sur,
> justement, ce que ça vous donne à penser...
> 


Un peu plus loin, Champagne nous informe qu'il est en train de lire
Novarina...  Je suis tombé de ma chaise, car le debat est tout la (là?) --
c'est-a-dire entre ces deux messages.  Dans «Le Drame dans la langue
francaise», Novarina ecrit:  «Ruines d'actions.  Rovinnes d'azzionnes. 
Accidents des ecrits.  Pourquoi dans le francais c'est la cedille qui
compte.  J'ai dit dans le francais pourquoi c'est la cedille qui conte. 
La gaule du trou du coq.  Le francais est une langue a cedille» (1989: 
64).  A cote de cette langue, Novarina etale le novarinien, cette langue
qui fait «outrage public a la langue francaise», cette langue qu'il
faudrait ecrire «lng».  En laissant tomber les voyelles, Novarina suggere,
comme a demi mots (!) le caractere sacre de cette «lng».  Rappelons que
l'hebreu, a ses jours langue sacree elle aussi (voir Umberto Eco, _La
Recherche de la langue parfaite_), s'ecrit sans voyelles.  Novarina semble
renouer avec un materialisme de la parole propre a l'oralite, un
materialisme qui s'inscrit souvent dans le sacree, comme dans la
litterature orale des Amerindiens ou des Inuits par exemple.  Champagne
dit qu'il voit du Gauvreau chez Novarina.  Interessant.  J'y vois aussi du
Ducharme et de l'Artaud (le souffle).

Shawn Huffman