référence : http://listes.cru.fr/arc/medievale/2005-04/msg00004.html
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[MEDIEVALE:156] Jean-Paul II, de A à Z [pour info] Benoît Beyer de Ryke



 
Jean-Paul II, de A à Z

MORT DU PAPE

Jean-Paul II, de A comme acteur à Z comme Zebrzydowski et son calvaire
Pascal André
Mis en ligne le 02/04/2005
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Bien des lieux, des personnes, des événements et des débats d’idées ont marqué le parcours de Jean-Paul II. En voici quelques-uns.

Acteur. Jeune, Karol Wojtyla faisait partie d’un groupe de jeunes acteurs, le Théâtre Rhapsodie. Sans scène, ni décors, ni costumes, lui et ses camarades donnèrent plus d’une trentaine de représentations de pièces tirées du répertoire poétique et dramatique polonais. Wojtyla tenait le plus souvent l’un des rôles principaux. D’après ses proches, il y faisait preuve d’un véritable talent dramatique, d’un extraordinaire sens de la diction, d’une étonnante force de présence et de conviction. Le jeune Karol est lui-même l’auteur d’une pièce de théâtre sur l’amour humain et le sacrement du mariage, intitulée “La Boutique de l’orfèvre”.

Assise. Le 25 janvier 1986, Jean-Paul II lançait une invitation aux représentants des grandes religions à se réunir à Assise pour “susciter un mouvement mondial de prière pour la paix” qui marquerait l’année mondiale de la paix instituée par l’ONU. Cette réunion de prière eut lieu le 27 octobre 1986 à Assise. C’était la première fois qu’était organisé un tel rassemblement.

Attentat. Le 13 mai 1981, Jean-Paul II a été la cible d’un attentat terroriste qui a failli lui coûter la vie. Deux ans plus tard, le 26 décembre 1983, le pape rendait visite à son agresseur Ali Agça et lui accordait son pardon. Il s’agit sans aucun doute d’un des gestes les plus marquants et les plus significatifs de son pontificat.

Avortement. En 1980, lors d’un voyage pastoral en Allemagne, Jean-Paul II a rappelé que “le meurtre d’une vie à naître n’est pas un moyen légitime de planning familial”. Dans l’encyclique “Evangelium Vitae”, il va même jusqu’à prôner la désobéissance civile. “Quand une loi légitime l’avortement ou l’euthanasie, elle cesse par là même d’être une véritable loi, c’est-à-dire moralement contraignante.”

Caractère. Intelligent sans être brillant, Karol Wojtyla, jeune prêtre, était déjà un homme de réflexion et d’étude. Un vrai slave qui intériorisait aussi bien les idées que les impressions, mais dont le style pouvait parfois être lourd. C’était un caractère à la fois obstiné et acharné. Un chef, un grand homme, quoi qu’on puisse penser de ses idées.

Capitalisme. Depuis la chute du communisme, Jean-Paul II n’a jamais cessé de dénoncer les dérives du capitalisme sauvage. Pour lui, ni le libéralisme économique ni le capitalisme d’Etat ne respectent et ne peuvent respecter l’homme. Il fallait, selon lui, “dénoncer les erreurs aussi bien des doctrines qui s’opposent aux réformes indispensables au nom d’une fausse conception de la liberté que les doctrines qui sacrifient les droits fondamentaux des personnes et des groupes à l’organisation collective de la production”.

Cardinaux. Jean-Paul II a créé un précédent en réunissant, le 5 novembre 1979, le Collège des cardinaux pour une tâche de consultation. Cela faisait près de quatre cents ans que ce sénat ecclésiastique ne jouait plus de véritable rôle qu’au moment de l’élection.

Collège Belge. Ordonné prêtre le 1er novembre 1946, Karol Wojtyla fut envoyé à Rome pour poursuivre ses études de théologie. Le Collège Belge où il vécut durant deux années constitua pour le jeune prêtre un environnement stimulant sur le plan intellectuel. Il y rencontra notamment le théologien Albert Descamps et le cardinal Cardijn, fondateur de la Jeunesse Ouvrière Chrétienne. Durant cette période, Karol Wojtyla passa l’essentiel de ses vacances en Belgique où il se chargea d’une mission auprès des mineurs polonais catholiques dans la région de Charleroi.

