référence : http://listes.cru.fr/arc/mascarene/1997-10/msg00012.html
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Re: Les Pitoeff ROSTAIN



BOURASSA ANDRE G wrote:
> 
> Bonjour!
> Quelqu'un saurait-il si les Pitoeff, Georges et/ou Ludmilla, etaient Juifs
> et si c'est pour cela qu'ils ont quitte la Russie pour la Suisse en 1915,
> et que Ludmilla, au debut de la guerre, apres la deces de Georges, a
> quitte la France pour New York et Montreal avec certains de ses enfants.
> Sacha Pitoeff, ne a Geneve en 1920, a-t-il participe a l'exil americain de
> la famille? On sait que son ami Yul Brynner a joue avec Ludmilla lors du
> passage de la troupe Montreal.
> Merci d'avance, Andre G. Bourassa.


Le Dictionnaire du Theatre de Michel Corvin ne le précise pas. La
biographie "Ludmilla, ma mère", écrite par Aniouta PITOEFF est plus
précise. (Éditions Julliard - 1955 -livre épuisé je crois)
Ludmilla appartenait à une grande famille, noble (par son père), et fut
élevée dans la plus pure tradition orthodoxe. Son père et sa mère était
liée au théâtre de Tiflis.
Georges PITOEFF quant à lui était arménien, descendant d'une étonnante
famille d'industriels et d'artistes. Son père, un des cinq frères
Pitoeff, était comme ses frères passionné de théâtre. Il connut sa femme
dans un diner, délicieuse pétersbourgeoise, qui s'était mariée à quinze
ans contre l'avis de ses parents avec un ingénieur. Qu'elle quitta donc
pour épouser Ivan Pitoeff et lui donner quatre enfants, dont Georges.
Ivan PITOEFF était depuis toujours fou de théatre. il abandonna vite ses
affaires de caviar pour s'occuper du théatre de son frère Issaï, le
théatre de Tiflis. Où Georges rencontrera Ludmilla.
Pour la raison de leur départ de Russie, Aniouta n'est pas très précise.
Elle parle juste d'un voyage décidé comme une aventure dont on ne sait
si l'on en reviendra -"rien de sur en Suisse." dixit Georges, dans une
Europe que par ailleurs les deux comédiens connaissaient déjà bien pour
y avoir vécu avant leur mariage en 1914. A noter également que le père
de Georges vivait en Suisse. Et que ce pays bénéficiait alors d'un
immense crédit auprès  des Européens, Russes compris : terre d'asile des
êtres, des idées et des mouvements nouveaux, artistiques ou politiques.
Voilà, en espérant que ces renseignements vous serviront,

amicalement,
sophie rostain
[il faut beau à paris, c'est l'été indien et l'on s'étonne.]