référence : http://listes.cru.fr/arc/mascarene/1999-07/msg00035.html
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Re: rôle du critique Gilda Draganescu



Bonjour,
Cette question avec la grille, m'a semble, des le debut une fausse question.  Mais, souvent nous nous engageons a debattre des apories.ils ont leur charme...On ne peut pas- Serge Thieret a raison- "traiter" objectivement un artefact destine et fait de la subjectivite. Encore, la critique est question de perspective: les avis critiques d'un acteur- lui aussi autorise de juger- seront differents d'un ecrivain des pieces de theatre et tres differents de ceux d'un critique theatral. Pour Guy Spielmann,  qui travaille sur les representations d'il y a trois siecles, avoir un reportage transmis en direct c'est de l'impossible. Il l'en desire peut-etre. Pour moi, que je travaille sur le theatre contemporain, les notes sur place (reporting analyse), "observer in situ"- auxquelles certains critiques sont  attaches- sont souvent inutiles grace a leur valeur perissable ; elles sont comme le vin nouveau.On doit entendre qu'il finit sa fermentation, qu'il depose...L'exitation et l'enthousiasme du moment- ou, par contre, l'indiference hostile- ne sont pas toujours des  indices utilisables dans une critrique du spectacle.
Il y a une preoccupation obstinee  - si non obssedante- d'objectiver toute oppinion critique avisee ou de lui attribuer plus de valeur si elle est "tres" objective, ou de psychanaliser toute intention artistique ou, de plus, d'enregimenter meme la genitique parmi les outils critiques obligatoires a aborder, analyser ou dechiffrer un spectacle ( texte et metatexte a la fois) .
Personnellement, je refuse de croire qu'on peut faire science exacte de tout; reportage et transmission en direct d'un spectacle me semblent importants pour juger sur la qualite et l'experience esthetique du public et non pas sur la qualite du spectacle. Plus d'importance accorde a cet aspect pourrait changer l'ordre des valeurs.
Faire l'eloge de l'importance et du merite de l'objectivite - comme marque du professionalisme- me semble le debut de la tendance de remplacer les critiques- pendant les vacances d'ete -avec les cyborgs.
Certainement, la critique repose sur deux realites distinctes: une , objective, le phenomene qui a lieu sous nos yeux ( avec toute sa subjectivite implicite !) et une autre realite, subjective, la reaction du public- qu'on l'observe-entite changeable et changeante, et, parfois, negligeable. Parce que si le public atteste le succes d'un spectacle, il ne contribue pas du tout a sa valeur.S'il est un public de qualite, il va saisir les performances du spectacle, il y va participer, et meme il va reflechir apres.
C'est un thermometre qui enregistre- par ses "reactions"- des valeurs, et par rapport a ses performances techniques il va indiquer la temperature moins ou plus exacte.Mais jamais l'altitude ou la magnitude.Pour les deux dernieres, on a  les critiques avec leur subjectivite, objectivite et humeur.
Gilda Eleonora Draganescu