référence : http://listes.cru.fr/arc/mascarene/2006-06/msg00011.html
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Considérations sur la dramaturgie scénique ( No 2) Serge Ouaknine



Oui André tu as raison. Totalement. Brecht comme Artaud serait, tout autant,
d'accord avec ta considération.
L’inconvénient de la proposition de Yannick est qu'elle figure, au fond  une
recherche de procédés fabricateurs -- alors que l'art procède de processus
créateurs. Ce qui est bien différent, en substance, et les effets ne sont pas
identiques aux deux cas de figures. C’est toute la différence entre « création
» et « production ». 

Les procédés croient aux "recettes "  normatives fabricatrices  de produits,
les processus  aux découvertes  et transgressions innovatrices. La création. 
Voilà pourquoi son postulat d'imitation du réel est faux. Il sera toujours
faux. La mimesis n'est pas une copie d'une vie virtuelle, c’est l’art qui
exemplifie une virtualité dont la vie n'est que le référent. L’artifice est ce
par quoi le théâtre  travestit le réel pour en faire entendre le vrai.  
Si de tels procédés existaient, alors il  serait  mis fin à la fonction «
révélatrice » de l'artiste, ou du moins énonciatrice de regards et d'écoutes
différents. 
L’art est ce mensonge par lequel la vie résonne plus vraie que nature.

Une somme d'effets bien équilibrés ou dosés constituent tout au plus "un art
décoratif". Un créateur ne sait pas  ce qu’il veut obtenir (cette idée
saussurienne de « contenu et de contenant » , de « fond et de forme » n’est pas
exacte). 
Le processus intuitionne le chemin. L’œuvre surprend l’artiste en premier.

Par contre, là où les méthodes de fabrication assèchent le métier, il y a des
stratégies de dispositifs d'actions qui le dynamisent. Par exemple, je
constate, que tout discours scénique joue sur le proche et le lointain.  Juste
cela  suffirait à faire un livre. L’obsession fabricatrice des effets peut
rassurer et peut faire croire qu’il y a un « grand livre » des 100 000
situationa dramaturgiques ( pour paraphraser  un ouvrage  connu) .. il n’en est
rien. 
C’est  en quoi le théâtre est  un bastion de liberté et non une usine  à
spectacles.
amitié
Serge Ouaknine

--- BOURASSA ANDRE G <bourassa.andre_g@uqam.ca> a écrit :

> Bonjour,
> Il me semble que ton argumentation de base, Yannick (je ne parle pas ici
> des exemples), oscille un peu trop entre le vrai et le vraisemblable, la
> performance et le théâtre. Ce dont nous avons hérité des Grecs, c'est
> d'accepter que le dieu ou le roi, la déesse ou la reine qu'on voit et
> entend sur scène, sont en réalité notre voisin ou notre voisine qui en
> tiennent le r:ôle. L'action théâtrale est essentiellement simulée. Oui,
> comme disant Ubersfeld, au théâtre un peut tuer un lapin, mais chaque soir
> le même lapin.
> Le drame scénique est une action, certes, mais essentiellement mimésis,
> imitée de l'action réelle. Ceci dit, paradoxalement, l'action scénique, si
> "artificielle" qu'elle soit, contribue à l'action réelle;c'est en cela, il
> me sem,ble,qu'Artaud avait raison, lui qui voyait la vie comme un double
> du théâtre, et non le théâtre comme un double de la vie.
> Amitiés, André G. Bourassa.
> 
> 
> 



	

	
		
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