référence : http://listes.cru.fr/arc/mascarene/1999-07/msg00009.html
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Re: Grille d'evaluation d'un spectacle Egervari, Tibor



Je comprends que la parution d'une critique negative soit consideree comme un
antagonisme. De la a le designer illicite, et donc l'interdire, il y a un pas
qui va contre la liberte d'expression. Le fait qu'une production dépense une
fortune sur la publicite ne devrait empecher qui que ce soit de pouvoir
s'exprimer. Autrement, nous verrons sous peu les fabricants de voiture utiliser
les memes arguments et la critique devra attendre quelques semaines avant de
pouvoir dénoncer d'éventuelles defectuosites. Et le reste a l'avenant.
Les producteurs de Broadway qui soutenaient que les critiques defavorables sont
capables de tuer un spectacle, avaient conclu un "gentlemen's agreement" avec
les quotidiens. Selon cette entente, les critiques n'allaient pas aux
avant-premieres qui etaient moins cheres, mais le public savait que le produit
n'etait pas tout a fait "présentable".
Au demeurant, on peut s'interroger sur la véritable influence de la critique. A
preuve, la critique presque unanime a descendu "Elvis Gratton II, miracle a
Memphis", le film de P. Falardeau. Or, film vient de battre le record de
recettes au Quebec.

Tibor Egervari
Departement de  theatre
Universite d'Ottawa

Costas Ferris wrote:

> Nous sommes tout-a-fait d'accord, Claude.
>
> Ma decision de "faire le critique" en 1980, a une periode de grand succes
> personel en tant que realisateur, fut le resultat d'une bataille violente
> (1978-1983) entre les Critiques du Cinema et les Cineastes. Cette bataille
> historique, etait acompagnee meme de grands proces, et a meme laisse des
> morts, malheureusement, car les Grecs quant ils sont violents, ils
> deviennent cruels...
>
> Donc, ma tache dans cette bataille, etait de donner l'exemple d'une vraie
> "critique" ou Analyse de l'oeuvre et du spectacle, contre le style de
> "reflection personelle" d'un journaliste qui veut devenir... createur sur
> les debris d'une oeuvre qu'il a... detruit!
>
> A l'issue de cette grande bataille, nous avons reussi de formuler un
> fondement de base, qui... n'a pas encore ete suivi par les jeunes critique:
>
> 1. Quiconque (meme... journaliste) a le droit d'exprimer sa "these"
> personelle, son avis, ses negations et se propositions, sur n'importe
> quelle oeuvre et quelque spectacle. Cela ne constitue pas une "critique",
> mais une "oeuvre personelle", dont la qualite sera jugee par l'histoire.
> 2. Il n'est pas acceptable qu'une "reflection personelle" d'un soi-disant
> "critique", soit publiee (surtout dans un quotidien) pendant les premieres
> semaines de la sortie de l'oeuvre.
>
> Nous avons meme gagne un proces sur ce point, contre l'Editeur de Presse le
> plus puissant -meme en ce moment- en Grece, en ayant prouve dans la logique
> du capitalisme et de l'"economie libre" meme, que la parution d'une
> "critique" negative et personelle le lendemain de la sortie du Film, au
> moment meme ou des millions etaient depensees pour la publicite de ce film,
> cette soi-disant critique constituait un "ANTAGONISME ILLICITE". D'autant
> plus que cet Editeur financait a l'epoque -et finance toujours au pretexte
> de Mecene- des oeuvres de culture.
>
> Ce qui reste a penser aujourdhui, c'est la situation qui se forme peu a peu
> dans la Societe de Communication Generalisee par l'Audiovieuel , le
> Logiciel et l'Internet. Je suis tres optimiste pour cet avenir.
>
> Costas Ferris

--
MZ