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[MEDIEVALE:314] Bulletin médiéval [16/01/2006] URHM infos



Bonjour à tous,

Voici le Bulletin médiéval, organisé par ordre alphabétique en 6 sections :

1° Appels à contribution, 2° Articles, 3° Colloques, 4° Informations
diverses, 5° Journées d'étude, 6° Séminaires

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1° Appels à contribution
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1) Appel à contribution
Mythes à la cour, mythes pour la cour
Lausanne et Genève
XIIe Congrès de la Société internationale de littérature courtoise
Date limite
dimanche 31 décembre 2006
http://calenda.revues.org/nouvelle6137.html

2) Appel à contribution
Fortunes d'Erasme
Réception et traduction de la Renaissance à nos jours
Bruxelles
Date limite
mardi 28 février 2006
http://calenda.revues.org/nouvelle6176.html

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2° Articles
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1) Article
L'HISTOIRE N° 305 - Janvier 2005
http://www.histoire.presse.fr/
Les livres : Critiques
Moyen Age
      La Réaction païenne. Étude sur la polémique anti-chrétienne du Ier au
VIe siècle, par Pierre de Labriolle, Le Cerf, 2005, 520 p., 40 ?.
      Paru en 1934, ce livre de Pierre de Labriolle comblait un vide béant ;
il demeure, en dépit des progrès accumulés depuis plus de soixante-dix ans
dans ce domaine, l'étude la plus complète sur la confrontation
intellectuelle entre païens et chrétiens jusqu'à la fermeture de l'École
d'Athènes
par Justinien en 529.
      Si la correspondance entre Sénèque et Paul a depuis longtemps été
écartée du débat, comme faux notoire, il existe une abondante littérature
païenne qui tente de lutter contre le christianisme naissant avec les armes
de l'intelligence et de la raison. Quelques ouvres ne sont guère conservées
que par la réfutation qu'en firent les chrétiens - ainsi celle de Celse,
réfutée par Origène -, mais il vaut la peine de suivre Pierre de Labriolle
dans les méandres de textes souvent peu connus, encore moins lus, qui
témoignent de la hauteur intellectuelle du débat.
      On oublie trop souvent, compte tenu du poids écrasant de la
littérature chrétienne, que c'est en réponse aux objections, aux critiques,
aux réfutations des auteurs attachés aux dieux traditionnels, et pas
uniquement en opposition les uns avec les autres que apologistes et Pères de
l'Église ont peu à peu construit la doctrine chrétienne.
      Le livre de Pierre de Labriolle, non seulement raconte une formidable
aventure intellectuelle poursuivie sur six siècles, mais nous rappelle fort
opportunément que, dans le conflit entre chrétiens et païens, la violence
des persécutions n'occupe pas tout l'espace. Un petit joyau à lire et à
relire.
     Gilles de Rais, par Matei Cazacu, Tallandier, 2005, 382 p., 27 euros.
      Gilles de Rais, figure diabolique et compagnon de Jeanne d'Arc,
exécuté à Nantes après un retentissant procès, a inspiré nombre d'ouvrages,
historiques, romanesques (Huysmans, Là-Bas, 1891) ou théâtraux (Enzo
Cormann, La Plaie et le Couteau, 1993). Après trente ans de recherche, et se
fondant sur les plus récents travaux (comme ceux de Jacques Chiffoleau sur
le crime de lèse-majesté), Matei Cazacu se livre à une reconstitution
minutieuse - il n'est pas archiviste paléographe pour rien - des différentes
vies du maréchal de France.
      Gilles ne se remet pas de la mort de Jeanne d'Arc, et abandonne les
armes. A la tête d'une des plus grandes fortunes de France, il revient sur
ses terres. Il dilapide ses biens et succombe à ses démons, enlevant,
torturant, violant et assassinant des enfants. Il s'adonne à l'alchimie. Un
procès d'inquisition lui est intenté pour lèse-majesté divine. Le maréchal
de France poursuit sa carrière dans les Mémoires. Il évolue dans la
chronique populaire pour se confondre avec le mythe de Barbe-Bleue.
      Pour comprendre le mystère de Gilles de Rais, Matei Cazacu considère
aussi le personnage à la lumière des recherches sur les tueurs en série.
Pour conclure cependant que « Gilles de Rais a définitivement emporté son
secret dans sa tombe ».
      Violence et ordre public au Moyen Age, par Claude Gauvard, Picard,
2005, 288 p., 34 euros.
      Le royaume de France est comme une « caverne de voleurs » : d'origine
