référence : http://listes.cru.fr/arc/mascarene/1999-09/msg00030.html
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Théâtre et désert, suite. Diane Kolin



Bonjour à tous.

Voici d'autres réponses récoltées sur mon forum sur la
question du théâtre et du désert.

A bientôt
Diane Kolin

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(extrait des prises de notes de B.C. à la Maison du Off
du Festival d'Avignon 99
Rencontre-débat avec Simon Elbaz, seul conteur musicien à
pratiquer le matrouz)

NB. : Il était accompagné d'un musicien, et ensemble
jouaient d'une guitare ancestrale, pour réveiller les mots
en chants.

Le Matrouz
Ce mot arabe signifie broderie. Au-delà de l'image de la
broderie, Simon a voulu travailler la musique sur le mode
du matrouz, à un niveau artistique : musical et théâtral.
Cette alternance poétique de vers hébreux (thèmes sacrés)
et arabe (thèmes profanes) existait déjà aux VIIIème et
IXème siècle. Il reste encore de nombreuses traces de
poèmes, qui appartenaient à de véritables joutes oratoires.
Ainsi, au Xème siècle, on cherchait à faire vivre le
matrouz en Andalousie, dans le rapport de groupe à groupe,
celui des musulmans et des juifs sépharades. Un dialogue se
crée de chants à chants. Simon s'est posé la question :
comment transmettre aujourd'hui cette mémoire, cet héritage
? Ainsi, il propose un itinéraire musical et théâtral, où
se rencontrent l'hébreux et l'arabe, le français et le
judéo-espagnol...
En travaillant la musique, il a vécu une prise de
conscience sur le matrouz théâtral, où la musqiue reste
présente. Il a voulu intensifier cet aspect, croiser le
profane et le sacré (musique sacrée des synagogues) dans le
même chant, le même vers ! Il reste une relation très
étroite entre l'arabo-andaloux et le médiéval. L'Andalousie
n'est pas morte. On peut créer d'autres Andalousies
culturelles. Les trois cultures monothéistes servent alors
à s'ouvrir sur d'autres cultures. Il y a une sorte de
retour à l'interculturel.

Les textes et la musique sont improvisés, puis fixés. Le
Matrouz théâtral ajoute la part du corps, essenteille
puisque porteuse de la voix, des voix multiples appartenant
à plusieurs personnages. Dans ce solo théâtral, les
personnages s'expriment chacun dans leur langue, avec leur
caractère. Il y a une ouverture sur le chant et le champ
d'expression.

Au Maroc, il n'existe pas de théâtre. Il y a les
conteurs. Ils jouaient, chantaient, faisaient des
accrobaties; c'est ce qu'on appelle le Halla du souk. A
cela s'ajoutent les chants de supplication, tirés des
chants sacrés.

Simon parvient à réunir les deux. Chaque voix, chaque
langue peut alors être considéré tel un fil qui conserve sa
couleur, mais vient s'inscrire harmonieusement dans cette
broderie sensible.

Dans le cadre du Temps du Maroc Simon Elbaz est accueilli
à l'Institut du Monde Arabe les
23 et 24 octobre.
Rens. IMA : 01 40 51 38 38
La création musicale de Simon Elbaz se rattache au creuset
culturel hébraïque et islamo-chrétien et s'inspire du
Matrouz, art de la broderie.

Dans la réelle tradition des conteurs de l'Afrique du
Nord :
Mohamed QUANFOUH
7. Avenue Pierre Sémard
84000 Avignon
Tél/fax. 04 90 85 92 56
E-mail : mohamed.quanfouh1@libertysurf.fr
Il conte en fonction des événements, utilisera des
métaphores et usera de morale pour faire comprendre des
situations. Il est brillant.

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