référence : http://listes.cru.fr/arc/mascarene/2001-06/msg00020.html
     Chronologie       
     Conversation       

Publication CNRS Jean Gervais



Bonjour
Voici un message qui m'a été envoyé en fichier attaché et que je 
retransmets étant donné son intérêt:

From: Béatrice PICON-VALLIN <picon-vallin@ivry.cnrs.fr>
To: queatre@uqam.ca
Subject: Annonce parution de livres


Le Laboratoire de recherches sur les arts du spectacle du CNRS
annonce la sortie de deux nouveaux ouvrages:



* La scène et les images, ouvrage collectif sous la direction de Béatrice 
Picon-Vallin, coll. Arts du spectacle/Les Voies de la création théâtrale, 
volume 21, Paris, CNRS Éditions, juin 2001, 424 pages, 193 illustrations 
dont 32 couleurs.
ISBN 2-271-05894-5              295,00 FF

Depuis les années soixante-dix, marquées par l’éblouissement produit par Le 
Regard du sourd de Robert Wilson, venu des USA, et par les recherches moins 
médiatisées des avant-gardes italiennes, on parle de “théâtre-image” ou de 
“théâtre d’images”. Mais dès le début du XXesiècle déjà, l’image est 
envisagée comme une des composantes de la mise en scène, art nouveau et 
problématique dès son émergence. Le metteur en scène, “l’artiste du 
théâtre”, est défini par les grands réformateurs tels Edward Gordon Craig, 
Vsevolod Meyerhold ou Antonin Artaud comme un créateur d’images, fonction 
qu’ils différencient et de l’illustrateur et du peintre-décorateur.
À partir d’un corpus de spectacles relatifs au dernier tiers du XXesiècle 
où le (s) théâtre  (s) semble (nt) répondre aux interrogations et aux 
désirs des grands visionnaires des toutes premières décennies, cet ouvrage 
collectif analyse ce qu’on peut entendre par image au théâtre. Il interroge 
les rapports entre texte, son, image dans la mise en scène, les relations 
étroites que l’image scénique entretient avec les arts plastiques et avec 
le cinéma qui s’est développé en même temps que la mise en scène et a 
modifié le regard du public, chargé sa mémoire. L’image scénique est 
découpée, élaborée par le traitement de l’espace dématérialisation, 
verticalisation, rendu, le jeu de l’acteur composition plastique avec les 
éléments du dispositif. L’utilisation toujours plus performante de la 
lumière remplace la couleur, la rend mouvante, cadre et recadre le jeu. 
Elle va de pair avec un traitement du son, lui aussi de plus en plus 
sophistiqué. L’image scénique s’approprie les images projetées ou diffusées 
que le plateau n’a pas hésité à utiliser dès le début du siècle, images 
fixes ou mobiles dont la vidéo rend l’usage plus souple et inventif. Mis en 
crise mais souvent magnifié par l’image et la mise en scène, le texte peut 
être soumis à un nouveau traitement: les technologies qui n’en sont qu’à 
leur début permettent au metteur en scène de l’écrire sur le plateau et au 
public de lelire de multiples façons tout en le regardant comme une 
image  typographie, surfaces de projection, couleurs. Le rapport aux 
technologies peut être direct ou oblique, et la scène les détourne souvent 
au service du théâtre.
L’image scénique selon Craig devait “dépasser la parole”, dévoiler, dans 
une suite de visions, la pensée. Là était la force de l’image au théâtre. 
Dans le monde d’aujourd’hui où dominent le “visuel” et la simulation, les 
images scéniques se sont transformées, elles interrogent notre capacité à 
voir, à travers une esthétique de la saturation où tous les stades de 
l’histoire du regard sont convoqués. Ou bien elles construisent une 
dramaturgie de la vision pauvre, raréfiée, pour contraindre le spectateur à 
ré-imaginer le monde…
Mél: claude.laverre@cnrseditions.fr




* V. Meyerhold, Ecrits sur le théâtre ( 1891-1917), présentation, 
traduction et notes par B. Picon-Vallin.
Lausanne, L’Age d’Homme, coll. thXX, vol. 1, édition revue et complétée, 
juin 2001
363 pages, 50 ill.
ISBN 2-8251-1571-1

“Le plus dangereux pour le théâtre, c'est de servir les goûts bourgeois de 
la foule. Il ne faut pas prêter l'oreille à sa voix, sous peine de tomber 
du sommet dans l'abîme. Le théâtre est grand lorsqu'il fait monter la foule 
à lui, ou, s'il ne la fait pas monter, alors au moins l'attire vers les 
hauteurs. Si on écoute la voix de la foule bourgeoise, on peut très 
facilement dégringoler. Le désir des hauteurs n'a de raison d'être que s'il 
est sans compromis. Il faut se battre, coûte que coûte. En avant, en avant, 
toujours en avant! Tant pis s'il y a des erreurs, tant pis si tout est 
extraordinaire, criard, passionné jusqu'à l'horreur, désespéré au point de 
choquer, de faire peur, tout sera mieux qu'une médiocrité dorée. Il ne faut 
jamais transiger, mais toujours innover, jouer de feux multicolores, 
nouveaux, jamais vus. Ces feux aveuglent d’abord , mais ils se mettent à 
flamber en vifs brasiers et ils nous habituent à leur lumière.”
Ainsi s'exprime en 1901 dans son Journal Vsevolod Meyerhold qui deviendra 
le plus important metteur en scène soviétique des années vingt, et une des 
figures-clefs du théâtre du vingtième siècle, celui en qui, au delà de 
leurs différences, Planchon et KrejËa, Chéreau, Lioubimov et Ariane 
Mnouchkine, Corsetti, Sellars et Lebl peuvent reconnaître un de leurs 
précurseurs.
Meyerhold, metteur en scène révolutionnaire, Meyerhold, metteur en scène de 
la Révolution, disparaîtra en 1940, victime du stalinisme. Pour l'heure, 
âgé de vingt-sept ans, il se libère du naturalisme qu'il connaît en tant 
qu'acteur au Théâtre d'Art de Moscou, chez Stanislavski, son maître: en 
1905 s'ouvre devant lui une période mouvementée de recherche, 
d'expérimentation, qui lui permet d'aborder le répertoire symboliste, et de 
s'essayer à tous les genres, du drame à la pantomime, du cabaret à l'opéra, 
du cirque au cinéma. Son œuvre impose dès lors un théâtre de la “convention 
consciente”, où la musique tient une place capitale.
Ce premier volume consacré à la période pré-révolutionnaire rassemble 
lettres, notes, études, articles et Du théâtre, le seul livre abouti et 
publié en 1913. À travers ces textes, un artiste de théâtre, metteur en 
scène-acteur, se révèle -- un homme érudit, inquiet, passionné, rigoureux. 
Sa sensibilité témoigne pour une époque, ses écrits rendent compte d'une 
œuvre en perpétuel devenir, inséparable de la fermentation des milieux 
artistiques des vingt premières années du siècle. Ces textes sont 
essentiels pour qui veut comprendre les origines du théâtre moderne, qu'il 
s'agisse de mise en scène ou de jeu de l'acteur, de création ou de pédagogie.

Mél: lagedhomme@aol.com


---------------------------------------------------------------queatre-+
_______________________________________________________________________________

>>> Pour être retiré de cette liste d'envois,

écrire à:   listproc@uqam.ca

    avec comme seule ligne de message:

unsubscribe QUEATRE


Note: la commande doit apparaître dans le corps du message, 
      NON PAS dans le Sujet.
---------------------------------------------------------------queatre--