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[MEDIEVALE:4913] Re: Sauvegarde du grec et du latin Frederic Fauquier



Bonjour,
 
Je me permets de vous transmettre une lettre ouverte, rédigée par un collègue, à l'initiative de profs de philo. qui présente des arguments intéressants pour la défense des langues anciennes. Le but est de recueillir suffisamment de signatures pour avoir peut-être un débouché presse écrite. La lettre est ouverte aussi à tous ceux qui n'ont aucun intérêt professionnel au maintien de l'enseignement du latin et du grec.
 
Si vous désirez la signer, vous pouvez m'envoyer un courriel (nom, prénom, profession, (établissement pour les enseignants), ville, et adresse électronique pour être tenu au courant) à l'adresse suivante : ff2@tiscali.fr .
 
Cordialement
 
Frédéric Fauquier
 
 
LETTRE OUVERTE AU MINISTRE DE L'ÉDUCATION NATIONALE SUR L'AVENIR DES
LANGUES ANCIENNES DANS NOS ÉTABLISSEMENTS D'ENSEIGNEMENT

Monsieur le Ministre et Cher Collègue,

Les soussignés tiennent à vous faire part de leur réprobation indignée
face aux mesures prises contre l'enseignement du latin et du grec dans
un certain nombre d'académies.
Les arguments comptables qui semblent devoir être mis en avant pour les
justifier seraient indignes de boutiquiers bornés. Nous comprendrions
particulièrement mal qu'ils puissent recevoir la caution d'hommes qui,
comme vous-même et votre ministre délégué, sont les produits de
l'enseignement dont ce genre de mesures signe l'arrêt de mort. Ou au
mieux, en réserve l'accès et l'apanage à une élite de plus en plus
restreinte : ce qui témoignerait d'une curieuse façon d'être attentif à
la France d'en bas, bien peu fidèle à cette égalité républicaine à la
défense de laquelle le Président de la République doit en bonne partie
sa réélection.
Les soussignés tiennent à préciser qu'ils sont professeurs de
Philosophie : on ne saurait donc imputer leur protestation à un
corporatisme auquel le gouvernement dont vous êtes membre semble ne
vouloir reconnaître de légitimité que quand il est le fait du patronat.
Certes, les deux langues dont se prépare discrètement l'euthanasie,
dans l'arrière-boutique de rectorats où l'on semble désormais incapable
d'avoir de plus hautes ambitions que comptables, se trouvent être les
langues maternelles de la philosophie, en même temps que de la
démocratie et de la république. Mais sous le rapport du bénéfice
personnel, qui semble être le seul auquel l'actuel gouvernement sache
faire droit (ignorant peut-être, faute de compétence latiniste, le sens
de la belle expression latine de res publica.), force est de souligner
que la disparition de deux options, notamment dans des filières
littéraires qui en comptent beaucoup, ne peut qu'aider les professeurs
de Philosophie que nous sommes à obtenir des emplois du temps plus
confortables.
Ce n'est donc pas au nom de nos intérêts ni de notre confort
corporatistes que nous avons choisi de manifester notre indignation à
un Ministre qui fut naguère, comme son ministre délégué, notre
collègue, et comme lui produit de cet enseignement qu'on semble vouloir
achever de briser. Sans avoir pour cela ni l'excuse du modernisme,
puisqu'il ne s'agit en un sens que de mener à terme une politique
d'abandon engagée il y a plus de trente ans, ni celle de vouloir
parachever une heureuse entreprise : car dans les innombrables causes
de ce qu'on a coutume de nommer l'échec scolaire, l'étude du latin et
du grec est bien l'une des seules choses qui ne puisse être incriminée,
vue la constance avec laquelle elle a été marginalisée au nom d'une
volonté de nouveauté ne pouvant guère se réclamer que par usurpation
des fins latinistes que furent ses chantres Baudelaire et Rimbaud. Car
on ne saurait évoquer à son appui le nécessaire développement de
l'enseignement scientifique : le vocabulaire des sciences témoigne
surabondamment de ce que les scientifiques n'étaient jusqu'à une date
très récente ignorants ni du latin, ni même du grec, sans qu'à
l'évidence cela ait nui le moins du monde à leur compétence. Nombre
d'entre eux - et tous ne sont pas parmi ceux-là cacochymes - protestent
même vivement du contraire, et ne sont pas les derniers à vanter la
valeur formatrice de l'étude du latin et du grec !
À l'heure où le moindre lavoir de village se voit sacralisé au nom du
patrimoine, et où l'Europe se cherche des racines communes plus à même
de fonder une communauté que le cher sinon précieux Euro, il est
impensable d'organiser ainsi la liquidation de la part peut-être la
