référence : http://listes.cru.fr/arc/medievale/1998-03/msg00093.html
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Re: Cours en ligne Philippe RAMONA



James Herisson a écrit:

> Bonjour, je suis nouveau sur cette liste. Je m'intéresse principalement
> aux chantiers des cathédrales, à la philosophie médiévale mais également
> aux rapports sociaux en général.
>

....

>
>
> Comme le dit un des membres de la liste, çà me rappelle vaguement les
> rapports maffieux, d'ailleurs dans certaines sociétés, je connais par
> exemple mieux la Corse que la Sicile, on retrouve ce genre de liens, ou
> leur restes, qui sont peut-être les subsistances de ces anciens rapports
> féodaux, apanage de sociétés ou le pouvoir central n'a jamais vraiment
> pu dominer.
>
> J'irais plus loin en disant que l'un de mes sujets de réflexion est le
> rapport de ces sociétés avec notre époque, ou une certaine féodalité
> transnationale, une certaine déliquescence du pouvoir central,
> l'émergence incontrôlée de réseaux de solidarité de toutes sortes, me
> fait dire que l'on revient au XIème siècle ??
>
> What do you think of that ?
>
> James Herisson
> herisson@club-internet.fr


Il me semble que cet article apporte des éléments très intéressants au
débat, qui peut ainsi s'extirper un peu des schémas éculés de la vision
marxiste et de ses "rapports dominants-dominés" issus à mon avis d'une
vision romantique de l'histoire médiévale plus que d'une véritable
analyse... (Marx et Viollet le Duc même combat...:))

L'idée de rapprocher le fonctionnement du féodalisme de celui d'une société
maffieuse parait tout à fait pertinent effectivement. Il permet de resituer
dans son contexte l'invention de ce système. Et de remettre en lumière un
élément fondamental et indispensable à l'existence du lien féodal: la notion
de protection et de sécurité dans un monde où aucun pouvoir central n'est
plus capable de l'assurer et où a notion de citoyenneté n'a plus de sens.

Ce n'est effectivement pas par hasard si les "mafias" apparaissent dans des
circonstances de désagrégation du pouvoir central, que cette désagrégation
soit liée à un  événement historique (chute de l'empire carolingien, chute
de l'empire soviétique) ou géographique (isolement comme en Sicile, en
Corse...) ou les deux (tchétchénie..). Bien sûr on peut objecter en citant
la mafia américaine, où Colombienne... mais là, on rejoint la fin de
l'article précédent qui amène à se poser la question de notre société, qui
allie ce paradoxe d'allier un état central de plus en plus dirigiste et
tatillon dans ses rapports avec les citoyens avec un sentiment d'insécurité
de plus en plus prégnant...

Débat intéressant je crois.. peut-être nos enseignants pourraient-ils
envisager d'aider leurs élèves à comprendre le moyen âge en leur parlant de
Salvatore Giuliano plutôt que de Lénine... ;)))

Et in terra pax hominibus bonae voluntatis...

Philippe RAMONA
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