référence : http://listes.cru.fr/arc/mascarene/2000-07/msg00013.html
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Re: droits d'auteurs Anne-Caroline d'ARNAUDY



Merci, Michel, de votre réponse,et d'avoir bien compris que le problème ne
se pose pas en tant que considération d'ordre pécuniaire. Dans notre métier,
nous avons choisi le camp du loup (par opposition à celui du chien au col
pelé) et nous l'assumons par un travail constant et une recherche
permanente. Il serait utopique de nous attendre à une rémunération régulière
d'un travail déjà fait. Comme vous le dites, c'est un "petit plus" qui nous
permettra peut-être de combler les manques des mois difficiles. Nous nous
plaisons à entreprendre toujours et encore la construction de "petites
pyramides".
Mon discours se situe sur le plan de la déontologie et de l'éthique, ou plus
simplement de la reconnaissance de l'Autre.
Anne-Caroline d'ARNAUDY
arnaudy@wanadoo.fr
http://membres.tripod.fr/ANNEK/index.html

----- Original Message -----
From: MICHEL GHEUDE <mgheude@hotmail.com>
To: Liste de discussion en francais sur le theatre <queatre@uqam.ca>
Sent: Wednesday, July 05, 2000 9:10 PM
Subject: Re: droits d'auteurs


> Michel Gheude
> 97 avenue Brillat-Savarin
> B-1050 Bruxelles
> Tel : 32.2.648 35 11
> Fax : 32.2. 644 53 64
> http://site.voila.fr/gheude
>
>
> La question que vous posez m'inspire trois réflexions.
>
> La première est toute pragmatique. Les droits d'auteur d'une
représentation
> d'oeuvre dramatique par une compagnie amateur sont en général fort
modestes
> puisque calculés sur les entrées du spectacle ou sur les subventions de la
> compagnie par définition modestes elles aussi.
> Les tracasseries ne valent pas la chandelle.
>
> La seconde concerne ce que vous appelez "l'essence de la "subsistance".
> Contrairement à ce que les sociétés d'auteur ne cessent de clamer, le
droit
> d'auteur n'est pas "le salaire de l'auteur". Il ne relève pas du droit du
> travail mais du droit patrimonial. Il protège l'auteur non en tant qu'il a
> dû travailler pour créer l'oeuvre mais en tant qu'il est propiétaire de
> l'oeuvre qu'il ait été ou non payé pour l'écrire. C'est pourquoi
d'ailleurs
> les héritiers continuent à en jouir plusieurs dizaines d'années après la
> mort de l'auteur, car ils peuvent hériter d'une propriété et des revenus
> qu'elle peut procurer alors qu'ils ne pourraient être payés pour un
travail
> qu'ils n'ont pas fait.
>
> L'idée que l'auteur devrait vivre de ses droits comme l'artisan de son
> travail, très tentante évidemment, n'est donc aucunement
"consubstantielle"
> au droit d'auteur. De fait pour l'immense majorité des auteurs, leurs
droits
> ne constituent que des revenus complémentaires comme peuvent l'être
d'autres
> revenus liés à la propriété mobilière ou immobilière (il y a certes des
> rentiers mais pour la plupart des gens un appartement ou quelques sicav
> ajoutent seulement un peu de beurre dans leurs épinards.
>
> Si vous me permettez la comparaison, je dirais que dans beaucoup de
> circonstances, il est plus agréable de négocier la question des droits
> d'auteurs sous l'angle des "incentives" (voyages, tickets repas, livres en
> service presse, rencontres, invitations ...) que sous celui de "l'essence
de
> la subsistance".
>
> Reste la question du droit moral. Le fait pour qui que ce soit de devoir
> demander l'autorisation de l'auteur pour monter sa pièce (i-e faire usage
de
> sa propriété) n'est pas qu'une question d'argent. Il est aussi une manière
> de respecter l'auteur. Et dans votre question, c'est peut-être le plus
> important. Ce n'est pas parce qu'une troupe amateur n'a pas d'argent,
> qu'elle doit jouer sans prendre contact avec l'auteur, sans parler avec
lui
> du projet, sans l'inviter à une représentation, sans organiser un débat
> public avec lui etc. c'est-à-dire sans le faire bénéficier du dialogue
> social et du questionnement esthétique ouverts par la représentation et la
> diffusion de son oeuvre. Le droit moral me pose des problèmes (et
davantage
> encore à cause de son caractère héréditaire) mais il comporte une
obligation
> de civilité, de débat, de rencontre qui sont une des richesses de la
> relation entre l'auteur et la société. Et pour cela, tout en sachant que
je
> n'en serai pas financièrement gravement pénalisé, je suis comme vous très
> irrité quand une troupe amateur ou universitaire monte un texte sans m'en
> aviser. Il n'y a rien à faire: on préfère être monté (!) par des gens
> aimables que par des grossiers merles.
>
> En espérant lire bientôt ici même d'autres contributions ainsi que vos
> propres réactions
> Bien à vous
> Michel Gheude
>
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