référence : http://listes.cru.fr/arc/mascarene/2007-05/msg00003.html
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Fwd: Appel à communications "André G. Bourassa"



>From: Irene Roy <litiro@hermes.ulaval.ca>
>
>Appel à communications
>Colloque international
>Le monologue contre le drame ?
>Université d’Artois, Arras, 12-13-14 mars 2008
>Coordonné par Françoise Heulot-Petit
>Equipe d’accueil « Textes et cultures »,
>axe « Praxis et esthétique », Université d’Artois.
>
>
>Le monologue est souvent considéré dans la réflexion critique sur le
>drame comme une forme
>par défaut, une tentation à laquelle il ne faut pas succomber. Le
>dialogue est l’élément constitutif du
>drame, la base solide du conflit intersubjectif. La théorisation
>classique du drame voit en partie le
>monologue comme une tentation du lyrisme ou de l’épique, qu’il faut
>éviter au nom de la
>vraisemblance et de la pureté générique. Il est donc récusé, sauf à être
>investi de fonctions précises
>de préparation, de commentaire ou d’explicitation de l’action dramatique
>dialoguée. Pourtant, le
>monologue prend progressivement, et surtout à partir de la fin du XIXème
>siècle, une place plus
>importante au sein du drame. Quand les dialogues se vident de leurs
>contenus dialogiques, les
>personnages s’enferment dans des monologues parallèles, qui parfois se
>croisent de manière
>presque arbitraire. Le monologue contamine l'échange intersubjectif et
>renvoie chacun à son
>ressassement solitaire d’un passé et d’une histoire personnelle. Dans la
>dramaturgie contemporaine,
>le personnage raconte encore et se raconte mais la dimension lyrique
>ronge l'épique et le récit
>s’effrite. Le drame subsiste mais transformé, la parole prend en compte
>une structure musicalisée.
>L’autre tentation du monologue est portée par la tension interne qu’il
>propose à l’auteur, depuis
>le théâtre antique et les monologues du Moyen-âge jusqu’aux dramaturgies
>contemporaines. Parole
>d’une seule coulée qui se déverse, parole polyphonique, le monologue
>fait entendre des mots pris en
>charge par une seule instance énonciative qui peut se faire plurielle
>dès lors qu’elle convoque
>d’autres paroles passées. Cette relation à l’autre introduit un
>mouvement et conserve la dimension
>dramatique suscitée par la présence effective de l’autre -le public- ou
>la simulation de la présence
>(par un système d’adresses). L’action perdure grâce à la lutte instaurée
>dans la parole. Dans la pièce
>monologuée contemporaine, cette lutte s’inscrit entre soi et l’autre en
>soi. Ce dédoublement
>constitue un conflit porteur de tensions. Face à la révélation qui peut
>devenir provocation, le public
>éprouve sa place.
>Ainsi, qu’il soit un moment isolé dans une pièce dialoguée ou un long
>temps de parole dans une
>pièce monologuée, le monologue est une prise de parole individuelle dans
>le lieu apparemment vide
>de la scène. Cette solitude est le temps d’une mise à nu qui donne à
>voir une forme d’identité. Mais
>le monologue questionne tout aussitôt l’autre, celui auquel le solitaire
>s’adresse. Le monologue
>reste soliloque, parole pour soi ou devient dialogue avec Dieu, avec
>l’autre absent, ou avec l’autre
>en soi, repoussant les frontières de l’altérité. La représentation de la
>solitude se fait donc un lieu
>d’observation de l’articulation du moi et du monde.
>L’objet de ce colloque est d’interroger les constituants du monologue à
>travers les siècles (du
>théâtre antique au théâtre contemporain), de mieux saisir à la fois les
>enjeux d’une forme (le
> 
>monologue dans le drame et le drame dans le monologue) mais aussi de
>cerner quelle perception du
>personnage se dégage de cette parole individuelle, quel rapport à
>l’autre se dessine et quelle place
>est accordée au spectateur dans cette forme de confrontation.
>Les analyses pourront porter sur les dramaturgies françaises et
>étrangères. Les propositions
>s’attachant au théâtre jeune public sont également les bienvenues.
>Nous proposons les pistes de réflexion suivantes :
>Perspective historique :
> Caractérisation du monologue en fonction des types de dramaturgies (du
>théâtre antique au
>théâtre contemporain)
> Influence des autres genres (roman, etc.), des autres formes
>(monologue intérieur, etc.)
> La question du contexte : le monologue est-il un lieu
>d’expérimentation particulier, un lieu
>de contournement des interdits, un lieu de contestation ?
>Eléments constitutifs du monologue :
>- Etude des dimensions épique, lyrique et dramatique, de leur possible
>dissociation ou de leur
>tressage, système d’échos, de répétition
>- Mode de fonctionnement du système polyphonique, repérage des paroles
>rapportées ou
>confusion des voix. Voix didascalique.
>- Effets de choralité
>- Modèle d’écriture : cinéma, vidéo (télescopage, discontinuité, etc.),
>danse (solo), opéra.
>Place du monologue dans le drame :
>- Localisation du monologue au sein du drame (place, stratégie et
>récurrence)
>- Fonctions du monologue (prologue, dénouement)
>- Rôle des didascalies dans cette articulation
>- Rôle des objets
>Modes de réception du monologue :
>- Adresse interne et externe, mise en question de la frontière
>scène/salle
>- Effet de connivence, de mise en doute, de distanciation, de provocation
>- Rapport au corps de l’acteur et à sa voix
>Etude des catégories abstraites :
>- Espace et temps
>- Personnage
>La question du drame est encore un moyen aujourd’hui d’interroger le
>théâtre et de trouver des
>repères pour analyser des formes hétérogènes. Si l’étude du dialogue
>s’est révélée fructueuse, en
>particulier ces dernières années, celle du monologue ouvre encore
>aujourd’hui des perspectives
>multiples.
>Composition du comité scientifique
>- David Bradby, Professeur, Université de Londres Royal Holloway.
>- Michel Corvin*, Professeur émérite, Université Paris III Sorbonne
>Nouvelle.
>- Joseph Danan, Maître de conférences, Université Paris III Sorbonne
>Nouvelle.
>- Françoise Dubor, Maître de conférences, Université de Poitiers.
>- Bernard Faivre, Professeur, Université Paris X Nanterre.
>- Françoise Heulot-Petit, Maître de conférences, Université d’Artois.
>- Geneviève Jolly, Maître de conférences, Université Marc Bloch –
>Strasbourg II
> 
>- Mireille Losco-Léna, Maître de conférences, Université Stendhal
>Grenoble III
>- Claudine Nédélec, Professeur, Université d’Artois.
>- Irène Roy, Professeure, Université Laval, Québec.
>- Jean-Pierre Ryngaert, Professeur, Université Paris III Sorbonne
>Nouvelle.
>- Jean-Pierre Sarrazac*, Professeur, Université Paris III Sorbonne
>Nouvelle.
>- Christophe Triau, Maître de conférences, Université Paris VII Diderot.
>* : Sous réserve
>Calendrier :
>- propositions de communications (1 page) : 15 octobre 2007
>- Avis du comité scientifique : 15 novembre 2007
>Les propositions de communications sont à adresser par courrier
>électronique à :
>francoise.heulot@voila.fr
>


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