référence : http://listes.cru.fr/arc/mascarene/2008-02/msg00004.html
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CAMUS À LA SCÈNE / CAMUS ON STAGE Andre G. Bourassa



Bonjour,
Tel que demandé je vous retransmets cet appel à communications.
Cordialement,
André G. Bourassa, professeur émérite
École supérieure de théâtre, UQÀM
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Appel à communications

 

CAMUS À LA SCÈNE / CAMUS ON STAGE

7 et 8 mai 2009

Collège militaire royal du Canada (Kingston, Ontario)

 

 

Le théâtre d’Albert Camus ne révolutionne pas la dramaturgie et l’esthétique scénique. Maints critiques – théâtrologues ou camusiens - le disent conventionnel, cérébral, moraliste. Il recèle cependant une vitalité certaine, comme en fait foi la fortune scénique remarquable dont il jouit. Depuis quelques décennies, en effet, il est porté à la scène avec une fréquence qui atteste l’intérêt fidèle des praticiens de théâtre et des spectateurs. À cet égard, force est de constater sa popularité et son rayonnement international. Dans l’Europe francophone, britannique, germanique, slave, comme en Amérique, il fait régulièrement partie de la programmation des salles de théâtre - des plus célèbres, vastes ou nanties, aux plus modestes, dont celles de troupes étudiantes.

 

Au Canada français par exemple, où la population est pourtant petite, Caligula, Le Malentendu et Les Justes ont été montés plus d’une fois durant les quinze dernières années : chacune de ces pièces dans une salle des plus prestigieuses, et dans une autre de moindre envergure. Trois romans de Camus y ont également été mis en scène.

 

Voilà un autre fait qui unit l’œuvre camusienne à l’art dramatique : le corpus narratif de Camus a suscité d’abondantes adaptations théâtrales. L’Étranger, La Peste et surtout La Chute, récit particulièrement oral et théâtral, mais aussi des nouvelles, se sont vus mis en scène à plusieurs reprises, parfois avec des tournées continentales ou outre-mer. La fortune scénique non seulement de l’œuvre dramatique mais aussi du corpus narratif de Camus est donc digne de mention.

 

C’est par le biais du médium théâtral que nous aimerions aborder Camus et, nous l’espérons, le redécouvrir, dans le cadre du colloque bilingue « Camus à la scène / Camus on Stage » qui se tiendra au Collège militaire royal du Canada, à Kingston (en Ontario), les 7 et 8 mai 2009. Cette perspective nouvelle est susceptible de réunir camusiens, praticiens et théoriciens du théâtre, ainsi que ceux qui se penchent sur l’adaptation transgénérique.

 

Une question fondamentale se pose : En quoi la lecture que proposent les praticiens de théâtre – metteurs en scène, comédiens, scénographes… - fournit-elle un éclairage différent, un apport nouveau à l’exégèse déjà connue de l’œuvre camusienne? Comment les divers codes de signification propres au spectacle (costumes, décors, masques/maquillages, musique et bruitage, etc.) contribuent-ils à l’herméneutique?

 

Ces quelques pistes, notamment, pourraient s’avérer porteuses :

- Analyse d’une représentation en particulier, que ce soit d’une pièce de théâtre ou d’un récit ;

- Étude diachronique de l’évolution des mises en scène successives d’un même texte ;

- Problèmes de traduction, d’adaptation, de coupures ou d’ajouts, préalables à la mise en scène ;

- Traitement des didascalies et discours paralinguistique, dans la tension entre texte et représentation, entre dialogue et langage scénique ;

- Inspiration cinématographique ou participation intermédiale sur la scène ;

- Liens entre un texte et le contexte social de sa représentation : actualisation? affirmation idéologique?

- Réceptions critique et publique de mises en scène ;

- Fortune scénique de Camus selon une répartition géographique, linguistique, culturelle ;

- Interprétation de l’inégalité dans l’appréciation des quatre pièces de Camus par les praticiens de théâtre ;

- Significations de la faisabilité scénique et de la popularité ;

- Fortune scénique du Camus adaptateur et du Camus traducteur de pièces étrangères ;

- Relations entre représentation théâtrale et critique littéraire, entre professionnels de la scène et universitaires.

Mentionnons que les adaptations cinématographiques ou audiophoniques de textes camusiens sont aussi pertinentes.

 

Les propositions de communication, en français ou en anglais, de 300 mots environ, accompagnées d’une courte biographie, doivent être envoyées par courriel à Sophie Bastien : sophie.bastien@rmc.ca, avant le 1er septembre 2008. Elles devraient indiquer, s’il y a lieu, le besoin d’appareils audio-visuels.

 

Également, une table ronde internationale sera constituée de praticiens de théâtre qui ont monté Camus. Un autre mode de participation au colloque serait d’en faire partie en tant qu’intervenant. À cet effet, il faut envoyer une lettre d’intention résumant l’expérience théâtrale en question
sophie.bastien@rmc.ca avant le 1er septembre 2008).
 

Comité scientifique :

- Sophie Bastien, Collège militaire royal du Canada

- Mark Orme, University of Central Lancashire, Royaume-Uni

- Geraldine F. Montgomery, chercheure autonome

 

Conférenciers d’honneur :

- Agnès Spiquel, présidente de la Société des Études camusiennes, Université de Valenciennes, France

- Raymond Gay-Crosier, vice-président de la Société des Études camusiennes et directeur scientifique des tomes III et IV de la nouvelle Pléiade Camus; professeur émérite, Université de Floride

 

Des démarches sont en cours en vue de la publication des actes.