plus incontestablement commune de notre patrimoine européen. Si seule
la Grèce parle grec, une appréciable partie des langues européennes
dérive du latin. Et toutes ont à l'égard de celui-ci, et du grec, dont
il fut le relais vers l'Occident, une dette qu'il est criminel de faire
ignorer aux générations futures, si comme le voulait un Nietzsche qu'il
est vrai vous n'aimez pas, l'homme de l'avenir sera celui qui aura la
plus longue mémoire. Rappelez-vous, Monsieur le Ministre, que la
réforme de l'écriture imposée au Japon par le proconsul Mac Arthur en
1946, qui réduisit de moitié le nombre des caractères, le faisant
passer de 3 600 à 1 800, a pour brillant résultat d'interdire à peu
près la lecture des textes écrits par ses grands-parents à un Japonais
ayant appris depuis une langue qui n'est plus guère sa langue
maternelle que par façon de parler.
Peut-être objecterez-vous qu'à quelques rares exceptions près, nos
grands-parents n'écrivaient plus en latin, et moins encore en grec.
C'est vrai. Mais les professeurs de Philosophie que nous sommes, et
dont vous fûtes également, sont mieux placés que quiconque pour
vérifier quels horizons la compréhension des racines de leur langue
ouvre aux jeunes gens, en plus de leur montrer que les difficultés
qu'elle comporte n'ont rien d'arbitraire.
Et n'oubliez pas, non plus, que sa dette vis-à-vis des cultures
grecques et latines, l'Europe la partage avec le monde arabe. Et qu'à
cet égard, ce commun héritage gréco-latin peut aider à dessiner entre
l'Europe et le monde arabo-musulman un autre type de relation que celui
issu du récent passé colonial. Il serait quand même curieux que vous
entériniez des mesures réservant de fait aux seuls érudits l'accès
direct aux textes de saint Augustin, au moment même où l'Afrique du
Nord redécouvre qu'il fut de ses fils.
En un moment où tout un chacun s'accorde à reconnaître l'urgente
nécessité de (re)construire une culture commune, il est aberrant de
liquider ainsi ce qui aurait naturellement et historiquement vocation à
en fournir le socle. Avec infiniment plus de facilité, par exemple,
qu'un patrimoine artistique et architectural objet depuis quelque temps
de toutes les attentions, et de maints colloques, mais que sa nature
même rend infiniment moins aisé à mettre à la portée de tous : dans un
pays comme la France, les centres historiques - édifices haussmaniens
compris - représentent à peine 1,5 % de la surface bâtie, ce qui réduit
considérablement leur capacité à offrir des repères communs. Ajoutons
qu'une appréciable partie de ce patrimoine artistique ne peut que
demeurer muette et inintelligible pour ceux qui ignorent les sources
grecques et latines d'où il procède en bonne partie.
Le bénéfice que peut au demeurant apporter l'étude des langues
anciennes à la formation de l'esprit n'est plus à démontrer. Sauf pour
ceux qui ignorent que l'étude du latin et du grec n'a pas perduré telle
quelle depuis l'Antiquité, mais fut promue lors de cette Renaissance où
s'inventa notre modernité. Et qu'elle le fut par ces humanistes qui
visaient à substituer l'éducation de l'homme à la formation du pur
praticien, prédominante alors dans l'enseignement.
L'argument peut être de peu de poids face à un gouvernement qui par
ailleurs, organise benoîtement le démantèlement de la recherche
fondamentale au bénéfice de la recherche appliquée.Permettez-nous alors
de rappeler à son attention, et à la vôtre, l'observation faite naguère
par Régis Debray : il notait que la quasi-totalité des leaders du FIS
(et nous pourrions aujourd'hui leur adjoindre la quasi-totalité des
kamikazes du 11 septembre, et leur commanditaire présumé.) avaient, en
fait de formation « à l'occidentale », reçu un enseignement
techno-scientifique nettement plus techno que scientifique :
c'est-à-dire un enseignement où, à n'être pour des raisons d'efficacité
immédiate envisagée que comme un instrument, la science allégée de son
essentielle dimension réflexive et réduite à ses seuls résultats,
contribue moins à la formation de l'esprit critique qu'à faire le lit
d'une nouvelle forme de superstition, d'autant plus dangereuse qu'apte
à se parer des atours du savoir rigoureux. Ortega y Gasset avait dès
longtemps pronostiqué l'avènement de ces « savants ignorants » : il
nous appartient hélas de vérifier que pour se parer des oripeaux de la
science, et savoir exploiter la redoutable efficacité de celle-ci,
l'obscurantisme techniciste auquel leur « culture » hémiplégique les
