référence : http://listes.cru.fr/arc/mascarene/1996-09/msg00037.html
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RE: Theatre No et Kwaidan, a la ... Serge Ouaknine



>Quelqu'un pourrait-il expliquer dans quelle mesure les quatre sequences
>du film _Kwaidan_ respectent la structure du No ou s'en ecartent (en
>faisant la part des choses du cinema, evidemment). Les contes utilises
>sont-ils respectes integralement, modifies, reecrits? Je pense en
>particulier au troisieme, qui comporte dans sa forme actuelle des mises
>en abyme incroyables puisque'on voit le conteur, qu'on le voit envahi par
>ses personnages et qu'on y assiste a une lutte d'equilibre entre le discours
>epique et le discours sacre (distinction "occidentale"?).
>Cordialement, Andre G. Bourassa.
>P.S.: Le site _Theatrales_ a fait l'objet de mises a jour et son adresse
>a ete legerement modifiee (bien que l'ancienne fonctionne egalement):
>                  http://www.er.uqam.ca/nobel/c2545/index.htm
>miroir europeen:  http://www.brookes.ac.uk/schools/sol/uqam/index.htm


Suggestion de Serge Ouaknine:

Bonjour Andre,

L'egalité conceptuelle des esprits et des figures, des morts et des vivants
est  propre à la croyance du shinthoisme et du bouddhisme zen.
Le fantastique "n'y existe pas" car l'existance des revenants est
constituante du culte des ancetres et ontologique à la métaphysique du
theatre de No. Il me semble que le film Kwaidan, aie simplement exarcerbe'
pour une demesure moderne le double aspect du vivavnt et du mort, sur un
mode apte  a reveiller la conscience des jeunes japonais, decentree et trop
lointaine par rapport aux origines aristocratiquea du No.
Les effets dont tu parles sont analogues au meme type de grossissement et
de popularisation,  pour le film, a ce que fit le Kabuki quand il voulut
etendre "aux masses" les savoirs anciens et l'esthetique trop subtile du
No.
Yen oblige. Ceci est mon hypothese.
Le caractere epique du film est constituant de la quete du heros japonais,
c'est a dire son apprentissage de la dimension esoterique des apparences.
Ce qui change c'est le rythme. On passe de la lenteur de l'intemporalite'
des morts a la vitesse plus hollywodienne du fantastique qui melange les
genres. Les revenant ne sont pas "naturels" en Occident ( sauf en
Ecosse...). Ils habitent le quotidien dans toute l'Asie.
 Aujourd'hui il y a eclipse grandissante face au monde "invisible" et le
"dedoublement " dont tu parles releve d'un effet baroque de distorsion pour
frapper plus fort une conscience endormie... Enfin dans le monde commercial
du cinema japonais, Kwaidan est classe' comme un produit d'exportation,
donc destine' a un publique occidental et de sensibilite' analogue a un
publique japonais plus oocidentatlise'.

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Serge Ouaknine
e-mail : r34424@er.uqam.ca
Montreal (Quebec)  Canada
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