référence : http://listes.cru.fr/arc/mascarene/2009-10/msg00016.html
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VIVA MASCARENE !!!!

Nicola Savarese




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Bonjour,

Il y aura 15 ans dans quelques jours que Quéâtre a été fondé; le choix du nom, lui, date du 18 novembre 1994 (voir la transcription du message encore hésitant  au maître de poste, cdi-dessous). Un nom d'artiste aurait été intéressant, mais lequel?  Lescarbot avait déjà désigné un prix. Je ne connaissais pas alors Mascarène, que m'a fait découvrir Patrick O'Neill. Après consultation, nous avons choisi de changer le nom de Quéâtre pour celui de Mascarène.  

Dorénavant, vous pouvez donc écrire <mascerene@uqam.ca>, mais l'ancienne adresse, <queatre@uqam.ca>, demeurera valide.

Paul Mascarène est le premier traducteur, metteur en scène et acteur de Molière en Amérique, montant The Misanthrope à Port-Royal / Annapolis, pour la Fête des Rois de 1744 (1743 pour les Britanniques qui suivaient encore le calendrier julien).Jacques de Mareuil, aide de camp du gouverneur de Québec, Frontenac, a tenté de monter Tartuffe à Québec, 50 ans plus tôt, mais il fut censuré, comme on sait, avant d'entrer en scène.

 Mascarène est probablement aussi le premier conférencier sur le théâtre au Canada, ayant pris position sur une querelle de droit d'auteur dont on débattait en Angleterre. On sait en effet que Mascarène a écrit au moins une critique dramatique, « Remarks on Mr. Dennis criticism on the tragedy of Cato ».  Le document est malheureusement introuvable, aussi bien à Londres qu’à Boston, et il nous est donc impossible de le dater, ne serait-ce que par le contenu.  La pièce mentionnée, qui est de Joseph Addison, avait été créée à Londres en avril 1712.  Or John Dennis, lui-même auteur dramatique, fut blessé d’y trouver des citations de ses propres œuvres et publia en 1713  ses Remarks upon Cato.  Son amertume n’était pas sans jalousie, à cause du succès d’Addison. Ce qui amena  Alexander Pope à lui répondre, la même année : The Narrative of Dr. Robert Norris, concerning the strange and deplorable frenzy of John Dennis.  Si tant est que la critique de Mascarène se situe dans ce contexte, comme le titre le laisse croire, il  nous le montre associé aux positions que Pope, ce qui en dit long sur l’acuité de ses connaissances artistiques et littéraires; cela montre aussi la qualité de l’information culturelle qui peut  circuler dans une capitale coloniale comme Boston, où vivaient sa femme et ses enfants.

En attendant l'édition de sa traduction, qui a été acceptée par un éditeur voici quelques indications.  Paul Mascarène est né à Castres (Languedoc), en 1684, dans une famille de juristes huguenots, au lendemain de l'abolition de l'Édit de Nantes.  Son père, procureur du Roi,ayant été condamné aux galères, puis exilé en Suisse, il fuit à son tour en Suisse (1696), puis aux Pays-B as (1698) où son père est rendu, et mourant. Protégé par d'anciens officiers de Guillaume d'Orange et formé aux lettres classiques collège d'Utrecht, il quitta pour Londres Régiment des Fantassins français [French Foot] levé parmi les immigrants huguenots.  Puis le Duc de Portland, ami des De Rapin, lui obtient, le 6 avril 1706, une commission d’officier dans le Régiment de Lord Montjoy.  La présence du jeune Mascarène dans ce régiment attira l’attention du colonel Samuel Vetch, qui avait lui-même, avec son frère, étudié au Collège d’Utrecht et participé à l’expédition contre jacques II ; il l’accueillit en 1708 dans le corps d’élite qu’il recrutait en vue de la conquête de la Nouvelle-France.

À Boston, il signe un traité de neutralité avec les Amérindiens, puis passe à Port-Royal / Annapolis en signer un autre avec les Acadiens, mais Londres ne reconnut pas ce traité où on ofrait à ceux qui refusaient la neutralité de partir pour les forteresses françaises voisines (Louisbourg, Beauséjour, etc). Devenu malgrétout lieutenant-gouverneur de Nouvelle-Écosse, période faste où on y joua du théâtre, on constata que ses sentiments pro-français l'emportaient sur ses sentiments anti-papistes, et on le suspendit de ses fonctions pour le remplacer par un partisan de la Déportation.  Son intérêt pour Le Misanthrope se ressent de cs intrigues de palais, lui dont l'enfance avait été déchirée par les guerres de religion.

Il est décédé à Boston en 1760, après une Déportation sauvage à laquelle il était opposé et après  les guerres contre la Nouvelle-France auxquelles il n'a pas participé, mais avant le Révolution américaine. Bizarrement, deux de ses filles étaient  mariées à des importateurs de thé dont il semble que ce soit leurs cargaisons qui furent l'objet du "Tea Party", à cause des taxes que Londres leur avait imposées en cours de rtoute. 


L'histoire de Mascarène recoupe donc la France,la Suisse, les Pays-BVas, les U.S.A. et l"Acadie, de même que les théâtres français, anglais, américain et canadien.
Amitiés,
André G. Bourassa, professeur émérite
École supérieure de théâtre, UQÀM

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Date: Fri, 18 Nov 94 18:54:26 EST
Subject: Queatre

Bonjour Luc!
Je reviens sur le nom.
Il serait plus clair pour les etrangers de l'ecrire Queatre, pour  Quebec.theatre, comme Candrama pour Canada.drama.
D'accord?
Je m'excuse des hesitations, mais mieux vaut tout soupeser avant que  revenir sur cela apres, ce qui serait impossible.
Donc "Queatre".
Andre.
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