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Re: Cours en ligne Christos NUESSLI



Bonsoir M. Leclercq

Entièrement d'accord. Vous avez fort bien dit ce que je n'avais pas
résumé.

Un détail cependant: l'"impératrice" byzantine Théophano, il n'est pas
certain qu'elle était fille de l'empereur d'Orient, peut-être nièce.
Ainsi donc elle est devenue impératrice d'Occident par mariage.

Tout de bon

___
Christos NUESSLI

cleclercq a écrit:
> 
> En réponse à la question posée il y a peu de savoir où et quand avait
> été fondé l'Empire Romain Germanique, je me permets d'ajouter ma
> petite contribution, mais à mon avis il ne doit rien y avoir de
> vraiment original.
> 
> Bonjour,
> 
> Je ne suis ni Français, ni historien.
> Je ne suis pas Historien, simplement prof. de Français en Belgique et
> qui, pour compléter son horaire, a dû accepter des cours d’Histoire.
> De plus, les préoccupations et les contraintes pédagogiques et/ou
> matérielles m’ont toujours empêché de lire et d’étudier autant que je
> l’aurais voulu.
> Enfin belge de nationalité, je n’ai pas toujours la même perception
> des événements que les français.
> Tout ceci ne m’empêche pas de donner mon avis.
> 
> On cite dans plusieurs livres d’Histoire la date du 2 février 962 et
> la vile de Rome (ce sont d'ailleurs les "clercs" du pape qui
> rédigèrent les textes légaux). Le pape Jean XII y couronna Empereur le
> roi Otton (fils de Henri I°, roi des Saxons).
> Les raisons en sont que Otton I, consolidateur de la royauté en
> Allemagne , soutien de l’Eglise et de son effort de Christianisation,
> et vainqueur des Hongrois en 955 à Lechfelden, devait apporter son
> soutien au Pape, dans un accord de réciprocité.
> Mais je pense que la question de la date de création du St-Empire
> Romain Germanique (ou de la Nation Germanique, comme on l’a dit
> précédemment) est un piège.
> En effet, le terme en question ne date, selon mes souvenirs, que de la
> fin du Moyen-Age (XV° s.),  non ?
> Par contre au niveau du fait en lui-même, on peut dire que la
> reconstitution de l’Empire Romain a hanté, déjà au moment de sa
>  décadence », tous les conquérants, les souverains qui ont régné en
> Europe Occidentale.
> Clovis, Charlemagne, ont tendu, et réussi à des niveaux différents, à
> reconstituer cet « idéal » de l’Empire Romain.
> Avec la prérogative et le devoir de défendre le monde Chrétien et la
> Papauté.
> Mais cet Empire d’Otton I°, s’il est réellement germanique de par sa
> composition, il n’est romain que par son lieu de naissance et de plus
> il  ne reprend même pas les limites de l’Empire de Charlemagne.
> Il ne comprend pas la Gaule, la Francie occidentale (résultant du
> partage de l’Empire Carolingien en 843)
> Et les Etats Pontificaux qui y sont associés ne représentent guère
> toute l'Italie, et encore moins la Francie Médiane
> La péninsule Ibérique n’en fera partie (totalement) qu’à partir de
> Charles-Quint !
> Empereur et Auguste, Otton I est le successeur de Charlemagne, pas des
> empereurs romains.
> Ce n’est que Otton III (980 – 1002),  petit-fils d’Otton le Grand,
> fils d’une impératrice byzantine, couronné à Rome en 966, qui tentera
> de reconstituer politiquement une partie de cet Empire.
> C’est lui qui portera à la papauté le savant moine Gerbert (le pape
> Sylvestre II).
> Il le soutiendra. Dans son esprit toute la chrétienté (présente et à
> venir) doit faire partie de cet Empire dont l’Allemagne et l’Italie
> sont le cadre actuel, mais extensible.
> Il tentera donc d’associer La Pologne et la Hongrie à l’Empire, mais
> heurtant les sensibilités de son époque, il sera chassé de Rome.
> Son successeur ramènera sa cour en Allemagne.
> La Querelle des Investitures et les Guerres des Guelfes et des
> Gibelins marquent la « sortie » (c’est une image) progressive de l’
> Italie de la sphère d’influence des Empereurs.
> De plus l’Allemagne au Moyen-Age est un tissu peu homogène de
> centaines de principautés, de royaumes, d’évêchés, de seigneuries, de
> villes libres etc..
> Le principe du Pouvoir central y est faible, battu en brèche par les
> appétits des Seigneurs et par le principe de l’électivité !
> Je pourrais continuer, mais je crois que mon idée est saisie : il n’y
> a pas vraiment d’Empire Romain Germanique.
> Ni dans le type de pouvoir centralisé. Ni dans l’extension
> géographique. Ni même dans l’unité législative. Ni dans l’unité d’un
> support linguistique commun (le latin). Ni même dans la monnaie
> commune.
> C’est une question de mots.
> J’espère que je ne vais pas m’attirer les foudres des « pontes ».
> Mais c’est ce que j’ai tenté d’expliquer à mes élèves.
> Un mythe quasi Européen. Celui d’un empire uni, fort, homogène et qui,
> dans l’occident européen et chrétien,  se veut «grand» pour mieux
> résister aux différents courants migratoires (invasions ?).
> Napoléon ne cédera-t’il  pas lui aussi à ce mythe ?
> N'est-ce pas non plus dans l'inconscient mythique de Robert Scumann et
> de Paul-Henri Spaak, pères fondateurs de la C.E..E en 1956 ?
> Veuillez excuser ma longueur. Ce n’est pas de mise, mais je répugne à
> résumer. C’est trop touffu.
> Bien à vous.
> C.Leclercq.
> 
> -----Message d'origine-----
> De : Christos NUESSLI <christos.nuessli@span.ch>
> À : Liste de discussion sur l'occident medieval <medievale@uqam.ca>
> Date : vendredi 27 mars 1998 17:27
> Objet : Re: Cours en ligne
> 
> > A ce propos, j'interroge les historiens français ; où? et par quel
> texte? le
> > Saint Empire Germanique a t'il été fondé, ce lieu se trouve t il en
> France ou
> > en Allemagne?.
> ____
> Christos NUESSLI