référence : http://listes.cru.fr/arc/mascarene/2008-01/msg00017.html
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Directeur de scène Mireille Barrière



Title: Directeur de scène
J’interviens sans doute un peu tard dans le débat, mais je vous fais quand même part de mon expérience personnelle. En tant qu’auteure d’une monographie sur l’Opéra français de Montréal (1893-1896), j’ai eu à résoudre des problèmes de concept. D’entrée de jeu, je vous dirai que, comme nous n’avions pas une masse critique assez importante d’interprètes et de gestionnaires locaux à cette époque, toutes les procédures de gestion technico-artistique ont été empruntées à la France. En effet, les actionnaires de la compagnie allaient engager leur effectif dans des agences théâtrales à Paris.
 
La gestion de la compagnie reposait sur quatre personnes : un «gérant» (traduction de «manager» dans notre pays bilingue), un régisseur général, un second régisseur et un régisseur de comédie. Je me suis fiée à Pougin et Bouchard pour démêler les tâches de chacun. J’ai conclu que le «gérant» était le directeur, le représentant des actionnaires dans l’entreprise, directeur général ou artistique. C’est lui qui se rendait en France ou à La Nouvelle-Orléans pour embaucher les interprètes et les musiciens. Le régisseur de comédie s’occupait de la mise en scène, tandis que les deux autres remplissaient des fonctions administratives telles que décrites par Pougin. Tous les régisseurs étaient également membres de la troupe, comédiens ou chanteurs. D’autre part, au procès qui oppose le ténor Déo à la compagnie (10 févr. 1896), le régisseur Pascal Masson, appelé comme témoin, répond au juge : « Le régisseur, c’est l’organisateur des pièces qui se passent sur scène, c’est le metteur en scène, c’est l’organisateur des opéras, c’est lui qui administre tout; mais c’est le directeur qui décide des distributions. »
 
Voilà qui termine ce petit exercice sémantique.


Mireille Barrière
Historienne
mireille.barriere@sympatico.ca
Téléphone : (514) 332-2239