référence : http://listes.cru.fr/arc/mascarene/1997-11/msg00056.html
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Re: Theatre radical, annees 30, France et Espagne Sophie Rostain



Bonjour,

Ah, voilà l'éternel débat qui ressurgit : le Cartel à droite! Forte
dépolitisation... Je ne suis pas certaine de partager avec vous, cher
Serge, la notion de "politisation". Je vous proposerais volontiers d'en
débattre, plus tard, pourquoi pas ? Ce qui est néanmoins certain c'est
le rôle politique au sens de "place dans la Cité", quoi qu'on en
veuille, des membres du Cartel. [Cf les différents appels et manifeste
de Copeau, de son Ecole, de Dullin et son Atelier-Ecole.] 
Tiens... J'y pense, pourquoi ne pas entamer ce débat dans queatre ? Que
veut dire le mot politique dans le théatre ? Pour ma part, je défendrai
fermement le rôle "politique" d'un Jean-Louis Barrault, d'un Gémier
etc... Pour "après"-68 etc...- je me garderais d'en parler, 1/ je
n'étais pas née ; 2/ je suis un peu énervée...
Quelque chose me gêne en fait : de cette définition de "théâtre radical"
à partir de laquelle nous étions partis,  nous avons glissé à "théâtre à
gauche" [via le groupe OCTOBRE cité par moi, je vous l'accorde]... Comme
si Copeau -trop janséniste ? trop suspect de religiosité?- n'était pas
de la partie ? J'aimerais qu'on m'explique en quoi Copeau était de
droite, est-ce parce qu'il a accepté d'entre dans la Grande Maison en
1940 ???? 
amitiés et à bientot

sophie rostain


serge proust wrote:
>> Je ne suis pas vraiment sûr qu'on puisse parler de conscience politique
> dans le cas des membres du cartel et de Copeau. En tout cas, alors que
> le groupe Octbre s'inscrit dans un courant communisant et libertaire
> (anticlérical notamment) qui disparaît aussi parce qu'il est en
> désaccord avec la ligne du front populaire du parti commmuniste, les
> metteurs en scène du Cartel se situent plutôt dans une forte
> dépolitisation, voire dans des positions de droite.
> --
> serge_proust@lyc-42.ac-lyon.fr
 
> Sophie Rostain wrote:
> >
> > Bonjour,
> > Fragment de réponse pour le côté français.
> > Le dictionnaire du théatre de Michel CORVIN indique le groupe OCTOBRE actif
> > particulièrement de 1933 à 1936.
> > Pierre et Jacques PRÉVERT y furent bien sur particulièrement actifs. J.-L.
> > BARRAULT prit un temps part à leur fièvreuses discussions. Pour l'essentiel,
> > le groupe produisit des sketches, dans l'esprit grinçant, mordant,
> > humoristique propre au fut scénariste, dont le plus fameux est LA BATAILLE DE
> > FONTENOY (1933) = la Première Guerre mondiale y est présentée comme un jeu
> > offert à des spectateurs ; les jeunes y sont sacrifiés au nom d'idéeaux
> > hypocrites ; les spectateurs y exigeant du sang. "Le groupe eut le soutien de
> > la Fédération du théâtre ouvrier de France, organisation qui sélectionna le
> > groupe Octobre pour les Olympiades du théâtre ouvrier de Moscou en 1933, où
> > il remporta le premier prix." Les activités de plus en plus nombreuses de
> > Jacques Prévert comme scénariste de cinéma, ajouté à des querelles internes
> > firent que le groupe éclata au moment même où le Front Populaire accèdait au
> > pouvoir en France. Le travail du groupe Octobre se retrouve plus sur la
> > pellicule : "Sous les yeux d'Occident", "Le Crime de Mr Lange", "La Belle
> > Equipe", etc...
> > Il faut donc aller chercher ailleurs, et avant, les traces de ce théâtre que
> > l'étudiant américain nomme "radical". En désordre : Les Copiaus emmenés en
> > 1924 par Jacques Copeau (voir Le Journal de bord des Copiaus - éd. Seghers
> > 1974 -épuisé) ; le Théâtre de Maurice Pottecher à Bussang ; le Théatre
> > national populaire, premier manifeste de Firmin Gémier en 1911 etc... En
> > fait, la conscience politique des régisseurs que l'on n'appelait pas encore
> > metteurs en scène est né bien avant 1936. 1897, André Antoine, puis Copeau,
> > puis 1924 Le Cartel. Pour m'être un peu penchée sur cette période, j'ignore
> > s'il y eut jamais de vrai théâtre professionnel politique, com:me en
> > Allemagne. Bien sûr, la conscience politique d'un Barrault, d'un Baty dans la
> > première partie de sa carrière ne peut être mise en doute, mais de mouvement,
> > semble-t-il point. Trait spécifiquement français qui répugne aux
> > regroupements ???
> > Mais je peux me tromper et serais alors heureuse de voir mes connaissances
> > élargies.
> > amitiés