référence : http://listes.cru.fr/arc/medievale/2004-01/msg00012.html
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[MEDIEVALE:4855] epigraphie Dieu Lionel



Merci de ton aide.
voilà ce que j'ai noté, ça m'aurait arrangé qu'ils ne soufflent pas dans des cors car ces lignes expliquent que je n'ai rien compris. C'est peut-être l'occasion d'essayer de le comprendre en se mettant à plusieurs, mes prédécesseurs ne s'y étant pas risqués. Toutefois, je suis certains que l'inscription contient la solution, mais je n'ai jamais étudié l'épigraphie. 
je mets les 2 chapiteaux en ligne, d'assez grande taille (300 ko pour les 4 faces) pour pouvoir les regarder bien comme il faut. Le vainqueur gagne un tirage PSD pour pouvoir publier un article dans la revue de son choix !!!!!
amitiés
Lionel

http://perso.wanadoo.fr/lionel.dieu/chatochapito.html

Dans le chœur de l'église de Châteaumeillant (Cher), deux sonneurs nus occupent une face d'un chapiteau. Sur les autres, deux hommes forment une variante de la concorde et de la discorde ; les habituelles haches sont remplacées par des serpettes, un serpent debout, formant le 666, mort la tête de l'un d'entre eux pour montrer les défauts de l'esprit. Une centauresse archer vise trois personnages nus qui se cachent derrière des arbres. Cette représentation puise son inspiration dans la mythologie grecque où les centaures se repaissent de chair crue. Une gueule de loup avale un animal. 
On conviendra que toutes ces représentations ne sont pas faciles à décrypter. Des inscriptions figurant sur le tailloir apporteraient sans doute des éclairages précieux à celui qui saurait les déchiffrer. L'ensemble se place toutefois dans le contexte d'une chasse avec ses attributs : le cor et la centauresse-archer : image de la mort. 
La lecture du chapiteau conjoint permet toutefois de comprendre que la sonnerie est effectuée autour des vices et des péchés. Du côté du chœur, dans l'angle de la corbeille, un homme nu, bestial, tient entre ses mains une longue langue se terminant comme les phylactères. Sur la première face, un pélican tient un poisson dans son bec à côté d'un homme nu dévoré à la tête par une gueule de mammifère. De la main gauche, il s'accroche à la crinière à quatre (terre) flammes d'un canidé qui avale la main d'un homme accroupi, dont la bouche est obstrué par une boule ; une bourse semble pendre sur sa poitrine. À sa gauche, deux têtes masculines aux yeux très profonds figurent dans des formes stylisées qui peuvent aussi bien évoquer des plantes d'eau que des flammes. Sur la dernière face, une femme nue est dévorée à la tête par un monstre et piquée au bras par un aigle ; une pomme est placée entre les deux. Impossible à comprendre avec certitude, on peut tout de même essayer de perce!
 voir le message général de ce programme. Tout d'abord, la condamnation de la parole se conjugue avec la nécessité de tenir sa langue. Le pélican et le poisson constituent les symboles du Christ et du Chrétien.  Le monstre dévore les mains d'un avare, les têtes brûlent en Enfer, la femme nu auprès de laquelle est placée une pomme, symbole par excellence de la tentation, est piquée par l'aigle, autre figure du Christ. Le répertoire des vices et des menaces de l'androphage est traité d'une manière originale. 
Placées dans le chœur, il est probable que ces représentations étaient destinées aux clercs. Au XIIe siècle, un cancel délimitait l'espace entre les officiants et les paroissiens. Cancel, du latin cancellus, signifie barrière ; son gardien cancellarius aboutira par extension à la fonction de chancelier. La règle de saint Benoît débute par "Écoute mon fils". Un moine ne parle pas sauf lorsqu'on lui parle, uniquement par nécessité, ne cause que pour dire des choses importantes. La plupart du temps, on vie en silence. La nudité des sonneurs empêche de les classer parmi les hérauts ou les juges, instar civils des anges avertisseurs. On peut se demander si les cors ne signifieraient pas ici : la parole, le souffle corrompu. 

>J'ai jeté un coup d'œil à tes photos. Mais il faudrait peut-être les
>compléter par une transcription des caractères, et une notice précisant
>le contexte de cette inscription pour pouvoir essayer de la comprendre.
>
>Cordialement,
>
>
>Gauthier LANGLOIS, 




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