référence : http://listes.cru.fr/arc/mascarene/2010-08/msg00002.html
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=?MACINTOSH?Q?Re:_Vocabulaire_th=8E=89tral?= jornig@att.net



Chere Madame Barriere:

Je vous remercie de vos eclaircissements...ils ont vraiment  utiles, je vous assure. Et merci pour la reference au Opera News..... je vais m'en obtenir une copie aussi.   Si j'ai d'autres questions, je voudrais bien les poser a vous et vos collegues.

Sincerement

Joseph R Ornig
Waukegan, Illinois USA
Bonjour!

 

Je prépare en ce moment un article sur les conditions de travail des artistes de la scène au Québec entre 1894 et 1914, à partir de 15 procès intentés principalement par les artistes contre la direction des théâtres de Montréal et de Québec. Les témoignages et les pièces déposées en preuve m’aident à reconstituer les pratiques du temps. Tous ces procès impliquent des chanteurs et des comédiens français ou belges qui formaient alors le gros de nos effectifs.

 

Pour vérifier la justesse de mes concepts, je me suis référée aux ouvrages de Pougin et de Pierron, pour m’apercevoir que nos troupes de théâtre étaient gérées comme des théâtres de province en France, presque mutatis mutandis.
Voici quelques renseignements qui, j’espère, seront utiles à M. Ornig.

 

MAGASIN : matériel des habits, des costumes, armes, équipement que possède chaque théâtre. À Paris à la fin du XIXe siècle, les théâtres fournissent des costumes aux comédiens, sauf les habits de ville.
En province, ils sont à la charge de l’acteur ou du chanteur; et il arrive même que la direction leur impose d’en acquérir de nouveaux qui conviennent au répertoire qu’elle veut afficher. (Pougin, 492).

 

Au théâtre des Nouveautés de Montréal, on exige que l’artiste fasse parvenir sa garde-robe à l’avance, bien avant l’ouverture de la saison. Il doit fournir tous les costumes exigés par ses rôles, sauf ceux réputés de magasin dont il devra se contenter, tels que l’administration les aura à sa disposition. Cependant, l’artiste doit fournir lui-même la chaussure, la lingerie, les bas et les gants. La direction ne fournit pas les barbes et les moustaches, mais les perruques, mais seulement quand elle le jugera à propos.

 

COMPLAISANCE (ou rôle par complaisance) : formule qu’on écrivait sur les affiches à côté du nom du comédien en province française au XIXe siècle, quand l’acteur était mécontent du rôle qu’on lui avait attribué, mais qu’il n’avait pas la liberté de refuser. (Agnès Pierron)
ou encore
rôle en dehors de l’emploi de l’artiste qui est appelé à le remplir. Une clause figure d’ailleurs dans son contrat qui l’oblige à le tenir. (Pougin, 658)

 

Je peux fournir un exemple à partir de Montréal. Julia Bennati, mezzo qui avait connu une carrière intéressante à Paris (création des premiers rôles dans Les noces d’Olivette, Les mousquetaires au couvent et La marquise des rues), vient faire son dernier tour de piste dans notre ville. Or, pour dépanner la direction, elle accepte de chanter le rôle d’Urbain dans Les huguenots, alors qu’elle interprétait habituellement Carmen, Azucena ou Léonore (La favorite). Les critiques la félicitent d’avoir rempli un rôle ingrat qui n’était pas à la hauteur de son talent.

 

CONDITIONS DE TRAVAIL DIFFICILES
J’imagine qu’il en était de même à La Nouvelle-Orléans dont Montréal s’inspirait d’ailleurs pour organiser ses troupes lyriques ou théâtrales. En autres, on leur imposait des tas d’amende pour toutes sortes de prétextes (fumer dans les coulisses, arriver en retard aux répétitions, manquer de respect au directeur, mauvaise maîtrise de ses rôles, etc.) Les amendes cumulatives étaient parfois tellement élevées qu’elles dépassaient le cachet mensuel de l’interprète. Sans compter que l’artiste pouvait être congédié pour le moindre motif.

 

NAUFRAGE DE L’EVENING STAR :
Cet ouvrage sera fort intéressant, car ce fut une grande épreuve pour la Crescent City qui reconstruisait son opéra après la guerre civile. J’ai prix connaissance de ce drame dans l’article publié par Marie M. Ashdown dans Opera News : « Beaux, Bravos and Shipwrecks ». J’espère pouvoir le lire bientôt!

 

Mireille Barrière

 

 

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