conduits n'en est pas moins dangereux, bien au contraire, et pour eux
non moisn que pour les autres.
Ajoutons que même dans une optique technicienne, l'enseignement du
latin et du grec ne relève nullement d'un luxe ou du « supplément
d'âme ». Il n'y a pas qu'une petite poignée d'universitaires et de
chercheurs hautement spécialisés qui puisse en tirer un bénéfice
professionnel. Du psychanalyste et du psychologue à l'avocat et au
magistrat, en passant par le journaliste et l'homme de médias, tous
ceux pour qui savoir ce que parler veut dire ne relève pas du luxe sont
dans le même cas.
Au surplus, il n'est pas de régime où savoir ce que parler veut dire
soit moins un luxe que dans cette démocratie dont ses inventeurs grecs,
qui furent aussi ceux de la rhétorique, ont bien vite observé qu'elle
dégénérait immanquablement en sa caricature démagogique lorsqu'elle
était le fait de citoyens dénués de cette compétence : parce que
ceux-ci constituaient alors des proies de choix pour toutes les
sophistiques, ces prototypes antiques de notre moderne communication. À
laquelle les techniques contemporaines de diffusion confèrent une
puissance dont les plus optimistes et roués des sophistes et démagogues
grecs n'eussent guère osé rêver !
L'étude des langues anciennes, par l'ouverture qu'elle offre sur les
sources de notre civilisation et de ce en quoi elle a reconnu sa
culture, ne peut sans doute pas combler le besoin éperdu de sens dont
témoigne notre temps. Mais elle peut lui donner les moyens de ne pas se
satisfaire au rabais, comme il semble n'être que trop enclin à le
faire : y compris, sinon d'abord, chez les bénéficiaires d'une
formation scientifique, dont un de vos plus tonitruants et volcaniques
prédécesseurs professait pourtant qu'ils étaient les seuls à pouvoir
comprendre quelque chose au monde d'aujourd'hui.
Votre gouvernement s'apprête, Monsieur le Ministre, à promouvoir une
loi prohibant dans l'enceinte des écoles de la République les signes
religieux ostensibles ou ostentatoires. Les soussignés peuvent avoir
des avis divers sur cette loi, dont si elle voit le jour, il
appartiendra à l'Histoire de juger l'opportunité. Mais ils tiennent à
souligner que le seul moyen de parer véritablement et durablement aux
dangers d'intégrismes se nourrissant d'un littéralisme myope, c'est de
donner à la jeunesse de ce pays le minimum de pratique philologique
grâce auquel livres et textes deviennent des instruments irremplaçables
pour la pensée, plutôt que des substituts de celle-ci, et des
éteignoirs pour l'intelligence. Les langues anciennes peuvent dans ce
domaine être d'une utilité essentielle, et peut-être même sans
pareille, par-delà la dimension patrimoniale que nous évoquions plus
haut : parce qu'elles sont par nature insusceptibles d'être contaminées
par les visées étroitement communicationnelles qu'un pragmatisme borné
rend peu ou prou dominantes dans l'enseignement des langues vivantes au
niveau secondaire, où l'on semble tenir pour une obscénité de
considérer qu'une langue est un instrument de pensée au moins autant
qu'un outil de communication - quand c'est davantage sous le premier
que sous le second registre que son étude peut avoir sa place dans un
enseignement élémentaire visant l'éducation plutôt que la simple
formation.
Et il n'est pas interdit de penser qu'avoir appris comment user d'un
apparat critique puisse être au moins aussi utile que la maîtrise du
format html pour s'orienter avec un minimum de sens critique dans la
masse d'information auquel internet offre un accès indifférencié : ce
qui fait de lui aussi bien un outil irremplaçable, pour qui sait trier
intelligemment dans cette masse de données, en les évaluant en fonction
de leur source, en les recoupant, confrontant, etc. - que le pire des
instruments de décervelage jamais inventé, pour qui ne sait que les
recevoir au premier degré.
Last but not least - vous voyez que nous n'entendons pas réserver nos
faveurs aux seules langues de Cicéron et de Platon : pour les jeunes
gens qui n'ont pas la bonne fortune d'avoir comme langue maternelle le
français de ce que les sociologues nomment la « culture légitime », la
maîtrise de ce français n'en est pas moins indispensable à la poursuite
d'études de haut niveau. Or cette maîtrise ne peut qu'être grandement
facilitée par la connaissance d'un latin à partir duquel devient
intelligible l'essentiel des difficultés morphologiques et syntaxiques
auxquelles on ne peut, sinon, faire face que par la voie du par cour et
