référence : http://listes.cru.fr/arc/mascarene/2000-07/msg00004.html
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Re: Formation du Regard du spectateur s. woodward



Une observation: la spontaneite ne garantit pas l'authenticite. Elle est
rapide, mecanique, et donc basee sur ce qu'il y a de premier dans la
reaction. Sans plus. La reflexion, le retour sur soi, peut etre plus
authentique. Cette histoire de spontaneite authentique est du Rousseau mal
digere de l;a deuxieme moitie du 20eme siecle. Rousseau lui-meme faisait
mieux. A defaut d'autre chose, relire Marivaux. Voila pour la modernite
moderne! Sincerement votre, Servanne Woodward

On Thu, 29 Jun 2000, Christiane Gerson wrote:

> EN EFFET L'IDEE DE FORMER LE PUBLIC A QUELQUE CHOSE DE CHOQUANT, S'IL
> S'AGIT DE D'EMBRIGADER LE SPECTATEUR DANS UN systeme perceptuel. Le grand
> danger serait de  le dresser au jugement de beau/mauvais, comme si c'était
> là la seule fonction de l'oeuvre théâtrale.
> 
> Pourquoi avoir peur du terme "formation" ? Lorsque nous attirons le regard
> d'un enfant sur une fleur, que nous l'habituons à reconnaître cette fleur,
> sa forme, ses couleurs, l'environnement qui lui convient, à l'identifier
> par son nom, nous formons son regard. Au lieu de passer devant sans la
> remarquer, il attirera le reagrd de son ami et lui parlera de cette fleur,
> qu'elle soit belle ou non.
> 
> Le danger du programme proposé - je le rappelle :
> ---> Rendre le spectateur plus motivé, plus
> >>réceptif donc plus critique, constitue un des enjeux du théâtre créatif
> >>d'aujourd'hui. De même que lui donner accès aux codes et aux signes
> >>dramaturgiques qui permettent de lire une mise en scène à plusieurs
> >niveaux.---
> est de vouloir rendre le spectateur savant, de lui faire perdre la
> spontanéité et l'authenticité. Il risque de ne plus être capable de remplir
> la fonction de "caisse de résonnance" dont parle Mervant-Roux (1999). De
> renvoyer le son de l'impression produite sur lui par le jeu scénique. Cette
> relation dynamique entre l'audience et le jeu scénique est essentielle pour
> que l'oeuvre existe dans le présent et cesse d'être une chose possible, en
> devenir. N'est-ce pas le regard du spectateur qui confère à l'objet
> artistique le statut d'oeuvre?
> 
> Jean Reinert craint la prolifération des spectateurs-critiques-savants dans
> les salles de théâtre. À plus forte raison que nous savons combien la
> soirée des critiques est un %?*@$!! - pour ne pas dire de vilains mots -
> pour les artistes et les producteurs. Mais un spectateur, à qui on aura
> appris à regarder autrement qu'en sanctionnant et se référant à la voix
> dominante, poura expliquer par quoi et pourquoi il a été impressionné,
> aussi en quoi l'oeuvre  l'a marqué. Il sera en mesure de la faire vivre
> aussi longtemps que sa mémoire ne le trahira pas.
> 
> Cordialement,
> 
> 
> 
> !!!!!!!!!!!
>  ^   ^
>  @  @
>   ..
>   0 ~
> 
> Christiane Gerson
> PhD,études et pratiques des arts (rédaction)
> Universite du Quebec a Montreal
> 
> cgerson@rocler.qc.ca
> 20 rue Recollet
> Salaberrry-de-Valleyfield
> Quebec, Canada, J6S 2H5
> 
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