référence : http://listes.cru.fr/arc/mascarene/1998-08/msg00055.html
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     Conversation       

Le critique comme personnage BOURASSA ANDRE G



La courte piece _Le Confiseur_ d'Anne Bonacci compte deux personnages, un
jeune auteur et un vieux critique de journal. De propositons en
propositions (changements de decors, situations, heros, titre) la piece
devient tout a fait ridicule. Une conclusion s'impose aux spectateurs: les
critiques ne sont pas createurs.
Dans _Les Oranges sont vertes_ de Claude Gauvreau, on trouve deux
critiques aux idees adverses. Yvirnig, qui represente la vision des
Automatistes, et Paprikouce, critique bien pensante inspiree, m'a dit
Gauvreau avec une lueur dans l'oeil, par Andree Paradis, fondatrice de la
revue _Vie des arts_Ž. L'allusion au paprika n'est pas sans rappeler les
surnoms piquants que se donnaient les critiques d'une certaine epoque. Par
qilleurs, dans la meme piece, Batlam, personnage mythique dont on attend
la venue comme celle de godot, est inspire d'un denomme Batlan, jeune
spectateur de Toulouse qui fut tue en duel pour la defense d'_Hernani_. Il
serait d'ailleurs interessant d'en savoir plus long la-dessus que ce que
nous en dit Henry Lyonnet (_Les "premieres" de Victor Hugo, Paris,
Delagrave, 1930, p. 31). Comme l'attente de Batlam dure tout au long de la
piece de Gauvreau, avec presque des le debut une tirade sur la censure, 
on peut voir cette piece comme l'attente d'une deuxieme bataille
d'_Hernani_, celle de Toulouse en etant l'amorce et la prefiguration 
d'echec en meme temps.
Amities, Andre G. Bourassa.