référence : http://listes.cru.fr/arc/medievale/2005-09/msg00015.html
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[MEDIEVALE:273] Colloque Paul Zumthor =?Windows-1252?Q?Beno=EEt_Beyer_de_Ryke?=



PREMIÈRE RENCONTRE INTERNATIONALE PAUL ZUMTHOR

COLLOQUE du 28 septembre – 1er octobre 2005







PAUL ZUMTHOR - TRAVERSÉES



À l’heure raisonnable d’un bilan, dix ans après la disparition de Paul 
Zumthor, c’est à la fois la traversée d’une œuvre qui nous intéresse, dans 
le degré de résistance qu’elle offre au temps écoulé depuis sa clôture 
définitive, et, en amont, la façon dont cette œuvre a traversé son époque, y 
a imprimé sa trace propre. Mais c’est aussi une dynamique particulière, la 
démarche en quelque sorte transversale dont elle procède, qui se découvre 
par un effet d’après coup : de la marge, des confins, de la frontière.



On peut certes saluer la diversité d’un auteur tour à tour et à la fois 
érudit, poète et romancier, philologue de terrain et théoricien, médiéviste 
ancré dans la modernité de son temps. Mais elle ne doit pas faire oublier la 
nécessité d’un parcours plus que d’autres profondément solitaire quoique 
croisant librement tous les chemins, ni l’unité profonde, originelle, qui le 
sous-tend. Sa vie durant Paul Zumthor aura occupé en effet une position à 
quelqu’égard atypique, décalée, à l’écart, des écoles comme des 
institutions, qui lui a assuré une liberté sans autres limites que celles qu’il 
se fixait lui-même. Dès le début, il surprend par une approche sans a priori 
ni spécialisation prématurée : textes documentaires autant que littéraires, 
dialectaux autant que «nationaux», obscure activité de lexicographe et 
élaboration d’une syntaxe, études appliquées autant que synthèses. 
Parallèlement, son œuvre de poète et de romancier a toujours accompagné, 
quand elle ne l’a pas précédé, son travail d’érudit. C’est que, indépendant 
des modes, Paul Zumthor n’a cessé de nourrir une préoccupation souterraine : 
en éradiquant momentanément l’histoire dans notre appréhension du texte 
médiéval, lui qui, jusqu’à son dernier écrit, n’a cessé d’être hanté par 
elle, il succombait moins à la prégnance alors de la Structure qu’il ne 
restituait, par ce geste radical, une certaine virginité à l’objet. De même, 
s’il a poussé l’étude de l’«oralité», puis de la «vocalité», jusqu’à 
rencontrer les explorations les plus avancées en ce domaine, c’était pour 
asseoir plus sûrement une théorie de la littérature médiévale et, au-delà, 
de toute littérature. Certains ont parfois craint qu’il ne s’éloignât trop 
de sa voie de médiéviste, dans un nomadisme dont ils ne saisissaient pas 
bien la cohérence : elle existe pourtant aussi sûrement que, de l’élancement 
de la Tour à la profondeur du Puits, le fil rouge du mythe de Babel. C’est 
pourquoi nous avons placé nos séances sous le signe de formules-citations 
empruntées aux livres de Paul Zumthor: après la traversée(s) du titre, 
contrebandiers, nomadisme, mesure du monde, Babel, pulvérisant les 
délimitations de tous ordres, jusqu’à l’inachèvement final, ce mythe de la 
possibilité de l’Histoire.



In fine, ce colloque ouvre une série que nous espérons longue de Rencontres 
Internationales Paul Zumthor. Il nous a paru nécessaire de la commencer par 
notre propre traversée de cette œuvre inaugurante.

PROGRAMME COLLOQUE.doc 2.doc