référence : http://listes.cru.fr/arc/mascarene/2009-01/msg00005.html
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    Appel à contribution, Agôn revue des arts de la scène

    Dossier n°2 : « L'accident »

    Date limite : 15 avril 2009

    Dossier publié sur Agôn avec le parrainage de Jean-Loup Rivière (ENS LSH)

    Sous la direction de Alice Carré (ENS-LSH), Barbara Métais-Chastanier (ENS-LSH) et Nélida Michaud (Lyon II).

    Agôn (http://agon.ens-lsh.fr), revue des arts de la scène prépare la publication de son prochain dossier, « l'accident », à paraître fin 2009.

    
    Les propositions d'article anonymes (250 mots) sont à faire parvenir avant le 15 avril 2009 au format .doc, .rtf. ou .pdf, accompagné d'un document séparé indiquant le titre de votre proposition et vos renseignements personnels (noms, institution, coordonnées) à l'adresse suivante : accident@ens-lsh.fr

    Nous vous rappelons que la revue accueille les images, graphiques et fichiers sons (format mp3 – encodage 44,1Ghz) pourvus qu'ils soient en règle avec la législation en vigueur concernant les droits d'auteur, droits à l'image et droits de diffusion.
    

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    L'accident, c'est ce qui nous tombe dessus, ce qui arrive sans crier gare. C'est le surgissement de l'inattendu provoquant l'accroc qui fait dérailler la machine. À la différence du hasard qui se laisse saisir dans des dispositifs capables de le créer – le Loto n'en est-il pas un bon exemple ? – l'accident, lui, se refuse à l'anticipation ou à l'agencement : à l'accident, il semble qu'on puisse seulement s'abandonner.

    Si l'usage est au principe de précaution, à la prévention tous azimuts dans nos sociétés, il n'en va pas de même dans le domaine artistique. Et pourtant, le sceau néfaste qui frappe l'accident ne s'inverse pas au profit d'une mystérieuse alchimie esthétique : l'accident, on l'attend comme on l'appréhende, on l'espère tout autant qu'on le prévient. Car il confronte l'acteur, le musicien, le danseur, l'interprète, le circassien ou le performeur à la fragilité des conditions de représentation, à l'imprévisible de la part humaine : il y a l'accident que le metteur en scène scrute, palpe dans les propositions de ses comédiens, mais il y a aussi l'accident redouté, celui du décor qui tombe ou du pied qui dérape.

    La possibilité de l'accident est une particularité indissociable des arts de la scène, liée au face à face direct de l'artiste et du spectateur. Détesté ou glorifié comme la part imparfaite qui échappe à l'humain, il est traité différemment selon les étapes du travail et selon les types de spectacle.

    

    

    Pour dépasser le catalogue des anecdotes que chacun porte avec lui et réfléchir aux incidences profondes de l'accident dans les arts de la scène, nous vous invitons à considérer les problématiques ci-dessous comme autant de propositions (non limitatives) d'exploration.
    

    - La genèse de l'accident :

    Parfois présent dans le temps de l'écriture et de la conception du spectacle, l'accident est aussi au coeur de toute dramaturgie parce qu'il faut qu'il y ait de l'accident pour qu'il se passe quelque chose. Autant d'accidents fantasmés, irréalisés ou au contraire bien réels qui viennent nourrir la mise en jeu. Peut-on inventer un système de création qui permette d'accueillir l'accident (en musique comme au théâtre ou en danse) ? Quelle est la nature de cette disponibilité à l'accident ? Comment créer les moyens de dire, d'écrire, de jouer ou rejouer l'accident ?
    

    - L'accident avant la scène :

    S'il est tant craint pendant la période des représentations, l'accident n'en est pas moins dans certains cas espéré ou intégré dans le spectacle quand il se présente au cours des répétitions. Le metteur en scène peut débusquer une chute, un accident de parcours pour donner au spectacle un sens nouveau, pour y lire un moment de vie qui s'intègrera parfaitement dans la dramaturgie d'une pièce. Quel art de l'acteur se dit alors dans le rapport à l'accident ? Et quels infléchissements des rôles (du metteur en scène, du chorégraphe, de l'acteur, ou du danseur) implique la place de l'imprévu ? 
    

    - Exposer l'accident / s'exposer à l'accident :

    Perçu comme l'ennemi de l'illusion pour certains types de théâtre, la part incontrôlable de malchance – la mémoire qui défaille, le costume qui se prend dans le décor ou la bande son qui se déplace – l'accident est sans cesse repoussé pendant la période de création. Il faut cependant apprendre à réagir en fonction de lui : être acteur c'est savoir improviser quand le rideau ne se lève pas ou quand le partenaire n'entre pas en scène, c'est savoir faire exister le spectacle coûte que coûte. Au cirque, l'enjeu est différent, l'accident va de pair avec la prouesse qui fascine le spectateur. Tout l'enjeu du voltigeur qui flirte avec le vide est d'éviter la chute même si c'est l'éventualité de la dégringolade qui fascine, le fait que cela puisse arriver parce que le danger est maximal. D'autres types de spectacles tels que la performance ont un rapport différent à l'accident, sont ouverts à l'intervention du public, aux réactions imprévues, à l'improvisation inattendue.

    Comment l'injection d'accidentel ou d'imprévu peut faire bouger les lignes et conduit à inventer une dramaturgie en acte, une conduite du sens sur le mode du surgissement ?
    

    C'est autour de ces rapports de l'artiste, de la répétition, du spectacle (quelle que soit sa nature), à l'accident que nous vous invitons à réfléchir, en explorant les pistes proposées ci-dessus ou en nous en proposant d'autres.

  



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