biblique, l'expression est omniprésente dans les écrits des théoriciens du
pouvoir qui, aux XIVe et XVe siècles surtout, réclament du roi qu'il exerce
une justice plus coercitive. Cette plainte, lancinante, n'a pas échappé aux
historiens qui depuis longtemps ont décrit la société médiévale comme
violente et désordonnée - une société sans règles puisqu'elle était sans
État.
      C'est à cette idée reçue que Claude Gauvard s'attaque, avec une belle
énergie : non pas pour lui opposer une contre-image doucereuse de la paix
civile, mais pour décrire patiemment les codes et les rites qui norment les
comportements et départagent la violence licite d'une violence illicite.
      La violence est licite lorsqu'elle permet de rétablir l'honneur
souillé par le crime : cette règle explique l'usage social de la vengeance,
mais aussi une bonne partie de l'action des juges.
      Il n'est pas rare, par ailleurs, que ces derniers soient eux-mêmes
jugés, lorsqu'ils ont failli dans leur tâche : ainsi le juge suprême du
Chatelet Guillaume de Tignonville en 1405. On n'hésite pas, à cette
occasion, à dépendre rituellement les condamnés (ou leurs effigies, si leurs
corps exposés sont décomposés) injustement exécutés. C'est l'une des
nombreuses surprises que recèle le dernier livre de Claude Gauvard,
rassemblant vingt ans d'études sur la justice médiévale en un bilan qui se
veut aussi précis et suggestif qu'il est tonique et engagé.
      Même si les leçons de l'anthropologie l'invitent à décrire
l'importance
du rituel et à dénicher la négociation au cour de l'action juridique, il ne
s'agit pas, pour l'historienne, de nier la force du droit. Mais bien de
comprendre que celui-ci s'applique autant lorsque le roi exerce son pouvoir
de grâce que lorsqu'il met en scène l'éclat des supplices. Ainsi lorsque
Charles V fait son entrée à Rouen en 1364 : « D'un côté, les portes des
prisons s'ouvrent sous les yeux du public ; de l'autre, le peuple terrorisé,
mais satisfait, assiste à l'exécution capitale. » Ce peuple qui est
toujours, sous la plume alerte de Claude Gauvard, l'acteur principal de
l'histoire,
convaincue qu'elle est de la nécessité - intellectuelle, mais aussi morale -
de donner « la voix au peuple pendant qu'il la possède encore ».
      Cette démarche ne manquera pas de susciter le débat ; elle donne à
l'ensemble
du livre la force entraînante d'une conviction.
      Lire le manuscrit médiéval, dirigé par Paul Géhin, Armand Colin, 2005,
288 p., 26 euros.
      Si l'on n'ose plus aujourd'hui employer le terme condescendant de «
sciences auxiliaires de l'histoire » pour désigner les méthodes de
l'érudition,
c'est parce qu'une bonne part des renouvellements problématiques de la
discipline proviennent en réalité d'une attention plus soutenue à la
matérialité de la documentation. C'est particulièrement vrai en histoire
médiévale, et notamment avec le développement de la codicologie
(c'est-à-dire
l'étude concrète du codex, du livre comme objet et comme support
d'écriture).
Au-delà de son usage strictement philologique (l'établissement du texte),
cette discipline permet d'accéder à une véritable histoire matérielle de la
culture.
      On s'en convaincra sans peine en lisant ce manuel fort bien illustré,
qui embrasse l'ensemble des manuscrits médiévaux (en latin et en langues
romanes bien sûr, mais aussi en grec, en hébreu et en arabe) et envisage
toutes les étapes de la fabrication du livre : fabrication des matériaux
(parchemin ou papier), organisation du volume (la collation des cahiers) et
préparation de la page (le tracé de la réglure), écriture proprement dite,
décor peint, reliure, et jusqu'à l'analyse du système de cotation qui permet
de saisir la manière dont les livres étaient conservés, classés et archivés.
      Les spécialistes de l'Institut de recherche et d'histoire des textes
ont uni leurs compétences pour nous livrer là un fort bel instrument de
travail.
      Atlas de l'histoire de France. La France médiévale, par Olivier
Guyotjeannin, Autrement, 2005, 104 p., 18 euros.
      Cette « géographie rétrospective de la France », loin de se cantonner
à une succession de cartes convenues sur la formation du territoire,
présente de manière originale et inventive les acquis de la recherche
historique, à différentes échelles. Une réussite.

