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Re: Re : Une dramaturgie du "nous"? Andre G. Bourassa



Bonjour,
Brecht a mis en question la catharsis, Beckett  a parfois écrit sans unité de temps, de lieu ou d'acrion, et Ionesco atteint le degré zéro de l'écriture (dialogues d'Assimil). Ce sont des acquis extraordinaires, qui ont rappelé indirectement que Aristote avait fait le point sur ce qui se passait de son temps, et non édicté des règles pour l'avenir. Mais ces nouveaux dramaturges  ont signé leurs pièces.

Je remarque ce certains collectifs publiés le furent le plus souvent au nom du directeur ou de la directrice, comme si les éditeurs n'acceptaient pas facilement la mort du "je".

Je serais curieux de savoir, quant à moi, quels ont été, au théâtre, les partisans de la "critique des reflets", cette école qui s'inspirait des textes sur l'art, en particulier des discours prononcés par Lénine à l'occasion, par exemple, de dévoilements de monuments à la mémoire d'artistes russes. Son commentaire était toujours que ce monument était le reflet du peuple, sans trop d'égards pour le "je" de l'artiste commémoré ni du "je" de l'artiste cmmémorant. Je suppose que cette critique a eu cours surtout entre mai 68 et la chute de l'URSS.

De cette période effervescente, il semble bien qu'il y a malheureusement des centaines d'œuvres collectives perdues. Rien qu'au Québec, on dit qu'il y aurait quelque 500 collectifs inédits. Et c'est sans compter que des écrivains se sont sûrement imposé le silence, faute de se sentir l'aptitude, la formation pour l'écriture collective. Certains critiques pensent d'ailleurs que de bons collectifs ont été obtenus par un remue-méninge autour d'un canevas propos,é et menant à une version finale déposée par un écrivain.

Amitiés,
André G. Bourassa
École supérieure de théâtrre, UÀM


L'arrivée de la dramaturgie de "nous" était totalement liée à l'idée de "mort de l'auteur", de sa sortie de sa "tour d'ivoire". Le bouleversement esthétique du Théâtre absurde, et la théorie de Brecht, avec son Théâtre épique, ont réalisé une rupture avec le concept du drame chez Aristote, longtemps considéré idéal, référence de la dramaturgie antique. 

Progressivement, l'écrivain unique, qui écrivait longtemps dans la solitude, s'absentait parfois de son propre bureau et rejoignait la création théâtrale. Il perd plus au moins son ancien statut, dit sacré, et laisse une place à l'écriture collective, ouvrant ainsi une nouvelle perspective dans le processus de la création théâtrale. Le recherche de Pierre Chabert, La création collective dans le théâtre contemporain, montre ce fait et articule les phases de la genèse de la création collective. C'est ainsi que l'improvisation s'impose d'ailleurs comme une technique d'expérimentation scénique, "poeïtique de la dramaturgie" et processus de l'écriture scénique. 

Dans cette perspective, le comédien devient donc l'auteur de son texte, moteur de la composition dramatique. Ariane Mnouchkine disait : "Les comédiens donnent plus qu'un simple matériau (....) La plupart du temps, ce sont eux (les comédiens) qui apportent la touche finale" (Travail théâtral, La Cité, janvier-mars 1971, p6). Ce changement a marqué ainsi l'expérience de Théâtre du Soleil, l'Open theater et bien d'autres. On parle désormais d'une dualité intime : écriture dramatique et écriture scénique. La scène accueille une double écriture, et les limites entre ce duo du s'effacent. 

Fehmi BESBES    



De : Bernard da Sousa <bernardasousa@videotron.ca>
À : Liste de discussion en francais sur le theatre <mascarene@uqam.ca>
Envoyé le : Mer 10 Février 2010, 23 h 03 min 55 s
Objet : Une dramaturgie du "nous"?

Bonjour,
Il y eut une période, peut-être dans le souffle de mai '68 et de la quête d'une  démocratie directe, où on a largement mis en question l'art du "je" au profit de l'art du  "nous". Ai théâtre, cela a donné lieu à la cogestion des troupes et une multitude de créations collectives.
Au Québec, des artistes ont quitté la scène, impuissants à se lancer dans l'improvisation à chaud, et peu de créations collectives me semblent s'être rendues jusqu'à la publication. Ce que j'appellerais la dramaturgie du "nous" a-t-elle donné, en France et en Francophonie, des pièces substantielles qui aient eu droit à au moins une édition? J'exclurais les films et vidéos, comme Paradise Now, qui a largement contribué à soutenir, sinon lancer cette phase du jeu et de l'écriture, qui me paraît  importante.
Cordialement,
Bernard da Sousa

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