référence : http://listes.cru.fr/arc/medievale/2005-09/msg00014.html
     Chronologie       
     Conversation       

[MEDIEVALE:272] Re: Du statut des clercs ? Christos Nussli



Title:
Benoît Beyer de Ryke a écrit :
Bonjour,

J'ai lu que le statut clérical au Moyen Age (celui des étudiants en 
particulier) n'interdisait pas de se marier : mais il n'est pas précisé si 
une fois marié, on peut rester clerc. Je suppose bien sûr que non, mais je 
ne parviens pas à trouver un texte "clair" sur le sujet.

Bien cordialement,

Benoît Beyer de Ryke 

  
Bonjour,

On trouve une réponse relativement logique dans Diderot:

article "clerc":
    CLERC, (Jurisprud.) on comprend sous ce nom tous ceux qui par état sont consacrés au service divin, depuis le simple tonsuré jusqu'aux prélats du premier ordre.
Ce terme vient du grec , qui signifie sort, partage, héritage. Dans l'ancien Testament, la tribu de Lévi est appellée , c'est-à-dire le partage ou l'héritage du seigneur. Du grec on en a fait en latin clerus ; & l'on a donné ce nom au clergé, parce que le partage des ecclésiastiques est de servir Dieu. De clerus on a fait clericus, clerc.
La distinction des clercs d'avec le reste des fideles se trouve établie dès le commencement de l'Eglise, suivant ces paroles de S. Pierre, neque dominantes in cleris. Petri j. v. 3.
Les clercs ou ecclésiastiques considérés tous ensemble, forment un corps qu'on appelle le clergé, & l'état des clercs s'appelle la cléricature.
Il y a parmi eux différens degrés qui les distinguent.
Le premier degré de la cléricature est l'état de simple tonsuré.
Les degrés suivans sont les quatre ordres mineurs, de portiers, lecteurs, exorcistes & acolytes.
Au-dessus des ordres mineurs, sont les ordres sacrés ou majeurs, de soûdiaconat, diaconat & prêtrise.
L'épiscopat & les autres dignités ecclésiastiques sont encore des degrés au-dessus de la prêtrise.
Ces différens degrés parmi les clercs, composent ce que l'on appelle la hiérarchie ecclésiastique.
Autrefois les moines & religieux n'étoient point clercs ; ils ne furent appellés à la cléricature qu'en 383, par S. Sirice pape.
Ceux qui se présentent pour recevoir la tonsure, ou quelque ordre majeur ou mineur, doivent recevoir cet état de leur propre évêque, à moins qu'ils n'ayent de lui un démissoire, c'est-à-dire des lettres de permission pour être tonsurés ou ordonnés par un autre évêque. Can. Lugdunens. causâ 9. quaest. 2. & conc. Trid. sess. 23. de reform. cap. 8.
Les clercs ont certaines fonctions dans l'église qui leur sont propres ; celles des évêques, archevêques, prêtres, & diacres, ne peuvent être remplies par des laïcs, même à défaut de clercs.
Ils joüissent en qualité de clercs de plusieurs exemptions & immunités, qu'ils tiennent de la piété de nos rois.
Il leur est défendu de rien faire qui soit contraire à la pureté & à la dignité de leur état ; & par conséquent de faire aucun trafic ou commerce, d'exercer aucun art méchanique, ni de se mêler d'aucunes affaires temporelles. Can. pervenit.... credo.... Cyprianus, quaest. 3.
Leurs habits doivent être simples & modestes, & ils ne peuvent en avoir de couleurs hautes, telles que le rouge. Can. omnis.... nullus.... episcopi quaest. 4.
La chasse à cor & à cri, ou avec armes offensives, leur est défendue. Can. episcopum.... & can. omnibus extra de clerico venatore. Ceux qui contreviennent à ces défenses deviennent irréguliers.
Les clercs ont le privilége de ne pouvoir être traduits en défendant que par-devant le juge d'église, dans les matieres personnelles.
En matiere criminelle, ils sont d'abord jugés par le juge d'église pour le délit commun ; mais ils peuvent encore être jugés par le juge royal pour le cas privilégié. Voyez ci-après CLERGE, ECCLESIASTIQUES, DIACRE, SOUDIACRE, PRETRE, MINEURS, ORDRE, EVEQUE. (A)




article "célibat":
Lorsque l'obligation du célibat fut générale dans l'Eglise catholique, ceux d'entre les ecclésiastiques qui la violerent, furent d'abord interdits pour la vie des fonctions de leur ordre, & mis au rang des laïques. Justinien, leg. 45. cod. de episcop. & cler. voulut ensuite que leurs enfans fussent illégitimes, & incapables de succéder & recevoir des legs : enfin il fut ordonné que ces mariages seroient cassés, & les parties mises en pénitence ; d'où l'on voit comment l'infraction est devenue plus grave, à mesure que la loi s'est invétérée. Dans le commencement, s'il arrivoit qu'un prêtre se mariât, il étoit déposé, & le mariage subsistoit ; à la longue, les ordres furent considérés comme un empêchement dirimant au mariage : aujourd'hui un clerc simple tonsuré qui se marie, ne joüit plus des priviléges des ecclésiastiques, pour la jurisdiction & l'exemption des charges publiques. Il est censé avoir renoncé par le mariage à la cléricature & à ses droits. Fleury, Inst. au Droit eccles. tom. I. Anc. & nouv. discipline de l'Eglise du P. Thomassin.

Tdb
-- 
_____________________________
Christos Nüssli

*****************************
http://www.euratlas.net