référence : http://listes.cru.fr/arc/mascarene/1999-03/msg00005.html
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synthese sur les ta'zieh RACINE GINETTE



Chers membres de Queatre,


Voici une synthese des reponses recues a ma demande de references sur les
ta'zieh persans:


References bibliographiques:


1- un article de Gobineau dans les Œuvres, La Pleiade, 662p.

2- un article d'Ernest Renan, Etudes d'histoire religieuse, Flammarion
Tel, Gallimard, 433p.

3- un document d'archives disponible à la bibliotheque Arsenal de France,
Theatre persan  traduit par A. Chodzko, Paris, 1878;

4- R. de Generet, le Martyre d'Ali Akbar, Droz, Geneve, 1947;

5- Ch. Virolleaud, Le Theatre persan ou le Drame de Kerbela, Éd. CNRS
(disponible a la bibliotheque du College de France), Paris, 1950;

6- Peter J. Chelkowski, Ritual and Drama in Iran, ed Ta'zieh, New York
University Press & Soroush Press 1979;

7- Un article dans "Histoire des spectacles" (coll. La Pleiade Guy Dumur);


Descriptions des ta'zieh:


S. Ouaknine a écrit:


1. le rituel est controverse en Iran et souvent interdit;

2. Il se passe en plein air sur un paysage escarpé en dehors du village;
il y a des chevaux et des hommes casques et en tuniques comme des croises;

3. Le public est egrene sur le terrain, en grande foule; il y a des
parties psalmodiees, chantees, declamees et des deplacements symboliques
sur de grandes distances (comme le parcours du messager) et des messages
parles.  Il s'agit d'une geste dans le style medieval fondee sur l'oralite
et mise en espace reelle;

4. Se joue le jour et peut durer des heures, a un moment precis de
l'annee;

5. Le rite pourrait relater la mort heroique d'Ali, gendre assassine de
Mahomet le prophete musulman (et qui donna la branche sh'ite majoritaire
en Iran face aux Sunnite majoritaires chez les Arabes s'il s'agit d'une
legende heroique de chevaliers chretiens - l'erreur serait de taille)


D. Plassard a écrit:


	Drame liturgique traditionnel lié aux cérémonies chiites du deuil
d'Hossein.  Joué par des amateurs, il avait connu un net recul au 19e
siecle et la premiere moitie du 20e avant de connaître un regain dans les
dernieres annes de regne du chah.  Le revolution islamique l'a depuis
beaucoup encourage en le considerant a juste titre comme un puissant
levier de reislamisation de la societe iranienne.


	La representation constitue une obligation rituelle, tant pour les
acteurs que pour les spectateurs (jouer le ta'zieh, pleurer aux
representations du Ta'zieh sont des moyens d'obtenir l'entree du Paradis).
Les acteurs ont cependant l'interdiction d'apprendre par cœur leur texte
et pratiquent une espece de distanciation primaire avec leur personnage
dont ils lisent ostensiblement le role meme dans les moments les plus
emouvants.  La dramaturgie (toujours anonyme) est generalement assez
simple, relatant un episode de la vie de l'imam Hussein ou de l'un des
proches et se terminant obligatoirement par l'evocation de leur massacre.
Codification des couleurs (vert ou blanc pour les personnages positifs,
marron pour les personnages negatifs) et du jeu (texte dit ou chante selon
le meme partage des roles) accompagnent la representation generalement
tres improvisee (une bassine en plastique pleine d,eau represente
l'Euphrate, une chaise, un cheval, etc) mais qui ne neglige pas des
intermedes comiques (avec un acteur qui lui improvise) et des actions
spectaculaires (petits effets de pyrotechnie, "miracles", etc.).  Sur tous
ces points, le parallèle avec le drame liturgique est flagrant mais il
s'agit d'une forme d'apparitio  beaucoup plus recente et qui constitue
surtout la seule forme de theatre d'acteurs dans un pays musulman.


	Un grand merci a ceux-celles qui ont pris la peine de fournir ces
informations.  



Ginette Racine