référence : http://listes.cru.fr/arc/mascarene/1999-01/msg00067.html
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mise au point sur réalisme Serge Ouaknine



Hello Stefen,

Vous avez tout a fait raison sur le plan romanesque. De même en toute
convention théâtrale il est possible de toucher le poétique par la justesse
de la présence. Par ailleurs, même le réalisme à la scène est non
monolithique, il est travaillé par de multiples glissements et points de
vue qui font que le réalisme est plus une "convention littraire" qu'un
genre scénique (ou est-ce le contraire?).

À l'opéra personne ne se choque plus (j'espère) de voir et entendre Jessy
Norman (noire) en Madame Butterfly (japonaise).

Ce dont parlait Kina Konto à propos du "réalisme", est une douleur,  celle
de l'exclusioin.  Elle nait des aspects très particuliers d'une convention
réaliste étroite et qui consiste à exclure les acteurs de couleurs et aussi
dont le "physique" (et partantle culturel), l'accent ne coincide pas au
vérisme de la situation.

Il est possible de faire un art vivant dans la convention réaliste mais il
est souvent trop regrettable que cette convention (non "revisitée")
s'achève en un ostracisme et dont le seuil commence avec la couleur de
peau.

Sans doute faut-il encore pousser le débat et distinguer "vérisme",
"réalisme" et préjugés socioculturels. En fait, choix d'une "convention"
scènique dit bien ce qu'elle veut dire. La question est donc de savoir du
côté de quelle convention un artiste se situe, le maintien éprouvée du
traditionnel ou l'ouverture risquée du renouvellement créateur.
Il me semble que là est le "vrai" débat.

Pour le reste, vue du côté du geste créateur, je partage votre opinion,  il
va de soi que le réel souffle ses référents au poème.

Et pour répondre à votre belle citation d'Aimé Césaire:

"L'événement n'est que l'écume  des jours...
ce qui m'intérresse c'est la mer..."
Paul Valéry

Bien cordialement
Serge

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Texte de Stephen Walton:

C'est ma premiere intervention aupres des membres de la liste QUEATRE, et
en plus
je n'ai pas suivi tous les courriers au sujet du realisme, donc
pardonnez-moi si
j'interviens a tort.  En lisant le commentaire ci-dessus, je me suis dit qu'on
taxe le realisme un peu trop d'un manque de qualites litteraires.  Au moins
dans
le roman dit "realiste" on peut voir metaphore, poesie, allegorie, verite
plurielle et polysemique, en depit du realisme.  Barthes l'a montre parmi
d'autres, que le realisme romanesque est plus riche que ne le veut la
theorie du
realisme.

Je sais qu'il s'agit de la representation theatrale dans ce debat, mais il me
semblait que le terme realisme etait utilise d'une maniere un peu large, et
comme
si le realisme (tout court) etait a l'origine de tous les maux de la
civilisation.
...

"la musique de la poesie [...] ne peut etre que le battement de la vague
mentale contre le rocher du monde."  -- Aime Cesaire

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Stephen Walton, Assistant Professor of French
Foreign Languages & Literatures (FLL)
Portland State University
PO Box 751
Portland OR  97207-0751
Phone:  (503) 725-5278 (PSU)/ 231-1301 (Home)  Fax: (503) 725-5276

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Serge Ouaknine
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