l'acquisition bien peu formatrice d'automatisme. Nombre d'expériences
pédagogiques récentes ont confirmé cela. Il ne serait à cet égard
nullement absurde de penser que l'étude du latin, notamment, puisse par
ce biais-là contribuer grandement, sinon à réduire, du moins à rendre
plus intelligible, donc supportable et par là surmontable, cette
fameuse violence symbolique de l'école, en considération de laquelle un
pédagogisme stupidement sociologisant s'en est naguère particulièrement
pris à l'étude de langues anciennes dénoncées comme scandaleusement
élitistes.
Peut-être nous répondrez-vous, Monsieur le Ministre, que vous êtes le
premier à déplorer cette disparition au collège et au lycée de l'étude
du latin et du grec. Et qu'en fermant ou laissant fermer ici et là un
nombre croissant de classes dans ces disciplines, vous ne faites
qu'aligner l'offre sur une demande en baisse. Pardonnez-nous de devoir
vous dire que c'est encore là logique de boutiquiers, non de politiques
en charge de la définition et de la promotion du bien commun, « le plus
divin des biens », disait Coluccio Salutati, ce brillant philosophe
humaniste et latiniste, qui fut aussi l'un des plus grands chanceliers
de la République de Florence, où il introduisit l'étude du grec !
Force est d'ailleurs de constater que dans le domaine qui est le sien,
votre collègue de l'Intérieur, et avec lui l'ensemble du gouvernement,
semblent bien décidés à ne pas considérer que le fait accompli puisse
faire droit, et à mobiliser les moyens nécessaires pour qu'il n'en
aille pas ainsi. La culture mériterait-elle moins d'efforts que la
sécurité, au pays de Voltaire et de l'Encyclopédie ? En faire le pari
serait d'autant plus un calcul à courte vue que le délitement de l'une
n'est pas le moindre des facteurs contribuant à celui de l'autre. Outre
qu'elle est la première des insécurités, et peut-être la pire, dans un
monde dont la croissante complexité réduit ses victimes au rang de
spectateurs passifs, l'indigence culturelle ne peut que favoriser des
replis communautaires peu favorables à l'émergence d'un vivre en commun
que la seule consommation se révèle chaque jour plus impropre à
générer. Et s'il ne s'agit pas de nier avec un angélisme béat la
nécessité de dispositifs répressifs sans lesquels la loi n'a plus de
fonction que décorative, force est néanmoins d'observer que la culture
peut faire bien autrement l'unité de la cité que la répression.
Osons le dire : devant l'incapacité de plus en plus avérée d'un
enseignement de plus en plus étroitement techniciste (l'enseignement de
ce qui sert, réduit à une procédure appliquée mécaniquement, sans
intelligence, et partant, d'autant plus vite obsolète) à être le
creuset d'une culture commune - comme l'avait d'ailleurs prévu un
Gramsci peu susceptible d'être tenu pour un zélateur réactionnaire des
traditions - il est peut-être moins opportun de se demander si l'on
doit ou non maintenir ici ou là quelques options latin ou grec, à titre
patrimonial sinon archéologique, que de réfléchir au bénéfice que
pourrait comporter la réintroduction du latin au moins parmi les
enseignements obligatoires : réintroduction plutôt que retour, car il
importe bien moins, à nos yeux, de préserver ou de restaurer ce qui fut
- supposer que la chose soit possible, et souhaitable - que de savoir
tirer la leçon du passé pour se projeter mieux vers un avenir dont même
les plus incultes des gens de médias ne croient plus qu'il sera
d'autant plus créatif qu'il sera plus amnésique.
Nous ne pourrions qu'être comblés d'en voir l'initiative prise par un
philosophe qui démontrerait ainsi que son entrée au gouvernement n'a
pas relevé que d'une habile manouvre de communication.
Pardonnez-nous, Monsieur le Ministre, de rêver ainsi, en philosophes,
d'une politique restaurée dans l'antique dignité que signe son nom
grec.
Une politique qui cesserait de confondre le gouvernement de la
République avec la gestion d'une entreprise, et de se croire moderne en
transférant à celui-ci les procédés de celle-là, sans voir que leurs
respectives finalités et dignités sont incommensurables.
Nous invitons à se joindre à notre protestation tous ceux qui, comme
nous, n'ont aucun intérêt professionnel au maintien de l'enseignement
du latin et du grec au collège et au lycée, mais n'en considèrent pas
moins que cet enseignement comporte des enjeux qu'il serait criminel de
n'envisager qu'à l'aune d'arguments étroitement comptables et
électoralistes.

