référence : http://listes.cru.fr/arc/mascarene/1995-04/msg00001.html
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Re: Le texte dramatique BERARD SYLVIE



On Sat, 1 Apr 1995, BOURASSA ANDRE G wrote:

> Il y a evidemment la
> liste BALZAC qui traite de la litterature francaise en general.
>
> Qu'attendriez-vous d'une liste qui ne traite que de dramaturgie? Y a-t-il
> avantage a separer Claudel dramaturge de Claudel poete? Sur quelle base
> reconnaitre comme texte dramatique un texte ou le dramaturge aurait
> volontairement omis les didascalies (c'est de plus en plus frequent, de
> plus en plus requis par la mise en scene actuelle); faut-il le voir
> comme un simple poeme? Qu'est-ce qui empeche de considerer la theatralite
> d'un texte qui n'est pas originellement destine a la scene, comme c'est
> le cas, au XVIIe s. au Quebec, avec les vers burlesque de Rene-Louis
> Chartier de Lotbiniere?  Quel interet trouve-t-on a etudier, sans
> s'interroger sur les mises en scenes reelles ou possibles, un texte
> dramatique dont les indications sceniques sont completement desuetes,
> voire impossibles (je pense notamment a la vingtaine de decors prevus dans
> certaines pieces romantiques qui prevoyaient, comme dans un roman, un
> salon, une riviere, une chambre a coucher, un jardin, une salle d'hotel,
> une bateau a vapeur...) parce qu'elles datent d'un temps ou on se
> contentait de derouler un cyclo ou de deplacer un panneau a coulisses?
>
> Un petit debat, avec ca?

Oui! Oui!

Sans blague, je suis d'accord pour dire que BALZAC, tout comme QUEATRE
mais pour des raisons differentes, est l'un des lieux ou il est possible
de discuter tout a loisir de dramaturgie. Il est vrai que la segmentation
a outrance des objets de recherche (et de discussion, donc) presente un
risque. C'est parfois en ayant sous les yeux des debats electroniques
plus "peripheriques" par rapport a nos sujets/corpus de predilection que
nous viennent nos idees les plus lumineuses (c'est comme aller prendre une
bolee d'air frais).

Cela dit, une liste qui se centrerait sur la dramaturgie ne serait pas
necessairement une liste a courte vue! Il y a, en fait, autant
d'avantages a separer Claudel dramaturge de Claudel poete (remplacez
Claudel par Tremblay, Vian, Laberge etc.) qu'il y en a a les confondre,
non? Le texte dramatique possede tout de meme ses ressources propres,
qu'elles soient productrices d'une representation virtuelle ou reelle
(j'emprunte pour les besoins de la cause les concepts de L. Vigeant). La
semaine derniere, justement, en me penchant sur _Les batisseurs d'empire_
de Vian, j'ai tout a coup note que toute representation scenique du
Schmurz et du "bruit", elements non definis clairement dans le texte, serait
necessairement "moins polysemique", impliquerait necessairement un choix
de mise en scene. Evidemment, la mise en scene, tout comme le texte
lui-meme, a tous les droits. N'importe-t-il pas cependant de les
distinguer, de les examiner en soi, parfois? Dans une telle optique, les
didascalies desuetes, evocatrices plutot que descriptives, deviantes,
delirantes ou absentes ne sont-elles pas des "cas cliniques" encore plus
fascinants?

La question est lancee, mais n'a pas fini de rebondir, je le crains (je
l'espere)...

Sylvie Berard