2) Article
PARUTIONS.COM
http://www.parutions.com/
[a]
Charles VII
Un roi shakespearien
de Georges Minois
C'est à travers ce règne méconnu, ignoré de la plupart des amateurs
d'histoire,
que se mettent en place les cadres d'une France véritablement moderne.
http://www.parutions.com/index.php?pid=1&rid=4&srid=5&ida=6584
[b]
Maiestas Domini
Une image de l'Eglise en Occident (Ve-IXe siècle)
de Anne-Orange Poilpré
Peu d'études sérieuses et approfondies, hormis pour les crucifix, ont porté
sur les représentations du Christ. Lacune que la thèse en histoire de l'art
d'Anne-Orange Poilpré vient en partie combler.
http://www.parutions.com/index.php?pid=1&rid=4&srid=5&ida=6585
[c]
L'Art roman au Louvre
de Jean-René Gaborit , Danielle Gaborit-Chopin et Jannic Durand
L'Art roman au Louvre se présente comme un livre intéressant, utile, dont
l'intelligence
est de respecter un équilibre entre la recherche érudite et le goût de ce
qui est donné à voir.
http://www.parutions.com/index.php?pid=1&rid=4&srid=5&ida=6618

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3° Colloques
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1) Colloque
Pour l'agenda des colloques, voir Calenda
http://calenda.revues.org/categorie33.html
Et aussi, Ménéstrel
http://www.ccr.jussieu.fr/urfist/menestrel/medcoll.htm

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4° Informations diverses
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1) Information diverse
FRANCE CULTURE
[Colloque "Les lumières médiévales"] :  A partir du mardi 17 janvier 2006 à
13h : Diffusion intégrale du colloque "les lumières médiévales" sur le site
web "Les chemins de la connaissance" de France Culture.
L'équipe du Parlement des philosophes
www.parlement-des-philosophes.org
13:00  > COLLOQUE
Les lumières médiévales (1/3)
A l'heure de la montée des intégrismes, des communautarismes, il est
nécessaire, pour la salubrité même de la pensée - par-delà les prises de
positions passionnées - de faire retour ou tout au moins de réfléchir sur ce
qui est souvent nommé " valeurs occidentales " ou " monde occidental ". Sur
quel socle reposent-t-ils ? Les Lumières modernes semblent en être aussi
bien l'origine que le fondement, accordant une place centrale à la raison,
militant pour une égalité de tous, tout au moins quant aux instruments de
connaissance, pour le recul de l'obscurantisme en faveur du savoir. Or,
notre modernité n'est-elle pas par-là même hantée pas d'autres lumières, non
pas celles du seul savoir mais de la foi ? Les lumières médiévales, fondant
la raison sur la Révélation, qu'elle soit juive, chrétienne ou musulmane, ne
viennent-elles pas hanter notre modernité et par-là même interroger son
idéal de transparence, comme en creux de ses " valeurs " trop souvent insues
?
Ce sera le projet de ces journées : comment articuler foi et savoir,
rationalisme et religion en tenant ferme leurs distinctions, sans abolir
l'une des deux branches de la tension ? Quelle place peut avoir la religion
dans la cité ? Comment articuler laïcité et pratique d'une religion ou, plus
généralement d'une croyance, sans verser dans l'intransigeance ou le
fanatisme ?
Ces journées tenteront d'apporter des pistes de réflexion au travers d'un
questionnement, par des philosophes, sociologues et psychanalystes autour de
trois thèmes : qu'entendre par " lumières juives médiévales " à partir
principalement de la figure de Maïmonide ; l'influence des " lumières
d'Orient " autour d'Al-Fârâbî, d'Avicenne et d'Averroès ; la question de la
mystique rhénane, avec Strasbourg au coeur de son apparition. Chaque journée
sera suivie d'un débat ancrant ces réflexions aussi bien dans nos
interrogations contemporaines que dans la cité.
Nous écoutons :
- "L'invu des Lumières modernes", Jean-Luc Nancy (Strasbourg)
« Qu'est-ce que les Lumières ? » Comment reprendre aujourd'hui la question
deKant, aussi bien en remontant en arrière des Lumières modernes qu'en
avançant jusqu'à notre temps, qui nous demande de « nouvelles lumières » ?
- "L'idéal d'une croyance rationnelle ?", Géraldine Roux (Strasbourg)
- "Logos et Révélation chez Grégoire de Nysse", Alain Durel (Paris)
- "Sans comment. Ibn Taymiyya et le problème des attributs divins", Souheil
Sayoud (Strasbourg)
- "Du langage religieux au dire sacré chez Maître Eckhart ?"
Avec Benoît Beyer de Ryke (Bruxelles), Marie-Anne Vannier (Metz),
Wolfgang Wackernagel (Genève)
Comment dire l'indicible ? Le langage religieux, tentant d'exprimer ce qui
le
déborde de toutes parts, ne doit-il pas être relayé par une autre approche,
la voie négative, lui donnant sens par tout un travail de « déboîtement » et
de fêlure ? La négation de toute approche positive du nom sacré est-elle
dénuement total ou seule voie de « connaissance » du sacré chez Maître
Eckhart ?