----- Original Message -----
From: Serge
To: Liste de discussion sur l'occident medieval
Sent: Monday, February 16, 2004 10:08 PM
Subject: [MEDIEVALE:4896] Re: Sauvegarde du grec et du latin

Bonsoir,
 
Je ne suis pas historien professionel, je ne suis pas universitaire, je fais partie "du monde du travail" non fonctionnarisé, celui de la concurrence...
 
Hors, dans notre société, en dehors des métiers hyper spécialisés tels les chartistes et autres fonctionnaires pour qui le latin est le fondement même de leur métier, je ne vois pas ce que ces langues mortes (latin et grec ancien) pourront amener à un jeune qui a par ailleurs un programme éducatif très chargé, et surtout en quoi cela lui amènera des compétences supplémentaires dans le monde du travail ???
 
Au risque de choquer beaucoup d'entre vous qui vivent plongés dans les ouvrages anciens, je ne vois pas en quoi cela servira notre société et ceux qui la composeront demain, autrement dit les jeunes d'aujourd'hui de connaitre ces langues mortes, je pense qu'il y a des techniques récentes (à commencer par l'informatique) qu'il est indispensable de maîtriser aujourd'hui dans le monde du travail...
 
Souhaitons nous avoir demain une ou des générations de latinistes chômeurs et non compétitifs sur le plan internationnal ?
 
Je pense au contraire qu'il faut AVANT TOUT faire progresser l'étude des langues vivantes, pour faciliter les échanges entre pays, entre les hommes, et pas seulement sur le plan professionnel !
 
Que ceux qui se destinent à des métiers où le grec ancien et le latin sont indispensables l'apprennent au niveau de l'Université, pourquoi pas, mais la grande majorité de nos collégiens et lycéens n'en auront jamais besoin dans leur vie, et il leur vaudrait sans doute mieux pouvoir se faire comprendre non seulement dans le monde ocidental, mais par exemple en asie, là où seront les débouchés de demain !!!
 
Voulons nous un peuple rétrograde, ne vivant que pour et par son passé ?
 
Voyez même les religions où le latin dominaient (catholiscisme entre autres), et bien c'est dépassé...
 
Je ne suis pas pratiquant, mais je pense qu'il vaut mieux participer à un office en comprenant ce qui se dit plutôt qu'en annonant des phrases imcompréhensibles apprises par coeur...
 
Quel est aujourd'hui le poucentage de métiers, quel est aujourd'hui le pourcentage de population active qui se sert très régulièrement du latin et surtout qui ne pourrait pas s'en passer ?
 
Comme l'a dit bien avant moi, et certainement mieux que moi un homme politique illustre, "nous n'avons pas besoin de chercheurs, mais de trouveurs"....
 
Hors aujourd'hui, que rapportent en terme d'emploi, en terme économique nos glorieux latinistes ?
 
Je connais des correspondants à travers le monde qui parlent couramment 5 langues sans jamais avoir appris ni grec ni latin....
 
Nos collégiens et lycéens ont des emplois du temps déjà largement surchargés, je ne crois pas qu'il soit utile, sauf certains buts professionnels bien précis d'y ajouter des heures de latin (j'allais écrire "des heurts"...)
 
Apprenons leur déjà à parler correctement le français, ce qui est loin d'être le cas lorsque l'on voit le taux d'analphabètes à l'entrée en 6e !
Apprenons leur ensuite ce qui leur sera utile dans leur vie future....
 
Je sais que cela risque de choquer beaucoup d'ntre vous, mais encore une fois, plaçons nous au niveau européen, au niveau mondial dans le domaine concurrentiel, et voyons de quels métiers notre pays aura besoin demain !
 
Serge