référence : http://listes.cru.fr/arc/medievale/2001-03/msg00122.html
     Chronologie       
     Conversation       

[MEDIEVALE:3166] Fecondation 'in vitraux' ;o) Marjorie Burghart



Bonjour à tous !

J'interviens un peu en retard sur les gestes de l'amour pour signaler une
référence qui, me semble-t-il, n'a pas été citée (mais j'ai peut-être sauté
quelques messages). Il s'agit de :
Arnaud de la Croix, "L'érotisme au Moyen Age", Paris, Tallandier, 1999, 164
p.
Je suis tombée dessus dans les rayons d'une bibliothèque hier, en faisant
une recherche iconographique. J'ai simplement feuilleté les planches, qui
montrent quelques miniatures intéressantes et originales. On y trouve aussi
une représentation de couple se tenant qui le menton qui le genou.
Ci-dessous, la critique du magazine "Lire" à propos de cet ouvrage (trouvée
sur le net)

Cordialement,
Marjorie

-----------------------------
Au Moyen Age, le plaisir du corps et l'élan vers Dieu empruntent des voies
parallèles. L'Eglise veille aux distinctions mais elle est impuissante à
empêcher les confusions. La mystique, exercice de pure désincarnation, ne
procède-t-elle pas du même sentiment que l'amour charnel? Celle de
Hildegarde de Bingen, en tout cas, pas moins que celle de la béguine
Marguerite Porete, vouée au bûcher en 1310, est brûlante d'une impétuosité
très physique. Les ardeurs de la foi sont singulières et les moniales se
défendent mal, dans leurs épousailles avec le Christ, d'inclinations on ne
peut plus humaines. Le Moyen Age, certes, n'a rien d'un cloître enfumé
d'encens, il suffit de se reporter à ses fabliaux salaces, à ses chansons à
boire, à manger et à forniquer pour en apprécier toute l'impudeur et la
sexualité à cru. Arnaud de La Croix voit dans tous ces carnavals et ces
manifestations de rires gras «un insolent pied de nez à saint Augustin et
saint Bernard réunis», à quoi les gargouilles grimaçantes de nos cathédrales
ajouteraient comme un bras d'honneur.

Donc, l'Eglise n'en peut mais, qui condamne aussi l'amour courtois et les
fantasmes qui s'attachent à cette sensualité inspirée de la culture arabo-
andalouse. Les gentils troubadours au pilori? Si la «fine amor» (n'oublions
pas qu'amour se décline au féminin jusqu'au XVIe siècle) exclut l'amour
charnel, elle n'en est pas moins lourde de péchés. Charles Baladier analyse
avec finesse la notion de delectatio morosa, cette délectation morose qui ne
suggère rien de triste mais au contraire le plaisir d'un interdit que
l'attente de son accomplissement, sans cesse différé, ne fait qu'augmenter.
L'amour aux XIIe et XIIIe siècles? Une affaire privée qui agite surtout les
clercs parce qu'ils devinent derrière les voiles de l'alcôve une manière de
subversion diabolique.
Daniel Bermond - Juin 1999
------------------------------

-------------------------------------------------------------medievale-+
_______________________________________________________________________________

>>> Pour être retiré de cette liste d'envois,

écrire à:   listproc@uqam.ca

    avec comme seule ligne de message:

unsubscribe MEDIEVALE


Note: la commande doit apparaître dans le corps du message, 
      NON PAS dans le Sujet.
-------------------------------------------------------------medievale--