2) Information diverse
RADIO SUISSE ROMANDE
ESPACE 2
Les temps qui courent
http://www.rsr.ch/view.asp?DomID=1895
LUNDI 16 JANVIER 2006
Les Vikings, entre mythes et réalités
Par Christian Ciocca
Avec Régis Boyer, professeur émérite de langues, littératures et
civilisations scandinaves, traducteur des Sagas islandaises dans La Pléiade,
directeur de la publication Les Vikings, premiers Européens VIIIe-XIe
siècle, aux éditions Autrement, collection "Mémoires/Histoire", 2005
Coiffez-les d'un casque à cornes, d'un ceinturon à grosse boucle, parez-les
de tresses blondes, d'un regard fier et bleu, embarquez-les sur un drakkar
et vous obtiendrez un agglomérat de barbares qui n'a rien de. viking!
Pourtant, les mythes les déformant durent depuis des siècles et s'imposent
encore aux écoliers français. Cette méconnaissance du monde viking est sans
doute née de la fascination terrifiante qu'ils inspirèrent dès le 8 juin
793, date du raid dévastateur d'un haut lieu de la chrétienté, le monastère
de Lindisfarne sur la côte anglaise. Alors que le domaine carolingien ne
parvenait guère à assurer son unité, aux marches de l'empire, des peuples
instables, poussés par l'infertilité des terres et la dureté des conditions
de vie, cherchaient à s'emparer des richesses. Prédateurs rapides, les
Vikings n'ont jamais tenu tête aux armées des rois et ducs mais se sont
imposés en mercenaires de plusieurs princes. Les routes maritimes qu'ils
empruntaient à bord de leur navire effilé, le knor ou la snekkja, de
l'Islande
à Byzance, attestent de leur activité colonisatrice. On pense qu'ils ont
même fondé la Russie. Ainsi, l'âge viking, qui a duré deux siècles et demi,
ne peut s'expliquer sans l'originalité d'une culture et d'une organisation
sociale spécifique, basée sur le compagnonnage, culture que le colloque
international tenu à Paris en octobre 2004 réhabilite avec brio. Très
accessibles, les onze contributions sont aujourd'hui réunies dans un volume
dont le coordinateur, Régis Boyer, nous parle avec enthousiasme.

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5° Journées d'étude
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1) Journée d'étude
Etre comte (600-950)
Paris
Date
samedi 21 janvier 2006
http://calenda.revues.org/nouvelle6272.html

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 6° Séminaires
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1) Séminaire
RAPPEL
Séminaire de l'URHM
Prochaine conférence, le 23 février. Yann Grappe nous parlera du vin au
Moyen Age.

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Bien à vous,
Benoît BEYER de RYKE
URHM
Site : http://dev.ulb.ac.be/philo/urhm/
Retrouvez le Bulletin médiéval sur le Blog de Ménestrel :
http://menestrel.viabloga.com/
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