référence : http://listes.cru.fr/arc/mascarene/1997-10/msg00023.html
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Re: Huis clos de Sartre ROSTAIN



Paul Emond wrote:
> 
> Je lis la réponse de Mme Jeanne Klein à propos d'une question sur Huis Clos, posée par une enseignante dont les élèves de 16 et 17 ans assisteront bientôt à la représentation de la pièce  par la troupe universitaire du College de St-Boniface à Winnipeg (les Chiens de soleil).
> "Years ago I had similar questions about the origins of Sartre's Huis clos.
> I discovered that the play reflected a menage a trois between Sartre,
> Simone de Beauvoir, and Olga K.  You'll find more about this in
> deBeauvoir's own memoirs and in her own novel which is her version of Huis
> clos.  Perhaps your students might like to read these sources to compare
> against the play?"

> Mesdames et Messieurs, doctes spécialistes et autres théâtrologues !! Expliquez-moi, à moi qui suis un écrivain (faussement) naïf et un professeur (assurément) barbare, qu'est-ce que des garçons et filles de 16 et 17 ans en ont à foutre que "Huis Clos" soit le reflet d'un ménage à
> trois entre Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir et Olga K. ?!?!
(J'imagine déjà mes futurs biographes au travail. L'histoire du pubis
rasé dans ma pièce "Inaccessibles amours", je suis sûr qu'il lui
trouveront des raisons biographiques de premier choix ! Qu'ils scrutent
et interprètent ma correspondance ! Qu'ils questionnent sans frein
toutes les femmes que j'ai connues !)
> 
> Bien cordialement à tous.
> 
> Paul Emond

Chers d'Outre-atlantique, 
DU FOND DU PARIS LOINTAIN, ON ACQUIESCE A CETTE REMARQUE! Plus puissante
qu'il n'y parait par ailleurs. Au-dela de l'anecdote, cet interet pour
les gouts sexuels des créateurs (dramaturges etc...) témoigne d'autre
chose. 
 Ne s'agit-il pas ici d'une des manifestations de ce courant dont nous
sommes encore en France tenus (par quels dieux ?) éloignés et qui sévit
chez les Etats-Uniens ? Les noirs seuls capables de comprendre l'oeuvre
de Toni Morrisson, les homos males l'oeuvre de Genet (il vaudra mieux
alors qu'ils soient actifs et quarantenaires) et Proust (passifs)??? A
en croire certains articles parus en France, c'est bien ce qui se passe
du cote des tres correctes universités américaines (pas canadiennes
j'espère)... et il y aurait lieu de s'en alarmer. Mais peut-etre tout
cela répond-il à qq chose de plus profond ; ce besoin de faire passer
l'Art par ce lieu encore plus obscur, encore plus lointain, cette part
de nous-meme qu'aucun de nos pauvres mots ne saurait décrire, cette
terre hors du langage ?
A ce propos... je sors de "LA MALADIE DE LA MORT", dernière-née et
visible des productions wilsonnienne, avec Lucinda Childs et Michel
Piccoli. On s'est beaucoup pamé ce soir a Bobigny (cette banlieue ou il
fait bon aller quand on est ce qu'on nomme ici un cultureux.) Mais
devant quoi ? Devant l'aveu d'un homme en noir, le supreme aveu de son
impuissance à enlacer un corps d'Homme ? R. Wilson voudrait-il nous
résumer enfin ce qu'il ne cesse de nous raconter, fragmenté, depuis ces
dernieres années, l'histoire du petit garcon triste et seul au fond de
la cour de récré ? 
Le texte de M. Duras dit pourtant autre chose je crois. Cette maladie de
la mort n'est pas maladie de la Grande mort mais bien de la petite. 
[ Retour au paragraphe précédent : le texte de M. Duras peut aussi se
lire comme le catalogue amoureux et intime de ses amours avec ceux que
nul encore n'appelait des gays...]
Ce spectacle est-il passé par chez vous ? 

amitiés
sophie rostain
;--))