référence : http://listes.cru.fr/arc/mascarene/2007-06/msg00014.html
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fly tower Cl J Pl



Peut-être que la description du cintre que donne le Dictionnaire du théâtre d'Arthur Pougin, permettra de mieux comprendre le sens du terme "fly tower".
Pougin dit que le " cintre comprend tous les dessus du théâtre, aussi nécessaires que les dessous à la manœuvre des décors, et beaucoup plus chargés de matériel que ces derniers. C'est là, en effet, que se trouvent avec les rideaux et les plafonds d'air, et toutes les décorations supérieures, l'ensemble immense des herses d'éclairages, des ponts volants, des échelles qui relient les corridors du cintre, avec tous les treuils, les tambours, les contrepoids, les fils, les moufles, les crochets, enfin les objets, les engins, les instruments de toutes sortes nécessités par le service de la machinerie..." " (tome 1, p.170). Il cite ensuite longuement L'Envers du théâtre de G. Moynet, qui insiste beaucoup sur les dispositifs aériens qui relient les différentes parties du cintre : "communication suspendue", nommée pont du lointain et divers ponts volants desservis par des échelles verticales.
Les ouvriers sont appelés machinistes et ne portent pas de noms particuliers ; ils sont organisés en brigades, nécessaires pour exécuter les manœuvres des décors. Mais on insiste beaucoup sur leur robustesse, leur habileté à passer d'un espace à l'autre : "l'un traverse le haut du théâtre sur un pont volant pour passer d'un corridor à l'autre du cintre, tandis qu'un autre part de l'escalier des dessous pour exécuter un ordre..." (tome 2, p.491).
Pour finir, voici la définition du pont volant : "Les ponts volants sont des ponts très légers, placés dans les dessus du théâtre, parallèlement à chaque rue du plancher de la scène, pour permettre aux machinistes de passer d'un côté à l'autre de celle-ci afin d'aider et d'activer la manœuvre des décors. Ces passerelles légères et branlantes ne sont point sans offrir certains dangers, et il faut l'adresse, l'habitude et la hardiesse des machinistes pour oser s'y aventurer comme ils le font chaque jour" (t.2, p.612).

Il semble que l'expression anglaise, contrairement au français, rende compte de l'aspect aérien de toutes ces constructions, peut-être en souvenir de la marine à voile, qui elle aussi faisait évoluer ses matelots dans les airs, puisqu'on raconte que les ouvriers des théâtres étaient souvent d'anciens marins, habitués à la manœuvre dans les mâtures. Des sortes d'hommes volants.

Bien cordialement,



Claude Jaëcklé-Plunian
Docteur en études théâtrales
Spécialité 18e siècle