référence : http://listes.cru.fr/arc/mascarene/2003-04/msg00010.html
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MoliËre , encore Elisabeth Haghebaert




Question suave, pour pousser à la roue de la charrette de Serge 
Ouaknine : existe-t-il des études sur le canular comme genre à part 
entière? (les Trois Rimbaud, les poèmes d'Ossian, "Et on tuera tous 
les affreux", etc.)
Ça semble une autre espèce en danger. Signe des temps?
Avec mes meilleures salutations
Elisabeth Haghebaert


>Molière était une femme?
>
>Enquête de Serge Ouaknine
>
>Cher amis,
>
>Je voudrais  poursuivre  sur l’histoire de la charrette trouvée à Pézenas et
>que nous confirme Elisabeth Haghebaert. Il se trouve, comme je l’avais annoncé
>quelques emails plus hauts, que je séjourne actuellement à Montpellier,  à 25
>minutes de Pézenas. J’y ai fait une découverte incroyable qui d’un seul coup
>illumine toute l’œuvre de notre dramaturge national : Molière serait 
>une femme.
>En effet,  dans deux lettres trouvées au fond de cette charrette  et 
>auxquelles
>j’ai pu avoir accès,  grâce  à la complicité d’un gardien  de la Mairie et qui
>travaille à temps partiel au Musée de la Ville (excellent petit musée, certes
>hétéroclite mais on peut y voir des  tasses de porcelaine  avec support à
>moustache pour les grognards de l’Empire et le bidet de Napoléon 1er (ou celui
>Marie-Louise), enfin de délicieuses sanguines et aquarelles d’anonymes du
>XVIIIe siècle et qui méritent meilleure protection,  compte-tenu du très haut
>niveau de fraîcheur et d’humidité qui règne dans ce petit hôtel particulier de
>trois étages). 
>Je suis resté deux bonnes heures devant les deux documents avec cet adorable
>gardien à l’accent chantant et rauque du coin.  Il est signé : Jeanne baptisée
>Poquelin, dite encore Molière.  Je signale que Molière est un petit village
>héraultais, à la frontière du Minervois et que la dite Jeanne aurait fort bien
>pu emprunter ce patronyme lors des ses errances avec la troupe des comédiens à
>laquelle elle appartenait.
>
>Mais comme le signalait mon collègue André Bourassa, il faudrait 
>aller vérifier
>  aux archives de paroisse et autres du village Molière. Pour revenir aux
>documents.
>La lettre 1 relate une dette contractée par un Sieur Pierre Corneille auprès
>d’une dame Armande Béjart, en faite,  le « r » est bien escamoté et on lit
>Amande Béjart  (étonnant lapsus pour une dette). La dite » Jeanne  baptisée
>Poquelin » a co-signé comme témoin.   Elle semble donc indiquer qu’elle ne
>porte pas le nom de son géniteur véritable  …  Mais qui  alors?
>
>La seconde lettre  parle encore d’une dette contractée auprès  d’un
>tavernier-aubergiste de Pézenas,  signée de la même façon mais cette fois par
>Jeanne baptisée Poquelin n’est pas témoin (j’insiste sur ce détail 
>qui signifie
>que la lettre est une forme d’entente à l’amiable, une reconnaissance de dette
>d’honneur). Je signale pour les spécialistes que les deux documents ont pour
>caractéristique cette manière très particulière des missives d’époques de
>prolonger les fins de lignes  par des traits gracieux jusqu’en bordure de
>papier,  afin que  rien ne puisse être ajouté au texte contenu par cette
>graphie décorative. J’ai  d’abord pensé à des faux,  mais étant peintre de
>formation (j’ai une passion véritable pour le papier dessin et en particulier
>pour les  papiers chiffon et les trames des célèbres papier Ingres et Arches)
>j’ai conclu, sur la base de mes connaissances, que le papier en question est
>authentique et bien d’époque  (trame horizontale fine et espacée toutes les
>douze lignes  par un vide correspondant  à la cannelure de rotin ou 
>d’osier qui
>permet au papier de mieux  s’égoutter au séchage).
>
>Donc si ces deux lettres, dont j’atteste l’existence, sont 
>véritables (l’encre,
>par ailleurs, possède bien cette oxydation brunâtre des documents  royaux et
>baptismaux )  elles ne peuvent en aucune façon  avoir été écrite avec du brou
>de noix ou de la suie diluée dans de l’éther ou du vinaigre. L’authenticité
>physique dont je témoigne me permet d’avancer avec une certaine certitude
>l’hypothèse selon laquelle Molière serait une femme. Une femme  bâtarde à qui
>le métier d’actrice aurait attribué un certain courage, au point de souligner
>cette bâtardise en la signalant au parafe. Une femme lettrée, bâtarde d’un
>aristocrate ou gentilhomme, puisqu’elle sait lire et écrire. On peut alors
>comprendre toute la force des œuvres moliéresques, la solidarité charnelle du
>baladin au destin des femmes de son temps. Mais qui a écrit ?
>
>On sait que les improvisations se développent sur des canevas. On écrit après
>et non avant. Après, quand la vérification par le jeu permet de fixer les
>répliques, les mouvements et figures gestuelles. Mais qui écrit ? Qui fixe le
>vécu? Non pas les hommes trop pris par l’intendance, la gestion des 
>affaires et
>des négociations permanentes avec les notable locaux. C’est donc une femme qui
>signe le travail des comédiens. Et Molière,  en fait, Jeanne 
>baptisée Poquelin
>dite Molière est cette femme là.