Communisme. Jean-Paul II a souvent été présenté par les catholiques comme l’adversaire le plus redoutable du communisme. Même si le pape polonais s’est toujours défendu d’avoir joué un rôle central dans la chute des régimes communistes de l’Est, il reste que son influence a été considérable, surtout durant les premières années de son pontificat.

Cracovie. C’est en juillet 1958, au cours d’un camp de jeunes, que Karol Wojtyla apprit qu’il était nommé évêque auxiliaire de Cracovie. Dans sa nouvelle charge, il se montra surtout attentif à la formation des séminaristes et effectua de nombreuses visites pastorales. En juin 1962, la mort de l’archevêque de Cracovie le conduisit à prendre en charge l’archidiocèse pour une période d’intérim, jusqu’à ce qu’il en fut lui-même nommé archevêque par Paul VI en décembre 1963.

Doctrine sociale. Dans “Centesimus annus”, sa troisième encyclique, Jean-Paul II explique la doctrine sociale de l’Eglise. S’il se refuse à entrer dans le détail de ce que devrait être une politique économique, il appelle tous les hommes à prendre acte de la chute du marxisme et à reconstruire le monde. Pour lui, les idéologies sont les causes essentielles de l’injustice. Il faut donc les combattre et mettre l’homme au centre de la vie économique et sociale. Il n’y a pas, selon lui, de vie sociale heureuse sans fondement éthique.

Droits de l’homme. Grâce à Jean-Paul II, l’Eglise catholique est devenue le plus ardent défenseur institutionnel des droits de l’homme, notamment grâce à la présence du Saint-Siège au sein de l’Organisation des Nations Unies.

Dziwisz. Comme secrétaire personnel du pape, Mgr Dziwisz a été durant des années le plus proche collaborateur de Jean-Paul II. Celui-ci lui accordait toute sa confiance, ce qui conférait à cet homme une influence que rien ne justifiait dans les textes, puisque la fonction ne figure dans aucune constitution.

Europe. La pensée du pape concernant l’Europe peut se résumer ainsi: le christianisme est la source de l’unité de l’Europe; il est nécessaire d’affronter et de faire reculer la sécularisation et le matérialisme qui entraînent le Vieux Continent vers son déclin.

Fatima. Jean-Paul II a toujours attribué à la Vierge de Fatima le “miracle” qui lui a permis de survivre à l’attentat dont il a été victime en 1981 sur la place Saint-Pierre. Le 13 juillet 1917, les jeunes voyants auraient vu en effet un “évêque vêtu de blanc, tombant à terre comme mort sous les coups d’une arme à feu”. Le contenu de cette vision a été révélé lors de la dernière visite pastorale de Jean-Paul II au Portugal en mai 2000.

Femmes. La question de la place de la femme dans l’Eglise a toujours soulevé beaucoup de discussions et de prises de position passionnées au sein de la hiérarchie catholique. Jean-Paul II était bien conscient que la dignité et les droits de la femme n’étaient pas reconnus de façon satisfaisante. Reste qu’il s’est toujours opposé avec vigueur à l’ordination sacerdotale des femmes.

Gorbatchev. La visite de Gorbatchev au Vatican en décembre 1989 a symbolisé la reconnaissance par les Soviétiques des valeurs chrétiennes, qu’ils avaient jusque-là combattues et rejetées.

Jean de la Croix. C’est auprès de Jan Tyranowski, un simple tailleur, que Karol Wojtyla découvrit la pensée du mystique espagnol saint Jean de la Croix, auquel il consacra plus tard sa thèse de doctorat en théologie.

