référence : http://listes.cru.fr/arc/medievale/1998-07/msg00016.html
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Re: Les metiers Loïc & Julien



Rony,

Sans être spécialiste de la question, je me permets de vous communiquer
ces quelques éléments :

Vous devez certainement connaître « le Livre des Métiers » ou «
Etablissements des métiers de Paris » (1268) d’Etienne Boileau qui
constitue une source de renseignement extrêmement intéressante et
précise. Boileau, devenu prévôt de Paris en 1261 fait compiler quelques
années plus tard les règlements d’environ cent vingt métiers
(c'est-à-dire la presque totalité des métiers organisés qu’on trouve à
Paris).

Je vous renvoie, pour quelques remarques et observations intéressantes
concernant les métiers et leur organisation à quelques ouvrages généraux
se rapportant à divers domaines (droit et société, ville, guerre) qui
vous mettront sur des pistes fameuses j’espère :

Georges Jehel et Philippe Racinet, « La ville médiévale - de l’Occident
chrétien à l’Orient musulman, Vè-XVè siècle », Armand Colin, coll. U,
Paris, 1996 (particulièrement chap. VI, pp.238-255). [Les auteurs
placent ici leur analyse des métiers et guildes dans une relation à la «
société urbaine » qu’ils perçoivent comme étant « au service de
l’économie ». Vous y trouverez un résumé des éléments importants
concernant les « métiers et organisation professionnelles » en Occident
et quelques mots sur les mêmes thèmes pour l’Orient].

Jacques Bouineau, « Histoire des Institutions, Ier-XVè siècle », Litec,
Paris, 1994 (particulièrement pp.303-310). [J. Bouineau y note par
exemple : « si l’on regarde les vitraux de la Cathédrale de Chartres,
donnés par les métiers, on se trouve devant une réalité politique :
c’est en effet à travers les images des saints patrons des artisans et
des activités professionnelles que la lumière pénétrera dans le temple
où l’homme cherche à s’approcher de Dieu. Les marchands sont dans le
temple et diffusent la lumière sur les fidèles et le clergé lui-même...
». Ceci, parmi d’autres remarques plus juridiques].

Dans une approche peut-être un peu plus large, vous pouvez prendre en
considération les miniatures et enluminures médiévales qui sont d’une
telle richesse pour les métiers de l’agriculture et de la terre en
général et pour les métiers de guerre. Sur ce dernier point, là encore,
un ouvrage général qui dit bien quelles sont les origines des armées
permanentes, qui évoque aussi les contrats, les salaires et le
volontariat des hommes d’armes du Moyen-Age : Philippe Contamine, « La
guerre au Moyen Age », PUF, coll. Nouvelle Clio, 4è éd., Paris, 1994.
Le site de la Bibliothèque Nationale offre un très bel échantillon de
miniatures ou d’enluminures : http://www.bnf.fr/enluminures/accueil.htm

Bien sûr, ce ne sont là que quelques indications d’ordre général. Vous
trouverez dans chacun des ouvrages mentionnés une bibliographie qui vous
permettra d’aller plus avant dans votre entreprise.

Bien à vous

Loïc