référence : http://listes.cru.fr/arc/mascarene/1999-01/msg00051.html
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Re: Le réalisme au théâtre dcotte





"Christiane P. Makward" wrote:

> Chere Kina et interlocuteurs sur cette question de l'epiderme de l'acteur
>
> juste un bref mot pour vous dire que j'apprecie et soutiens votre position
> .... j'ai vu certains merveilleux Othello blancs barbouilles en noir et
> Suzanne PAS barbouillees en blanc pour savoir que le realisme ne devrait
> pas gouverner la scene.  (je pense bien sur a Placido Domingo et Kathleen
> Battle).  Le theatre lyrique est-il plus sophistique/ plus malleable/ plus
> tolerant que le theatre tout court?
>
> Franchement on en reviendra toujours aux question economiques... "Les
> Negres" de Genet, qui justement s'ingenie a dejouer ce piege du premier
> degre et du realisme .. "les Negres" reste une piece culte plus qu'une
> piece capable d'equilibrer un budget .. ceci jusqu'au jour ou un/e genie de
> la mise en scene (Mnouchkine ou Regy, etc.) en feront leur gageure pour
> Avignon ou autre site celebrissime.
>
> En attendant on est oblige de "faire la part des choses" et en particulier
> celle des exigences fondamentales d'un public elargi ... si l'on veut
> arriver - cote budget -  a mettre un spectacle en scene .. . tout le genie
> de la mise en scene est la... parler a differents niveaux a differents
> publics.  Et puis, note pessimiste, de nos jours c'est beaucoup une
> question d'acces aux medias qui font avaler ou qui poeuvent rentabiliser
> n'importe quoi ...
>
> Autrement dit on doit souhaiter que le probleme ne soit  pas lie a une
> seule personne-acteur qui aurait les yeux brides ou la peau autre que pale
> dans notre quart privilegie du monde ...
>
> Je crois que c'est un defi  remarquable pour les metteurs en scene.
>
> Cordialement
> Christiane Makward
>
> >Bonjour
> >
> >J'aimerais échanger avec vous mes angoisses concernant le recours au
> >réalisme par certains artistes.
> >Il nous arrive d'entendre dire que tel comédien ne mérite pas tel rôle et
> >....tout simplement parce la direction du théâtre préfère que le profil
> >(physique et génétique) de l'acteur corresponde exactement à celui du
> >personnage!
> >
> >En adoptant ce comportement, ne sont pas entrain de me dire que ceux qui
> >m'ont formée se moquaient de moi quand ils me demandaient d'interpréter
> >Chimène, Andromaque ou Antigone?  (Je suis de race noire)
> >
> >Ne devrait-on pas mettre l'accent sur la qualité de l'interprétation?  Ne
> >sommes pas  AU THÉÂTRE ?
> >
> >
> >Kina

Une réflexion personelle et brève sur le concept de réalisme :

Nous connaissons tous le problématique aristotélicienne du vrai et du
vraissemblable (poétique) le théatre, et ce depuis Athène, ne se doit pas
d'être vrai (la vérité est parfois incroyable) mais vraissemblable.
Un acteur petit doit donc pouvoir jouer le rôle de Goliath et un grand celui de
David; à la condition que son jeu soit vraissemblable, et cela c'est une
question de comportement et de talent ; pas de physique. Ainsi Sean Connery
joue à merveille le rôle de Guillaume de Baskerville dans l'adaptation de
Jean-Jacques Annaud du Nom de la rose, alors que son physique est l'antythèse
du personage du roman (blond et fluet). Si JJA avait choisi ,non un bon acteur,
mais un acteur dont le physique corresponde, il aurait fait un mauvais film (à
supposer que cet acteur joue mal).
    J'en prend comme exemple Antony Delon dans Chronique d'une mort annoncée :
il a littéralement massacré le film.
A bientôt

David

P.S : je pourrais vous transmettre le passage d'Aristote si vous le désirez.

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