Jeunes. C’est en 1985 que Jean-Paul II lança l’une des initiatives les plus marquantes de son pontificat: les Journées Mondiales de la Jeunesse. Dès 1987, l’habitude fut prise d’inviter les jeunes de toute la planète à rejoindre le pape dans un site international: Buenos Aires en 1987, Santiago de Compostela en 1989, Czestochowa en 1991, Denver en 1993, Manille en 1995, Paris en 1997 et Rome en 2000.

Judaïsme. Selon certains rabbins, Jean-Paul II a fait plus pour les juifs en une vingtaine d’années que tous les papes en deux mille ans. En 1986, il marqua sa volonté de rapprochement en se rendant à la synagogue de Rome. Une première dans l’histoire de l’Eglise. En mars 1998, il rendit public un document qui reconnaît la responsabilité des chrétiens dans l’origine de l’Holocauste. Au cours de l’année sainte, 2000, il demanda officiellement pardon à Dieu pour toutes les fautes commises par l’Eglise catholique à l’égard des juifs. Un mois plus tard, il se rendit au Mémorial de l’Holocauste à Jérusalem et se recueillit un instant au pied du Mur des Lamentations.

Langues. Ce qui a toujours frappé l’entourage de Jean-Paul II, c’est l’extraordinaire facilité avec laquelle celui-ci apprenait de nouvelles langues. Le polonais, le russe, l’allemand, l’italien, le français, l’espagnol, l’anglais… et le latin étaient des langues qu’il maîtrisait particulièrement bien. Même si cela le fatiguait énormément, Jean-Paul II voulait que chacun de ses collaborateurs lui parle dans sa langue nationale.

Liberté religieuse. Pour Jean-Paul II, il s’agissait d’une liberté fondamentale parce que, disait-il, “les valeurs de l’esprit humain” sont la force motrice du “développement de la civilisation” et de la poursuite de la paix.

Œcuménisme. Fidèle à l’esprit du concile Vatican II, Jean-Paul II a largement contribué au rapprochement des Eglises chrétiennes. Sa rencontre avec le primat de l’Eglise anglicane à Cantorbéry en 1982, ses visites pastorales en Roumanie et en Géorgie au cours de l’année 1989 et ses contacts personnels avec les chefs de diverses Eglises et communautés sont à situer dans cette ligne.

Pardon. Dès le début de son pontificat, Jean-Paul II a multiplié les demandes de pardon: pour les guerres de religion, les injustices envers les femmes, la responsabilité des chrétiens dans la traite des Noirs, le développement du racisme et de l’antijudaïsme, les procès faits à Galilée et à Jean Hus, etc. On estime à un peu plus de nonante les demandes de pardon du pape polonais.

Pologne. Jean-Paul II a toujours été attaché à sa patrie. La Pologne était, comme il le disait lui-même, “la chair de sa chair, les os de ses os”. Si le peuple polonais a réussi à se libérer du joug communiste sans effusion de sang, c’est certainement en grande partie grâce à l’action et au message de son fils le plus illustre, Karol Wojtyla.

Prière. Jean-Paul II a toujours su préserver ce qui représentait l’essentiel à ses yeux: la prière. Tous les témoignages concordent sur sa profonde piété personnelle. Le cardinal Garrone disait d’ailleurs de lui: “On a le sentiment que cet homme est toujours près de Dieu.”

Résistance. Sous l’occupation nazie, Wojtyla et ses camarades ont risqué plus d’une fois la prison ou la déportation. Le jeune Karol militait dans un organisme clandestin proche des milieux démocrates chrétiens, qui organisait le sauvetage des personnes en péril. Les nazis l’inscrivirent sur la liste des opposants à rechercher en priorité. Le 6 avril 1944, il échappa par miracle à la rafle générale des hommes entreprise par les Allemands à travers les rues de Cracovie.

Rhapsodie. Sous l’occupation allemande, Karol Wojtyla animait avec plusieurs de ses camarades un groupe de jeunes acteurs, baptisé le Théâtre Rhapsodie. Ce groupe contribuait à nourrir la résistance morale des étudiants et des intellectuels de Cracovie. Les séances se déroulaient dans des maisons particulières et les spectateurs n’applaudissaient pas de peur d’attirer l’attention de la police allemande.

