référence : http://listes.cru.fr/arc/mascarene/1998-01/msg00047.html
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Re: Catherine Kintzler et oralite didier plassard



Chers QUéatreux (bis),

En prolongement au débat de Claude Champagne avec Catherine Kintzler, je 
serais tenté de dire qu'il faut peut-être distinguer deux choses : d'une 
part le discours (politique, philosophique ou autre) sur l'oralité, et 
ses usages historiques (en faisant tout de même attention : l'éloge 
rousseauiste de la terre et des communautés villageoises n'est pas celui 
d'un Maurras ou d'un Pétain) ; et d'autre part l'usage de l'oralité au 
théâtre qui, dans la tradition occidentale (pour parler vite, parce qu'il 
y a aussi eu en Europe des formes théâtrales non "écrites", ou que 
l'écrit n'a ressaisi que pour le fixer après coup : la farce, les 
marionnettes), ne peut être qu'un effet d'oralité à l'intérieur d'un 
texte littéraire. Et là, sincèrement, progressisme et réaction n'ont pas 
de positions très stables (ni toujours très identifiables)... Toute 
simplification, sur ce terrain, est dangereuse, et l'on peut voir les 
auteurs contemporains (Novarina, Gabily, Koltès) accumuler à la fois dans 
leurs textes, et en des équilibres toujours variables (il suffit, pour 
Koltès, de comparer Dans la solitude des champs de coton et Roberto 
Zucco), les marques de l'écrit et celles de l'oralité. C'est dans la 
tension entre les deux que se joue le théâtre - heureusement pour lui...

Didier Plassard