référence : http://listes.cru.fr/arc/mascarene/1997-06/msg00037.html
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Re: Les belles-soeurs Christiane Gerson



>Chers membres,
>
>Une question assez simple!  La reponse le sera moins!
>
>"Quel est le symbolisme de mettre le O Canada a la fin de la piece?"
>
>Si Tremblay a pris le temps de l'ecrire dans la didascalie, elle doit etre
>d'une importance primordiale?  Quelle est sa relation avec les timbres qui
>tombent du ciel?
>
>Merci pour vos reponses,
>
>Philippe

Bonjour Philippe,

Voici tout azimut ce qui me vient a l'esprit.

Ce que Serge Ouaknine dite est juste et j'apporte quelques precisions sur
le contexte.

Si je me souviens bien, a l'époque de l'écriture de ce texte, on collait
des «timbres de chomage» sur la feuille de route du salarier. Le nombre de
timbres donnait droit au meme nombre de semaines de prestation salariale en
periode de chomage. Aujourd'hui on utilise l'expression assurance emploi.
Cette mesure qui vient en aide aux sans emploi est administree par le
gouvernement federal.

La pluie de timbre accompagnee du «O Canada» sur un groupe de femmes
emprisonnees dans leur univers de misere. La solution a leur cloisonnement
et leur « victimite  » se trouve dans «Albertine en cinq temps », c'est
l'ignorance.

Mon interpretation de cette « cette pluie, etc.» vue le contexte quebecois
de cette epoque, pourrait etre interpretee comme volonte politique de la
part du gouvernement federal de maintenir les Quebecois dans une certaine
«ignorance», leur donner leur «timbre» pour qu'ils ne derangent pas.

Il ne faut pas oublier que « Les belle soeurs » est la premiere piece, qui
n'etait ni un vaudeville ni un burlesque, jouee en joual sur une scene
theatrale institutionnelle (le Rideau Vert) qui a recu la reconnaissance du
publique et de la critique. Meme s'il y a eu certaines contestations a
propose de la qualite de la langue, cette piece a joue un role majeur dans
la reconnaissance de la langue quebecoise et , par consequent, de
l'identite des Quebecois.

A  l'epoque, tout le monde, ou presque, collait des timbres, pinky ou de
chomage, en souhaitant en accumuler en assez grand nombre pour avoir droit
au cadeau. Mais la tromperie est que le consommateur avait paye son
«cadeau» en achetant beaucoup de marchandise et le salarie en versant sa
part au système des «timbres de chomage». Il existait a cette epoque des
expressions maintenant disparues : «aller chercher ses timbres » , «payer
ses timbres» «carnet de timbres de chomage».

Je vois un parallele entre le carnet de timbres pinky et le carnet de
timbres de chomage. La derision qu'en fait Tremblay, pourrait etre : ni
Steinberg (la chaine d'alimentation qui donnait les timbres pinky) ni le
federal ne fait de cadeau aux Quebecois, sortez de votre univers de
tromperies».


!!!!!!!!!!!
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Christiane Gerson
Candidate au doctorat en semiologie
20, rue Recollet
Valleyfield, QC, JS6 2H5
cgeron@rocler.qc.ca