référence : http://listes.cru.fr/arc/mascarene/2009-09/msg00004.html
     Chronologie       
     Conversation       

TR: colloque Lille/ Valenciennes Gervais, Jean



De : DUMAS Catherine [mailto:cathe.dumas@wanadoo.fr
Envoyé : mardi 29 septembre 2009 03:02
À : Gervais, Jean
Objet : colloque Lille/ Valenciennes
 
 
 Je suis co-organisatrice d'un colloque sur la représentation de l'Autre au théâtre qui aura lieu en novembre 2010 aux Universités de Lille et Valenciennes.
Pourriez-vous s'il vous plaît diffuser l'appel à comunications que je vous envoie en pièce jointe ?
Je vous en remercie à l'avance
 
                                                                         C. Dumas, MCF Littérature comparée, Lille III

Universités de  Lille III et de Valenciennes

 

Colloque international

L’AUTRE AU MIROIR DE LA SCENE

 

 (18, 19 et 20 Novembre 2010))

 

 

Appel à communications

 

 

    Objet d’observation, mais aussi projection de l’imaginaire, l’Autre en littérature reste un  terrain composite, conjuguant objectivité et fantasme, illusion et décryptage du réel. 

  On se proposera d’examiner comment le Théâtre, genre à la fois textuel et scénique, s’empare de cet imaginaire de l’altérité et l’exhibe, selon les modalités qui lui sont propres, renouvelant ou aggravant des stéréotypes préexistants, ou au contraire recréant de nouvelles figures ou figurations de l’Autre dans un sens essentiellement novateur.

 

    Comment  se joue la représentation de l’Autre au théâtre, de quelles codifications, de quels topoi  fait-elle usage ?  A quelles conventions, à quelle axiologie sa conception répond-elle ? Sa place dans la dramaturgie est-elle centrale ou accessoire ? Comment le rapport à l’Autre s’exprime-t-il dans l’un des éléments structurants de l’œuvre théâtrale, le dialogue ? Qui est l’Autre (pour le dramaturge, pour son public) ? Nous esquisserons ici quelques pistes de recherche :

 

 * un  personnage

      Au sein d’une sphère sociale ou d’un milieu familial donnés, l’Autre peut être le voyageur, l’étranger, qui, pénétrant dans cet espace, tranche sur les autres personnages par son costume et son langage, ses manières et ses valeurs. Pôle d’attraction-répulsion, cette figure dérange, suscite le  rire ou le mépris, plus rarement la fascination de ses partenaires dramatiques. Les exemples depuis l’Antiquité sont multiples ; dans la comédie classique, l’Autre est le provincial, ou encore le non initié, celui qui n’a pas intégré les codes de la mondanité,  celui qui se trouve, à la faveur de sa fortune ou d’un déguisement, propulsé dans une classe supérieure à sa classe d’origine. A  d’autres époques de l’histoire du théâtre (nous pensons notamment à celle du naturalisme) l’étranger peut être le déclencheur de l’action, provoquer une mise en cause des relations existant entre les autres personnages ; on évoquera alors le cas du Bote aus der Fremde ou de l’intrus.

 

* un cadre, un groupe, des figures de l’Histoire

   L’Autre au théâtre est aussi l’image construite ou reconstruite du pays étranger et de ses coutumes. En ce sens l’évocation de l’Autre recoupe celle de l’Ailleurs,  fictif ou fantaisiste, cadre-prétexte d’une action lointaine, ou au contraire conception élaborée, conduisant  à une vision idéalisée ou dépréciée du peuple voisin, de ses dirigeants  et de leurs valeurs.

     Dans la tradition du théâtre historique censé représenter des événements réels survenus à l’étranger, la vision dramaturgique porte d’ordinaire sur les gouvernants de la nation : la représentation historico-politique de l’Autre est sans doute plus significative quand elle porte sur une période presque contemporaine du dramaturge : Le Massacre à Paris de Marlowe, qui évoque la Saint Barthélémy,  propose une image féroce et machiavélique de Catherine de Médicis. Le Schisme d’Angleterre  de Calderón diabolise aussi Ann Boleyn, responsable de l’instauration de l’anglicanisme.

   

* l’adaptation de l’œuvre théâtrale étrangère, ou la réécriture de « l’Autre » 

  On évoquera enfin les traductions et adaptations des œuvres étrangères, soit qu’il y ait maintien de la localisation initiale (comme par exemple dans Le Cid de Corneille), ou au contraire déplacement, « relocalisation » dans le pays du dramaturge (pièces démarquées de l’étranger). 

  Dans tous les cas se pose la question de l’idéalisation ou du dénigrement, de la « neutralité »

réelle ou prétendue.

 

 

* * * * *

 

 

  Les propositions de communication sont à envoyer par courriel avant le 15 Janvier 2010 à Catherine Dumas cathe.dumas@wanadoo.fr ou à Karl Zieger Karl.Zieger@wanadoo.fr, en « pièce attachée » mentionnant le nom, le rattachement académique, le titre de l’intervention proposée et une brève description d’une dizaine de lignes de celle-ci. 

 

Le Comité scientifique qui choisira les propositions à retenir est composé de :

Yves Chevrel (Paris IV), Anne Ducrey (Paris IV), Sylvie Humbert-Mougin (Tours), Didier Plassard (Montpellier III), Manfred Schmeling (Université de la Sarre, Saarbrücken), Monique Dubar, Catherine Dumas, Claude Jamain, Joëlle Prungnaud (Lille III), Chris Rauseo, Véronique Sternberg, Karl Zieger (Valenciennes).