>Corneille sous le masque de Molière ? Oui cela est possible. Ou bien est-ce
>cette Jeanne, femme de troupe, et qui pourrait bien être sa propre fille.
>Molière femme résoudrait beaucoup d’énigmes quant à la mise en abyme 
>de l’homme
>par l’émergence d’une « condition féminine » pour la première fois portée à la
>scène.  La plume écrivant  sous le pantalon de cette  femme est une béance
>charnelle. Sa condition  d’« aliénée » (pour le moins muette sur le plan
>juridique des dotes  et contrats de mariage) prend désormais une valeur
>érectile de révolte, car une actrice n’est pas dans la norme bourgeoise ou
>aristocratique du canon féminin.
>
>Molière est donc une « marginale », une femme  du voyage dont on 
>peut  jouir et
>abuser, négocier le sort dont la seule survie se joue par le travestissement
>et la revanche d’un « dire »,  écrit  par-delà son corps muet. Voilà le secret
>le mieux gardé de Molière. Sa condition de femme (sans doute une travestie
>plutôt « bel homme ») lui permet d’écrire sur le sort  malheureux de 
>son propre
>sexe  et de son propre rang. Molière serait donc une femme (ce que je peux
>croire aisément vu la finesse de trait de visage du buste qui nous en est
>resté).  Jeanne Poquelin dite Molière,  libertine inspirée par un Corneille
>engoncé en un corps étroit et qui lui souffle les rimes qu’elle met en scène.
>Et si Corneille est l’hauteur caché des comédies, c’est à un double jeu de
>masque qu’on a affaire.  Un texte d’homme  porté par une travestie. 
>Mais aurait
>donc écrit Dom Juan?  Et bien ma conclusion, purement intuitive, 
>est que c’est
>là la seule œuvre authentique de Molière, le travail de Jeanne dite baptisée
>Poquelin.
>Jeanne carnavalise, et les hommes qu’elle subit et sa propre condition de
>scribe anonyme, elle signe sa résistance à tout Commandeur.
>Voilà,  je suis moi-même abasourdi par ce qui a jailli de la lecture des
>documents de la charette de Pézenas.
>Cordialement votre
>Serge Ouaknine
>
>  --- Elisabeth Haghebaert <Elisabeth_Haghebaert@uqar.qc.ca> a 
>écrit : > Poisson
>d'avril?
>>
>>  >Marseille, 1er avril. Grande nouvelle. A la suite des nombreux
>>  >articles parus dans la presse, qui a enfin trouvé de la place pour
>>  >parler de Molière, ou plutôt de Corneille qui lui a écrit presque
>>  >toutes ses comédies, un châtelain des environs de Pézenas, qui
>>  >demande instamment qu'on taise son nom, a eu l'idée de regarder le
>>  >contenu d'une vieille charette oubliée dans sa grange. Il s'y
>>  >trouvait encore quelques documents. De l'avis d'un érudit local,
>>  >cette charette serait celle qu'aux alentours de 1820 un paysan
>>  >aurait conduite, chargée des papiers de Molière, aux portes de la
>>  >Bibliothèque nationale et qu'il n'aurait pu y laisser en raison de
>>  >sa fermeture le jour de sa venue (voir ma biographie de Molière, p.
>>  >7). Tout au fond, il y restait quelques manuscrits, tous de la main
>>  >de Molière. Ce sont des tragédies, écrites en provençal. Voilà donc
>>  >prouvé que malgré ses origines parisiennes, Molière savait
>>  >parfaitement écrire dans la belle langue d'oc. On s'est réjoui
>>  >d'abord que ces pièces, en copies autographes, ne devaient rien à
>>  >Pierre Corneille. Malheureusement, un spécialiste du théâtre du
>>  >XVIIe siècle n'a pas eu de peine à s'apercevoir qu'elles étaient
>>  >imitées de près, pour ne pas dire copiées, des tragédies de Thomas
>  > >Corneille. A moins, ce que soutiennent certains érudits locaux qui
>>  >rapprochent ces pièces de celles d'anciens auteurs occitans peu
>>  >connus, que ce ne soit Thomas Corneille qui ait adapté et mis en
>>  >français ces richesses méconnues de la littérature provençale. Aux
>>  >ordinateurs de se mettre au travail pour nous dire une fois de plus
>>  >la vérité scientifique et faire taire ces faux savants qui se
>>  >targuent de distinguer au seul rythme  des vers ou même des mots une
>>  >pièce de Corneille d'une pièce de l'abbé Boyer. Merci de votre
>>  >attention. Roger Duchêne
>>  >Note importante : un dossier sérieux et argumenté sur la prétendue
>>  >attribution de la plupart des pièces de Molière à Corneille peut
>>  >être consulté à partir de web17 <http://web17.free.fr>, ou
>>  >directement http://leroidanse.free.fr>. Vos contributions peuvent
>>  >encore enrichir le débat (et le site). Cordialement. RD
>>
>>  --
>>  Élisabeth Haghebaert
>>  Coordonnatrice
>>  Centre d'aide à la réussite (CAR)
>>  Université du Québec à Rimouski
>>  300, allée des Ursulines
>>  Rimouski (Québec) G5L 3A1
>>  Tel. : (418) 723-1986, poste 1447
>>  Courriel : Elisabeth_Haghebaert@uqar.qc.ca
>
>=====
>Serge Ouaknine - Montpellier - France
>Email : serge_ouaknine@yahoo.fr
>Sites Internet via : 
>http://www.khryss.com/r34424/kdr02.html
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