Santé. Le pape Jean-Paul II n’a pas été épargné sur le plan de la santé: un attentat, une tumeur à l’intestin, une fracture du col du fémur, une épaule endommagée, la maladie de Parkinson… Toutes ces épreuves ont fini par entraîner chez cet homme pourtant robuste un vieillissement rapide et spectaculaire, qui l’a fortement affaibli à la fin de son pontificat, mais n’a en rien altéré ses capacités mentales.

Sport. Jean-Paul II est toujours resté l’homme de l’effort. Il faisait volontiers allusion à ses souvenirs de sportif lorsqu’il recevait des équipes de football ou d’une autre discipline. Le ski, la marche à pied et la natation étaient ses sports de prédilection. C’est lui qui fit creuser une piscine à Castel Gandolfo, sa résidence d’été.

Travail. Jean-Paul II s’est toujours senti proche du monde ouvrier. Lui-même s’est embauché, durant la Seconde Guerre mondiale, dans une carrière proche de Cracovie, appartenant à l’usine de soude Solvay. Par - 30°C, Wojtyla cassait des blocs à la masse, puis transportait les éclats à la brouette jusqu’au wagonnet qui les amenait à l’usine.

Vatican II. Au concile, Karol Wojtyla intervint à plusieurs reprises sur les questions de la liberté religieuse et de l’apostolat des laïcs, et participa à l’élaboration de la constitution pastorale “Gaudium et Spes” sur l’Eglise dans le monde moderne.

Vierge. La dévotion de Jean-Paul II à la Vierge est un des aspects de sa piété les plus connus du grand public. Marie représentait à ses yeux l’intermédiaire naturel pour arriver à son fils Jésus et à son Père. Il ajouta même cinq nouveaux mystères –dits lumineux– à la récitation du rosaire, sa prière préférée.

Voyages. Contrairement à ses prédécesseurs, Jean-Paul II est souvent sorti des limites du Vatican. À lui seul, il a parcouru plus d’un million de kilomètres en avion, en train et en voiture, soit trois fois la distance entre la Terre et la Lune, ou encore plus de 29 fois le tour de la Terre. Il a été reçu par la presque totalité du quasi-milliard de catholiques de la Terre, mais il n’a pu se rendre ni en Chine ni en Russie.

Wadowice. C’est dans cette petite ville de Galicie que naquit, le 18 mai 1920, Karol Jozef Wojtyla, surnommé “Lolek”. Edmond, le premier fils, a 14 ans. Une petite sœur est décédée en 1914. En 1929, quelques semaines avant sa première communion, Karol perd sa maman, âgée de 45 ans. Trois ans plus tard, Edmond, devenu médecin, meurt à l’âge de 26 ans.

Wyszynski. Lors de son dernier voyage à Fatima, Jean-Paul II a laissé au pied de la Vierge un anneau que lui avait offert le cardinal Stefan Wyszynski, primat de Pologne, lorsqu’il fut élu pape. C’est le même cardinal qui, au cours du conclave, lui avait dit:“Si le Seigneur t’a appelé, tu dois faire entrer l’Eglise dans le troisième millénaire.” Cedont s’acquitta effectivement le premier pape polonais.

Zebrzydowski. A une dizaine de kilomètres de Wadowice, la ville natale de Jean-Paul II, se trouve un des hauts lieux de pèlerinage du pays, le “Calvaire de Zebrzydowski”. Cet endroit a joué un rôle important dans la vie spirituelle de Karol Wojtyla tout au long de ses années polonaises.


Cet article provient de http://www.lalibre.be


Pour l’histoire des funérailles pontificales et du conclave au Moyen Age, voir :
"Les rituels d'investiture et de mort du pape au XIIIe siècle : un exemple de pouvoir sacré"
http://www.ulb.ac.be/philo/urhm/phr13.htm

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